On estime beaucoup les ouvrages suivants de du Choul
Discours sur la castramétation ou discipline militaire des anciens Romains. Lyon , 1555 , in-fol Discours sur la religion des anciens Romains. Lyon, 1556, in-fol.
Jean du Choul , 61s de Guillaume , a écrit sur l'histoire naturelle. Voici le titre de son principal ouvrage , devenu fort rare :
De varia Quercus historia; accessit Pilati montis descriplio. Lvgduni, apnd G. RovUlium (sans date) , in-8*>. On a de lui encore les ouvrages suivants : Dialogue de la vie des champs , avec une épsitre de la vie solitaire. Lyon, 1565, petit in-8*». — Dialogus formica; , musca; aranei et papillouis. Lugduni, 1556 , in-8**.
ce tableau de notre ancienne littérature. Je ne dois pas oublier Benoit du Troncy ' , Maurice Scève ^ , Jean du Peyrat , le jurisconsulte Benoît Court 5, Syméoni * , Charles Fontaine ' , Pierre Sala ^ , Claude Mermet " , et , dans un âge un peu plus
1. — Benoît Troucy, qui s'appela du Troncy lorsqu'il fui nommé secrétaire du roi , charge qui anoblissait, signa son nom sans particule jusqu'en 1559 : il était notaire. On lui attribue l'ouvrage suivant :
Formulaire fort récréatif de tous contrats , donrations , etc. Lyon , 1594 , petit io-lS : souvent réimprimé. — Nouv«dle édition, avec des notes par M. Brégbot. Lyon , 1846, in-IS.
Cet ouvrage a paru anonyme : M. Péricaud a trouvé le prénom et le nom de l'auteur , BenoU du Troncy , en décomposant cette devise qu'on y lit : Bonté n*y croist. On a encore de du Troncy l'ouvrage suivant : Excellent et ires utile traicté de oe recevoir diverses religions ee aucun royaume , faict latin par Jacques Pamelie , rendu françoys par Benoist du Troncy. Lyon , Jean Pillehotte, 1592, petit in-8°.
S. — Maurice Scéve était d'une famille de Lyon très distinguée; il fut avocat et docteur en droit ', il a composé des églogues et un poème latin en trois livres , intitulé : Le Microcosme du petit monde» Scève était très versé dans la connaissance des langues anciennes ; il excellait à composer des inscriptions , des devises et des allégories pour les fêtes publiques. On sait qu'il fréquentait beaucoup la maison de Louise Labé , et qu'il fut l'ami de Marot. Jean Scève , probablement parent de Maurice , et prieur de Mootrotier , est l'auteur d'un poème oublié et d'un ouvrage de piété adressé aux nobles dames lyonnaises.
3. — BenoU Court était en effet un savant jurisconsulte i il naquit à Saint-SympLorien-le-Cb4teau , et eut une grande réputation de science et d'esprit. On a de lui les ouvrages suivants :
Arresta amorum, cum commentar. Beuedicti Curtii Symphoriani. Litgdttnif 1533, io-<4<*. — Encbiridion juris utriusque terminorum. Lugdimi f 1543. -— Hortorum libri XXX. Lugdtmi , 1560, iu-fol.
4. ~STMÉONi(Ga('n>/). Illustres observations antiques duseigneurGabriel Syméoni, florentin, en son dernier voyage d'Italie , l'an 1557. Lyon, Jean de Tournes^ 1558, in 4*. — l/Origine e l'aotichità di Lione, imprimé pour la Collectido des bibliophiles lyonnais. £yofi, 1846, io-lt.
Syméoni habita Lyon de 1555 à 1559.
5. — Charles Fontaine n'était pas lyonnais , mais il habita Lyon longtemps ; on a de lui an recueil de poésies parmi lesquelles on remarque l'ode : De l'Antiquité et excellence de la ville de Lyon. Lyon, Jean Citoyi, 1557, in-8^, et diverses pièces de vers adressées à des Lyonnais contemporains : Guillaume de Gadagne , sénéchal ; le lieutenant Mellier, le lieutenant Athiaud, M. et M*"* de Clievrières , Claude Laurencin , les deux Grolier,etc., etc. (Brechot, Mélanges, 186).
