‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 27 sur 262 · GAULOIS · texte numérisé non relu

GAULOIS

OU bien à un ceinturon. Il ne s'en séparait jamais : un soldat jurait par son épée et ne pouvait la mettre en gage ; elle était plantée en terre au milieu du cercle formé par les chefs assemblés en conseil , et suivait sur le bûcher ou dans le cercueil le guerrier qu'elle avait servi.

n y avait déjà en opposition, dans la société politique , les deux classes dont l'Histoire de Lyon aura si souvent à raconter les luttes sanglantes : d'une part des privilégiés, maîtres du pouvoir et qui en abusaient; et de l'autre, des prolétaires sans droits, sans biens, sans avenir, et condamnés à une oppression sans contrôle. Deux sortes d'hommes étaient comptés pour quelque chose chez les Gaulois, dit César : les druides, et les nobles ou chevaliers ; la multitude n'avait guère que le rang de serfe. Privée de droits politiques , maltraitée par les classes supérieures , et accablée par sa misère, cette foule se livrait elle-même en servitude aux nobles, qui exerçaient sur elle le droit du maître sur l'esclave.

La Gaule n'a point de mythologie qui lui soit propre*; ses dieux lai sont venus des nations étrangères ; elle les adopta avec enthousiasme , mais en altérant les dogmes qui s'y rattachaient chez les autres peuples. Il y avait chez ses habitants un penchant naturel vers les pratiques superstitieuses. « Natio est omnium Gallorum admodum dedita religionibus, » a dit César qui les connaissait si bien. C'est dans la Bretagne que le druidisme s'établit d'abord, et se propagea en remontant le cours de la Loire, envahit les Gaules et se répandit jusque dans les noires forêts du Nord. Une montagne nommée encore aujourd'hui le Mont-Dru, non loin d'Autun, était le point de réunion des principaux druides pendant Tété ; ils s'assemblaient l'hiver dans la ville de Chartres.

n y avait plusieurs ordres de druides : les bardes , qui chantaient les exploits des chefs ou la gloire des dieux ; les devins et sacrificateurs, et les prêtres ou druides proprement dits, qui présidaient au culte, ainsi qu'à l'éducation de la jeunesse. Ces ministres de la religion jouirent longtemps du pouvoir politique , et ne le cédèrent qu'à regret aux chefs militaires. Toute justice émanait des druides : à certaines époques de l'année , ces prêtres su réunissaient en un lieu consacré , sur la frontière du pays des Gamutes , et jugeaient souverainement les différends que les po-

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