Œuvres complètes, I; Vie de IK-iiri II
momeries et soieries. » On vit à une autre comédie le spectacle, alors nouveau en France, de machines enlevant des personnages dans les airs : ce furent les marchands florentins qui firent représenter cette pièce de théâtre ; ils avaient appelé tout exprés de leur pays de très bons acteurs, auxquels le roi et la reine donnèrent huit cents écus. Mais Fart dramatique ne tarda point à dégénérer ; il tourna en ridicule les sujets les plus respectables de l'histoire de l'ancien Testament , et livra à la risée du peuple de Lyon les conseillers-échevins et toutes les classes de citoyens. Ces farces n'eurent rien de sacré ; elles poussèrent la licence à un degré tel, qu'un arrêté du 17 novembre 1548 dut interdire la représentation des mystères et des moralités. On ferma le théâtre de Neyron. •
C'est à Part dramatique qu'il faut rapporter ces pièces à personnages que Barthélemi Aneau faisait représenter au collège de la Trinité, à la fin de l'année scolaire; nous en avons parlé autre part. Il y avait aussi quelque chose, de scénique dans ces allégories en action, sur des estrades bien décorées, dont on donnait le spectacle aux princes , quand ils faisaient leur entrée solennelle à Lyon. Mais ni ces harangues , ni les moralités , ni les mystères , ni les tragédies de Pierre Matthieu * n'étaient l'art dramatique ; Rotrou et Corneille devaient se faire attendre bien longtemps encore.
n y eut à Lyon , au seizième siècle , des hommes de lettres distingués; beaucoup d'écrivains faisaient des vers^ surtout des vers latins : les noms de quelques-uns sont déjà connus. Je ne dois point oublier Jean Voulté de Reims , qui vint faire imprimer son recueil de poésies chez Sébastien Gryphe, et soutenir de son appui son intime ami Etienne Dolet, qui avait eu le
i. — Le recueil des pièces représentées sur le thcAlre de Neyroii a-l-il élé publié , comme on l'a dit, en 1542? Rien n'est plus douteux. On connatt fort peu de composition» authentiques de Ohoquet.