C'est Charles Fontaine qui fit pour Sébastien Gryplie cette épitaphe :
La grand* griffe, qui lout griffe , Ha griffé le corps de Gryphe , Le corp» de ce Gryphe , mais Non le los; non , non , jamais.
6. Sala {Pierre), seigneur de l'Antiquaille , a traduit le roman de Tristan de Leonoys ,
et de la belle Yseult.
François Sala, capitaine de la ville, de 1512 h 1569 , avait une fort belle bibliothèque; il a fait ouvrir la rue qui porte son nom.
7.— Claude Mermet était de Saint-Rambert en Savoie ; on a de lui l'ouvrage suivant :
XVI* Sli'CLE. — LITTÉRATURE. 631
reculé , Symphorien BuUioud * , qui firent , à des titres divers , grand honneur à la ville de Lyon. Vers la fin du siècle , un dîner chez le procureur du roi, Pierre Bullioud, devint en quelque sorte un événement littéraire, par le mérite éminent des convives 2. On jrvit, en efifet, Claude Genehrard, archevêque d'Aix, François Panigarole, Robert BeUarmin , Matthieu de Vauzelles, Bernardin Castor, célèbre professeur de rhétorique au collège de la Trinité , et d'autres personnages de distinction. La maison de Pierre BuUioud était située dans la rue du Bœuf.
Il faudrait un ouvrage spécial et d'une étendue considérable pour faire connaître la personne et les ouvrages de tous les savants qui ont écrit à Lyon pendant le seizième siècle ; je ne saurais avoir la prétention de n'en omettre aucun "\ A la liste déjà longue que j'ai donnée, l'Histoire littéraire ajoute les noms de quelques écrivains distingués qu'on ne peut considérer comme lyonnais , mais qui habitèrent Lyon pendant quelque temps. J'ai parlé auti*e part de Rabelais , il sera question de Clément Marot
Pratique de Tortliographe françoise. Lyon , 1583 , iu-16. M. Brégliot a «xtrait de cet ouvrage les opuscules suivants : Dialogue de deux escholiers qui demeurent à Lyon. — Le Porinulaire de la despense d'une maison. — Epistre d'une demoiselle Ijonnoise , adressée à une autre pour lui donner le courage d'apprendre à escrire. — Epistre de Tautheur aux Ailes Lien apprises de la ville de Lyon. ( BatcHor , Nouveaux mélanges , 385.)
1. — Né à Lyon en 1480, Symphorien BuUioud fut successivement évéque de Glandéves . de Bazas et de Soissoas , gouverneur de Milan et ambassadeur auprès du pape Jules n. Il aimait beaucoup les lettres, et protégea les savants de tout son pouToir. BuUioud n'appartient qu'indirectement à l'histoire littéraire du seizième siècle.
a. — Pierre BuUioud ( fils de l'amphytrion ) a été l'historiographe de ce banquet dans son Lugdunum êacro-profanum , indice IF, 78.
3. — Les noms de plusieurs de ces savants ont paru dans les précédents chapitres ; en voici quelques autres qui méritent aussi d'être cités :
Mateexe de Torqdet (Louis) , d'une famille originaire de Quiers (Chiari) en Piémont , était né à Lyon en 1550. On a de lui une traduction de l'ouvragede D. Guevara : Del meiiospreciode la corte. Genève, 1574, et Lyon, 1591. — I,es Paradoxes de H.C. Agrippa sur l'incertitude, la vanité et les abus des sciences. Lyon, 1582, in -8^.— Histoire générale d'Espagne. Paris, 1608, in-fol. — La Monarchie arislo-démocratique. Parts, 1611, in-4«>. — Traité des négoces. Genève , 1599, in-8*». Louis Mayerne de Turqnet était calviniste ; il se retira à Genève après l'incendie des deux maisons qu'il possédait à Lyon.
Guillaume du Peyrat est l'auteur de l'ouvrage intitulé: Spicilegia poetica, Tours, /. Afàtayer , 1593, in-lï; d'un recueil d'oraisons funèbres , d'hymnes spirituels, etc. On lui attribue un traité sur l'origine des cardinaux.
quand j'arriverai aux poètes; mais je puis citer ici Henri-Corneille Agrippa de Netteisheim * , et surtout Erasme , cpii avait formé à Lyon des relations littéraires. Il vint dans cette ville en 1506, et la trouva fort à son gré ; il fait , dans un de ses Colloques, un grand éloge des hôtels et de Taffabilité des chambrières, ainsi que des maîtresses de ces maisons. On sait qu'il était fort lié avec Antoine d'Albon , alors abbé de llle-Barbe *, avec Jean Grolier et avec l'helléniste Mallarius; toutefois il eut, à Lyon , quelques ennemis , entre autres le dominicain Lambert et Etienne Dolet. Erasme eut un instant la pensée de s'établir au monastère de rUe-Barbe , auprès de son ami ; mais rien n'était préparé pour l'y recevoir , et il changea d'avis. ^
On vient de voir comment ont été cultivées à Lyon , peu, dant le seizième siècle , l'archéologie , l'érudition et l'histoire ; voyons ce qu'ont été , à la même époque , l'art dramatique et la poésie.
L'art dramatique existait à Lyon bien avant le seizième siècle ; il y a été toujours fort goûté par le peuple , sous ses formes diverses. Au milieu du quinzième siècle , des prélats s'étaient réunis dans celte ville pour mettre fin au schisme qui affligeait l'Eglise : les Grands-Cordeliers donnèrent dans leur église , aux Pères du concile , charmés de ce spectacle , la représentation du beau mystère de la Passion de Jésus-Christ. Quelques années plus tard , d'autres religieux firent jouer, pendant les fêtes de la Pentecôte , le drame de la vie de sainte Catherine. C'étaient les églises qui servaient de théâtre dans ces âges anciens , et de jeunes clercs et non les moines étaient les acteurs. On retrouve les traces de jeux scéniques du douzième au quatorzième siècle : c'est à cette époque reculée qu'appartient le mystère des Vierges sages et des Vierges folles. Il y avait à Lyon, au temps de Charles Vil et de Louis XI , un goût très vif pour les représen-
^' — Agrippa esl venu plusieurs fois à Lyon ; il logeait dans le couveol «les Carmes.
2. — La famille d'Albon , une des plus anciennes et des plus illustres du Lyonnais, descend des anciens dauphins du Viennois; elle a fourni des hommes éminents par leurs dignités, entre autres le maréchal Saint-André . des archevêques , des abbés d'Ainay et de Savigny, et grand nombre de chanoines>comtes de Lyon. On disait : noble comme d'Albon.
3. — PiiHiCÀi'D (Antoine). Erasme dans ses rapporté avec Lyon. It/on , Hatrot , 1838, iii-8**.
AKT DfiAMÂTlQOE« XVI*' SIÈCLE. 6^3
talions dramatiques ; elles plaisaient si fort au peuple et à toutes les classes de citoyens , qu'ils abandonnaient tout pour y assister, même la garde des portes de la ville. Il fallut que le consulat prit des mesures pour empêcher la désertion des services pur blics. Les ordres religieux s'emparèrent de cet instinct dramatique , plus prononcé peut-être dans la viUe mystique de Lyon qu'autre part ; ils s'en servirent pour donner plus d'attrait aux cérémonies de l'Eglise, et ofirir un délassement aux âmes pieuses. On représentait le drame liturgique dans l'église même , après le sermon.
Cependant l'Eglise laissa sortir l'art dramatique de ses mains; des associations en partie ecclésiastiques et en partie laïques se formèrent, au quinzième siècle , pour représenter les mystères; elles furent bientôt entièrement laïques, et prirent le titre de confréries de la Passion. Lyon eut fréqueomient le spectacle des histoires dialoguées de l'ancien et du nouveau Testament: on construisit sur les places publiques et dans les rues des théâtres improvisés , et il n'y eut plus de jeux dramatiques dans les églises. Il y avait toujours dans les classes populaires une grande ardeur pour ce divertissement ; afin d'en augmenter la pompe , le consulat prêtait quelquefois aux acteurs les décorations qui avaient servi aux entrées solennelles des rois dans la ville. U leur permit , dans une autre occasion , de bâtir un théâtre aux Terreaux et dans les fossés de la Lanterne pour y jouer le mystère de la vie de saint Nicolas de Tolentin , mais sous la condition très expresse que les confrères de la Passion ne toucheraient point aux murs de la ville , qu'ils remettraient en parfait état les lieux occupés par leurs échafauds , et qu'ils fourniraient caution pour l'exécution de leur engagement. Les Mystères, les Moralités et les Soties étaient représentés , tantôt aux frais du consulat, tantôt à ceux des corps de métiers. L'idiome vulgaire avait remplacé depuis longtemps la langue latine dans la composition de ces pièces dramatiques.
Ce fut vers le milieu du seizième siècle que Lyon eut un théâtre permanent. Un riche bourgeois , Jean Neyron , avait assisté dans son enfance aux exercices scéniques du temps, et conservé une dévotion particulière pour le mystère de la Passion ; il acheta, en 15^i0, plusieurs maisons qui étaient situées entre
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Féglise des PP, Augustins et la Déserte , et fit bâtir un vaste théâtre. Trois galeries superposées recevaient les bourgeois notables, à couvert et assis; on voyait au-dessous une place spacieuse garnie de bancs pour le peuple. Un plafond bien décoré montrait les joies du paradis, et le fond représentait l'enfer, dont on croyait entendre les hurlements. C'est là que fiirent joués, chaque dimanche et les jours de fête, des mystères dont plusieurs ont eu, sans doute, pour auteurs des Lyonnais, ou le poète, alors célèbre , Choquet. Une de ces pièces commence par un monologue de Dieu et par la création du monde; elle finit par une tempête. Ces compositions ne sont pas sans quelque mérite ; il en est dans lesquelles on reconnaît des intentions dramatiques et une pensée philosophique digne de remarque ^ Aucune des pièces représentées sur le théâtre de Neyron n'eut cependant l'éclat de cette belle tragi-comédie dont le cardinal de Ferrare , archevêque de Lyon, donna, en 1 548, le spectacle au roi Henri II, et « pour laquelle , dit Brantôme , il despendit plus de dix mille écus , ayant fait venir , à grands cousts et despens , des plus excellens comédiens et comédiennes d'Italie; chose que l'on n'avoit encore vue , et rare en France - : car auparavant on ne parloit que de farceurs , des couards de Rouen , des joueurs de la Bazoche et autres sortes de badins et joueurs de badinages, farces ,
1 . <~ Beaucoup de mystères el de soties ont été imprimés , à Lyon , dans le seizième siècle , el soDl devenus de petits livres très recherchés par les curieux. Voici Tindicaliou de quelques-unes de ces pièces dramatiques : Sotie h dix personnages : iouée à Genéue en la place du Molard, le dimanche des Bordes, l'an 1825. Lyotif Pierre Bigaiid. — Moralité nouuelle, iret fructueuse , de l'enfant de perdition qui pendit son père et tua sa mère , et comment il désespéra... A sept personnages. ^ Li/on , par Pierre Biyaud , en la rue Herciere , au coing de la nte Ferrandiere, à VOrloye. — Joyeuse Farce à trois personnages d'un curia qui trompa par finesse la femme d'un laboureur. Lyon, 1595. —Farce joyeuse et récréative de Poncelte et de l'amoureux transy. j4 Lyon y par Jean Marguerite , 1595. — Sensuygt uug beau mystère de Nostre-Dame , a la louenge de sa 1res digne Naliuilé , d'une icune Fille laquelle se voulut habandonner a pèche pour nourrir son Père et sa Mère en leur extrême pauvreté ; et est a xviij personuaiges dont les noms sensuyucnt cy après. On les vend a Lyon, aitprei Nostre^Damede Confort f chez Oliuier /Imoullet^ 1543. — La Farce des Theologastres, a six persoonaigea. Nouuellement imprime jouxte la copie^ M.D.CCC.XXX. ( Imprimée à Lyon). — Comédie de seigne Pcyre et seigne loan (en patois du Dauphiné).yf £;/o'/, par Henoist Bigaud^ 1580. — L'Histoire de l'enfant ingrat- Lyon , Benoist Bigaud , 1589, in-8°. J'ai parlé ailleurs du Lyon marrhaHi d'An«'a(i.