‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 43 sur 262 · Î CHAP. III. — FONDATION DB LVGDVNVM · texte numérisé non relu

Î CHAP. III. — FONDATION DB LVGDVNVM

5 III. Cette découverte appartient au père Menestrier , qui Fa trouvée dans quelques lignes de Dion. Le savant jésuite a lu dans diverses inscriptions, tantôt Lugdunum, tantôt Lugudunum ; ces mots ne désignaient donc pas le même lieu. Mais il y a mieux : une inscription qu'il rapporte présente les deux mots Lvgdvni et LvGVDVNi ; c'est à Lugudunum que trafiquait le Sentius Regulianus dont elle parie ; les Augustaux demeuraient à Lugdunum. On lit sur des médailles le mot divisé ainsi : Lvov dvni ; c'est encore le mot Lugudunum qu'on lit sur les tables de Claude , et la ville se nommait encore ainsi au temps d'Adrien '. Telle est, en résumé, l'argumentation difihise du père Menestrier; elle le conduit à déterminer ainsi Tâge et la position de ses deux villes : Lugudunum, l'ancienne cité gauloise , la ville de Momorus et d'Atépomarus , occupait le faîte des collines de St-Just et de Fourvière ; tandis que Lugdunum , cité romaine et la ville de Plancus , était située dans la plaine , au pied de la colline Saint-Sébastien.

Cettç hypothèse n'a point résisté à la discussion ; quelques mots suffiront pour en démontrer le vide. Menestrier asseoit dans la plaine la ville de Plancus ; mais Sénèque , en racontant l'incendie de la cité romaine , dit en termes exprès qu'elle était située sur une colline : « Vastavit ignis colles per quos lucebat. » C'est sur une colline que les preuves matérielles de cet incendie ont été retrouvées après dix-sept siècles. S'il y avait eu deux villes, séparées l'une de l'autre par la Saône , Sénèque n'aurait-il pas dit que le feu avait détruit Lugdunum et respecté Lugudunum ? Concevrait-on de sa part une telle omission? Sénèque parle de Fincendie d^une ville unicpie ; il a réfuté dèsr-lors , d'un seul trait , les écrivains qui ont repris , de nos jours , l'hypothèse du père Menestrier , en se bornant à changer l'assiette de Lugdunum et de Lugudunum ^. Aucun ancien auteur n'a parlé de l'existence simultanée des deux villes ; on verra bientôt ce qui peut demeurer raisonnablement de cette opinion.

1. — On lit LvGTDVNTM daot plusieurs inscriplioDs recueillies parGruter, dans Diou-Cassius qui Titrait sous Alexaodre-SéTére , et dans plusieurs autres écrÎTains.

3. — Brossettb. Eloge historique ou Histoire abrégée de la ville de Lyon ancienne et moderne. Lyon , 1711, ïn-A^y p. SI. Cet ouvrage de Brosseltc mérite fort d'être lu; il vaut mieux que sa réputation.

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Mais a est un fait incontesté : c'est l'existence , sur certaines inscriptions et chez divers écrivains , du mot Lugudunum , moins usité sans doute que le mot Lugdunum, et bien réel cependant. Brossette donne, de l'emploi de l'un et de l'autre, une explication ingénieuse ^ : il faut y voir, non pas deux lieux distincts , mais une simple différence d'orthographe. U n'y avait qu'une ville , mais son nom est articulé de deux manières , par l'addition et par le retranchement d'une seule lettre : les habitants de la ville le prononçaient d'une façon, et les étrangers d'une autre. Si cette explication n'est pas vraie ( nous n'avons aucun moyen de la démontrer) , elle est du moins fort vraisemblable : mieux vaut voir dans l'emploi simultané des deux mots Lugudunum et Lugdunnm une anomalie orthographique, sans aucune signification peut-être , que d'inventer une ville , tout exprès pour se rendre compte du retranchement d'une lettre dans un mot. Aucun historien de quelque crédit ne croira aux deux villes, celle-ci gauloise et celle-là romaine , en regard l'une de l'autre auprès du confluent du Rhône et de la Saône ; aucim archéologue de quelque valeur n'admettra une opinion, que l'examen des lieux et des autorités a condamnée sans retour.

Terminons cette discussion par une observation fort sin^ple qui la résume , et qui concilie les divers systèmes sur l'origine de Lugdunum. Cette ville date de Plancus ; avant ce gouverneur de la Gaule , il n'existait au confluent du Rhône et de la Saône , ni viUe gauloise , ni ville romaine. C'est Plancus qui a fondé la cité nouvelle , et c'est sur les collines de Fourvière et de Saint-Just qu*il en a tracé l'enceinte. Mais n'y avait-il au pied de la montagne aucun Gaulois ? Il est possible et très vraisemblable qu'il ait existé dans la plaine , au pied et au-devant de la coUine Saint- Sébastien, des maisons ou huttes en plus ou moins grand nombre.

1 . — « Lyon , dit de Bose au sujet du taurobole , est aussi sourent oommé Ltgvdvntm que LTGOfMTii dans les inscriptions antiques des deux premiers siècles de i'ére chrétienne. .Outre les inscriptions , dit-il encore , j'ai une médaille d'argent de Marc-Anloioe , au revers de laquelle on voit un lion avec ce mot partagé en deux , Lvcv - dviii. Antoine Mongez lait observer que les médailles qui présentent le nom de Lyon diffèrent des inscriptions ; le nom de la ville est écrit aussi souvent d'une manière que de l'autre , tandis que la médaille rapportée par de Boze est la seule où se trouve Lvgvdvnvm. >* ( archives historiques et statisiiquee du dépari itnent du Rhône, tome II , p, 92.)

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Ces groupes épars d'habitations ne constituaient pas une viUe; ils n'avaient pas dç nom collectif, mais leur existence n'en est pas moins prcdïable. C'est là , c'est dans la plaine , que venaient trafiquer les nations voisines; c'est là que les bateliers avaient leurs équipages , et les marchands de vins leurs entrepôts. Au temps des foires , des cabanes s'improvisaient en plus grand nombre , comme on fait encore aujourd'hui à Beaucaire. Placée sur les hauteurs de Fourvière , dans sa belle assiette militaire , la cité romaine de Plancus n'en demeurait pas moins la ville unique, et la seule qui méritât ce nom. Une explication aussi plausible rend parfaitement inutiles les discussions sur la situation précise du vieux Lugdunum.

Il y a eu, en effet, plusieurs opinions sur ce point : on a placé l'ancienne ville , tantôt sur la colline Saint-Sébastien, tantôt dans la plaine , depuis le pied de cette colline jusqu'à la Saône, tantôt sur les collines de Fourvière et de Saint-Just.

Le savant écrivain qui a vu Lugdunum sur la coUine Saint- Sébastien , se demande conmient une ville commerçante et firéquentée aurait été située au sommet de collines escarpées , d'un abord presque inaccessible , privées d'eau , et renfermées dans un espace étroit K Saint-Sébastien avait tous les avantages de cette situation, et n'en présentait pas les inconvénients: c'est sur cette colline que les tables de Claude ont été retrouvées ; mais l'inflexible histoire renverse cette conjecture. L'exact Straboii dit que Lugdunum était situé , comme une citadelle , sur les collines qui dominent le confluent du Rhône et de la Saône , et de beaux vers de Sénèque montrent la cité de Plancus assise à l'ouest sur sa coUine que le soleil éclaire de ses premiers rayons* Ce n'est pas sur la colline de Saint-Sébastien que les rentes encore visibles du grand incendie ont été retrouvés. Ce n'est pas non plus dans la plaine triangulaire qui sépare le Rhône et la Saône auprès de leur point de jonction , que la ville pouvait être située. Qu'il y eût sur ce point des habitations éparses pour les Gaulois qui se livraient au commerce, on doit le présumer; mais le véritable Lugdunum, au témoignage de toutes les autorités, couvrait le

I.— De Marca (P. ). De Primato Lugdunensi el cœteris primalibus. Parisiis , 1644, in-IS,p. S64.

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plateau et le versant oriental d'une chaîne de collines. Puisqu'il n'était pas assis sur les flancs de la colline Saint-Sébastien , c'est donc sur les hauteurs de Four\ière et de Saint-Just qu'il était placé.

Toutes les preuves historiques se réunissent pour attester que telle était, en effet, sa situation : inscriptions, monuments, anciens écrivains, tout confirme ce fait. Que les tables de Claude aient été trouvées autre pçfft, qu'importe? Lyon a été bouleversé si souvent de fond en comble , soit par la guerre civile ou étrangère , soit par les éléments conjurés à sa perte , qu'il est permis de croire au déplacement fréquent de ces lames de bronze. C'est sur la colline de Fourvièye qu'on a x^trouvé tes preuves matérielles du grand incendie qui détruisit la ville , cent ans après sa fondation : on a découvert à de^ profondenrs diverses des tuyaux de plomb à demi-£)ndus. Des ruines de palais, de citernes, de grands monuments publics , sont encore éparses sur cette montagne , et pendant longtemps on ne pouvait fouiller le 30I sans ramener à la surface , tantôt des médailles , tantôt des ustensiles romains, ou sans heurter des débris de vaqes, d'urnes on de tombeaux antiques. C'est à cette chaîne de collines que venaient aboutir les hgnes d'aqueducs. Voit-on le prétendu Logdunum de la plaine et de la colline Saint-Sébastien justifier son existence par d'aussi vénérables témoignages? Ainsi , le Lugdunum légitime et unique , la ville de Plancus , occupait le versant oriental et le faite des collines deFourvière et de Saint-Just '. On verra plus tard un changement d'organisation politique et de nouveaux intérêts produire le déplacement complet de cette assiette* Appelé dans un site plus commode par les besoins du commerce , par les nécessités d'une vie sociale mieux organisée et par la situation de ses basiliques, Lyon abandonna le sonunet de sa colline, descendit dans la plaine , l'envahit tout entière, franchit le Rhône , s'étendit sur la vieille terre des Allobroges, et, toujours recher-

1. — Le p. L'Abbé a écrit une dissertation latine sur ia situation de Lyou , daua kiquelle il défend lesdeux thèses contradictoires : «cLugdunum in monte condilum, et Liigdununi siib monte « condilam. » Il y a beaucoup de mauvais goût et 1res peu de critique dans ce double plaidoyer, que Tauteiir termine par cette couclusion : « Lugdunom était situé sur la montagne et dans la plaine. »

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chant Fespace , recula au loin le point de jonction des deux fleuves, sema d'innombrables rues toutes les collines voisines, puis, regagnant les hauteurs , s'étala en toute liberté sur la large surface des plateaux de la Croix-Rousse et de Saint-Just. Lyon moderne résume les discussions dont son ancienne situation a été l'objet : il est partout.

§ IV. L'étymologie du mot Lugdunum est un texte à controverses tellement oiseuses, que l'historien de Lyon doit hésiter à l'aborder. Quelle est l'utilité de semblables recherches , et à quoi bon ces hypothèses que viennent démentir aussitôt d'autres conjectures non moins invraisemblables * ? On a dépensé beaucoup de science pour résoudre un problème évidemment insoluble ; de vieux mots celtes ont été torturés de cent manières , et on a largement profité de l'élasticité d'une langue perdue pour faire parler les syllabes du mot Lugdunum ; mais nous ne sommes pas plus avancés aujourd'hui qu'on ne l'était du temps de Sénèque. Ramenée à ce qu'elle a de prouvé , la discussion sur l'étymologie de Lugdunum se réduit à quelques négations. Ce mot n'est point dérivé du prénom de Plancus ; la syllabe dunum qui le termine paraît avoir signifié, en langue celte , hauteur ou coDine; on ne sait rien de plus. ^

1 .—Il y a eu trois Lugdunum dau« les Gaules. « Lugthinensis coloni.i, eodeni auclore Planco prognata , plures quam Raurica , brevi nacta esl les^s , Iiiiperalorum el Caesarum quum Gerct sedes. Tria uliui in yeleri Gallin inclaruerant Lugduiia : Gonvennrum LugduDuin (Comminges) apud Aquitanos, Balavorum Lugdunum apud Belgas» et noslrum Segusianorum Lugdunum apnd Ccltas , Gallise Lugdunensis caput. Ex Lugdunis his solum Segusianorum fuit colonia , et qnidem

uoTÎs mox sub Claudio Impcratore epilbelis Copia; , Claudia^, Auguslae condecoraiida >*

( ScHOEPFLiN , jdlsaiia ilhistrata , iii-fol. , tom. I , p. 155.)

Artaud aurait touIu qu'on eût dit Lugdunais ou Lugdunois au h'eu de Lyonnais , el Lugdun eu remplacement de Lyon : ce irœn d'antiquaire n'eût pas été d'nn accomplissement facile.

2.— Je résumerai ceiiendant en peu de mots les opinions qui ont été avancées sur l'étymologie des mots Lugdunum et Lyon , pour ceux des lecteurs de cet essai qui prennent quelque intérêt aux recherches de cette nature ; on me dispensera sans doute de les réfuter toutes. Il y a deux difficultés à résoudre : Quelle est l'origine du mol Lugdunum ? Le mol Lyon dérive-t-it de Lugdunum , ou a-t-il une autre* élymologic?

Pour résoudre la première , on a considéré le mot Lvgdimum comme un mot composé de ces deux racines Lvy cl dunnm , auxquelles ou s'est efforcé de trouver une signification ; mais il y a en une grande divergence d'opinions sur leur sens réel. Voici un résumé de ces éiymologies : i^ Lugdunum est un mol dérivé du nom du roi celte Lugdus , roi dont l'his-

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$ V. Ltigdunum bâti , nommé et peuplé d'abord par les Viennois exilés et par les Gaulois navigateurs ou marchands du confluent du Rhône et de la Saône , n'appartenait point encore assez

toîre n'a jamais parlé et qui D'à jamais existé antre part que dans l'imagination du moino italien Annias de Viterbe. 2° Logodunum , dans la légende de Momorus , est un mol composé qui signifie la colline aux corbeaux. 3^ Selon Gambden , dunum signifie montagne , et Lttg doit être traduit par le mot tour ; on a dit Lugdiinnm , comme on a dit Lucis dunum , la montagne de la lumière, et Luei dunurrif la colline du bois sacré. Le mot dunum , qui , dans cette hypothèse , désigne une hauteur ou une colline , est la désinence de beaucoup de villes qui sont situées sur des plateaux élevés (Ebrodunum, Melodunum, Auguslodunum). 4*^ Selon Gabriel Sjméoni {f Origine e le antichità di Lione^ Mss.), Lugdunum vient de lumière; la ville doit sou tiom à un très grand miroir , semblable peut*étre à celui qui pendait au cou du colosse do Rbo- <les , placé, snivant la perspective, sur la colline de Fourvière , et dans lequel les habitants (lu Dauphiné apercevaient l'image réfléchie de la ville de Lyon. 5^ D'autres veulent que Lugduoum dérive de Logos , discours , et dunum , montagne : discours prononcé sur ou devant la montagne , probablement devant l'autel d'Auguste. 6<^ Lugdunum vient de Lugent duntm on Luctn» ditnwn , la montagne de l'affliction ou du deuil : on oublie , dans cette étymologie « que Lugdudum portait son nom cent années avant l'incendie qui le détruisit. 7** Une de^ légions de César, appelée Lugda, campait auprès de la ville naissante ; elle lui a donné son nom : cette conjecture n'a pour elle ni vraisemblance ni autorités. 8<* Lug , en celtique , veut dire fortune, et «junrun colline ; c'est la qualification d'une ville que le commerce a rendue opulente. 9^ Lucitis Munatius Plancus a nommé de son prénom la ville qu'il a bâtie sur une colline : mais , d'une part, les Romains donnaient aux villes qu'ils bâtissaient, non leur prénom , commun à un trop grand nombre , mais leur nom de famille ou le titre de leur dignité (JuKodunum , Augustodunum , Julia Augusia) ; d'autre part , dans l'hypothèse qu'on avance, la ville naissante aurait dû être appelée, non pas Lugdunum, mais Luc ou Luci dunftm, ou mieux enoore, PUmcodunum, i(3P Des Lygyens , chassés de leur pays par l'émigration phocéenne qui bâtit Marseille , se répandirent dans la Gaule , et quelques-uns vinrent s'établir au confluent du Rhône et de la Saône ; ils ont donné leur nom, Lyg on Lygy, à la cité nouvelle : la lan^e latine changea Vy en n , et Lyg devint Lug ou Lugu. On n'a jamais entendu parler de ces Lygiens ou Lygyens des environs de Marseille ; c'est la première , mais non la seule objection , qu'on pourrait adresser à cette insoutenable conjecture. 11^ liyon a dd s'appeler en celtique Lug -thun , puis Lng-thunum , dost on fit Lugudunum ; et comme, dans cette opinion , on suppose que Lug signifie eau , le mot complété doit être traduit par ces mots -. eau ou rivière de la colline. 12^ Un autre auteur (Mylxiis) véîil que Lugdunum ait tiré son nom de sa situation sur une montagne au-devant et le long de laquelle coulent les eaux de In Saône.

On peut choisir, comme on le voit, parmi ces étymologies des mots Lugdunum et Lugudunum ; maintenant comment résoudre la seconde difficulté? II n'y a pas eu moins d'hypothèses pour métamorphoser le nom ancien eu nom moderne , et on ne s'est pas donné moins de mal pour extraire Lyon de Lugdunum : les efforts qu'on a tentés dans ce but n'ont point été heureux. Selon Antoine Faivre , on a eu grand tort de s'y livrer ; Lugdunum et Lyon désignaient deux villes différentes. Lugdunum a été ta ville romaine , la ville de la coltine et le poste militaire ; Lyon , bâti dans la plaine, vers l'emplacement actuel de la place des Terreaux , était la ville de commerce (j'ai répondu â ce système). Ce n'est pas de Lngdunum que dérive le mot Lyon ; il vient du mot grec Xelov, qui signifie plaine (Lyon, ville de la plaine). — M. Jolibois partage cette opinion; suivant lui, les Phocéens de Marseille établirent au point de jonction

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intimement à Rome. Elle pouvait considérer comme des étrangeî'S, on dnfhoins seulement comme des alliés, ses premiers ha* bitants , insuffisants , au reste , quant à leur nombre , pour Fave* nir qu'elle réservait à la ville nouvelle. Plancus conduisit lui-même à Lugdunum une colonie de Romains composée en grande partie de vétérans, et bientôt de nombreux détachements militaires vinrent établir leur domicile dans les campagnes des alentours de la cité. Des terres ftirent assignées aux nouveaux colons qui les cultivèrent et se confondirent bientôt avec la population indigène ; une grande partie du Mont-d'Or {Mons i4armcen«i«) reçut conmie hôtes et propriétaires les soldats romains de Plancus , de Ventidius et de Fusius Galénus ^ . Des campagnes si fertiles ne pouvaient manquer de maîtres, elles en eurent bientôt un grand nombre. Chacun des colons militaires eut pour son lot deux arpents mesurés avec des perches et distribués par centuries ^. Ces Lugdu-

Hn'RliÀoe et de la Sa6nc , près de la forlerei se de Lygdun » uo emporinm auquel ils doQBérenC le nom de Lek>o , nom qui exprimait la nature de remplacement , et qui est devenu le nom moderne de la seconde ville des Gaules, Du reste» II* Jolibois n'est pas tellement sûr de celte origine qu'il ne hasarde au même endroit une autre conjecture. Ce nom , se demande-t-il dans une note, ne pourrait-il pas venir du mot grec Xr{ioyf (blé , moisson), pour exprimer ta fertilité du pays , ou le blé de la Gaule septentrionale, dont Vemporittm marseillais était sans doulo le dépôt ? Hais le Lyonnais a plus de renommée pour ses vignobles que pour ses blés , et rien ne prouve que l'équivoque emporium marseillais , auprès de la douteuse ferleresse de Lygdun , ait été le dépét des blés de la Gaule septentrionale.

Je n*Ai point donné la liste complète de toutes les opinions qui ont été émises sur l'éljOMlogie des mots Lngdonnm et Lyon ; puisse le tableau très abrégé que je vient d'eu faire ne pas paraître beaucoup trop long !

1. — C'est sans doute pourquoi uo si grand nombre de villages ont porté des noms romains i voici l'indication de quelques-uns , recueillis d'après des titres anciens : Casœmn (Chazay) , MarciUiacum (Marcilly) , Mons Avolœgus , Mons Siccus , Buvsiacum , Lissiaciis (Lissieu)i Tocf /tùrctim ( Chasselay ), Mons Licinius , Poloniacum {VoWionaj), CahanncBt Brncalias , CalliscuSf Mons Peirosus^ TalentiacttSf Marfoîia, VitrincuSj Àlbiniacus (Albigny). