‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 28 sur 262 · GHAP. II. — LE LYONNAIS AVANT LES ROMAINS · texte numérisé non relu

GHAP. II. — LE LYONNAIS AVANT LES ROMAINS

pulations venaient leur soumettre. Il n'y avait de science, de littérature et d'arts que chez les druides : ils étaient médecins, astronomes, physiciens, et prédisaient l'avenir. Leur religion reconnaissait comme dieux Tentâtes, Mercure, ÂpoUon, Jupiter et Minerve ; elle n'avait pour temple que la noire enceinte des forêts et la voûte du ciel. Dans les grandes calamités, les Gaulois sacrifiaient des victimes humaines ; ils pensaient que la vie d'un homme était nécessaire pour racheter celle d'un autre homme , et, selon eux, les dieux immortels ne pouvaient être apaisés qu'à ce prix. César raconte qu'ils remplissaient de criminels et même d'innocents, quand les condamnés manquaient, d'immenses mannequins en osier , auxquels ils mettaient le feu. Un seul chef commandait aux druides, et son autorité était sans bornes. Venait-il à mourir , le druide le plus éminent en dignité héritait du pouvoir. Ces prêtres n'allaient pas à la guerre, et étaient exempts de toutes les charges publiques. Us dérobaient avec grand soin au vulgaire leur science et leurs dogmes. Plusieurs de leurs cérémonies religieuses s'accomplissaient dans les ténèbres des forêts : là se trouvaient ces pierres énormes sur lesquelles le couteau saint faisait couler le sang des victimes humaines , et qui sont connues des archéologues sous les noms de Dol-men et de Men-hir. Une de leurs fêtes les plus solennelles , c'était celle dont était l'objet le gui sacré, coupé avec une faucille d'or sur le tronc d'un vieux chêne : cette religion de mystères et de sang plaisait à des peuples naturellement enclins aux pratiques superstitieuses. On voyait fréquemment les Gaulois suspendre des reliques aux branches les plus belles d'un arbre consacré. Arioviste promit à Mars un collier fait de la dépouille des Romains. Intimement lié aux mœurs de la nation, le druidisme résista à l'ascendant du christianisme jusqu'à la fin du cinquième siècle : deux empereurs , Tibère et Claude , eurent beaucoup de peine à obtenir des druides l'abandon de la pratique barbare des sacrifices humains.

On voyait dans la Gaule des villes affectées aux exercices du culte religieux , et d'autres qui étaient la résidence des chefe militaires : quelques-unes étaient des villes de guerre , tandis que d'autres étaient essentiellement commerçantes. Ce peuple tenait les fennmnes en grand honneur ; on leur confiait les secrets les

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plus importants , et plus d'une fois les affaires civiles et politiques ftirent confiées à un sénat de femmes que les diverses nations du pays; avaient choisies.

Tels ont été nos pères : leurs glorieuses annales n'ont , avec l'étude particulière du Lyonnais , qu'un rapport indirect; de plus grands développements sur ce point appartiennent à d'autres écrits. Cependant deux nations de la Gaule , les Eduens et les Ségusiens surtout , réclament une attention particulière.

S II. Frères et alliés du peuple romain , les Eduens , les plus célèbres des Celtes , et une des nations les plus puissantes de la Gaule, habitaient au Sud des Lingons et à l'Ouest de la grande Séquanie ; ils avaient les Arvemes pour rivaux. Ce pays répond à une partie du Nivernais et de la Bourgogne d'aujourd'hui; Bibracte (Âutun) était sa capitale. Us avaient dans leur dépendance les Ségusiens, les Insubriens, les Aulerciens, les Mandubiens et les Boiens.

Lorsque César vint dans les Gaules, il y trouva deux factions rivales : les Séquaniens et les Eduens. Alliés aux Germains et aux ordres d*Arioviste, les Séquaniens triomphèrent des Eduens, dont ils détruisirent presque toute la noblesse; un grand nombre , clients des vaincus , passèrent dans le parti du vainqueur. Les Séquaniens prirent en otages les fils des principaux des citoyens eduens, s'emparèrent d'une partie du territoire et obtinrent la suprématie sur toute la Gaule. Mais tout changea de face à l'arrivée de César : alors les Eduens reprirent leurs otages , recouvrèrent leurs anciens clients et en gagnèrent de nouveaux , qu'attirait l'espoir d'une condition meilleure et d'un gouvernement plus doux ^ Les Séquaniens perdirent leur prépondérance : elle passa aux Eduens , amis des Romains; ils furent les premiers admis dans le sénat. Un écrivain paradoxal a fait de Lugdunum Segusianoram la ville principale du pays des Eduens.

$ Ilî. Voisins des Eduens, placés à l'Ouest, les Ségusiens avaient pour limites : à l'Est, le Rhône et les AUobroges ; au Nord, le Jura , le Doubs et la Séquanie ; au Midi , les Arvemes et les

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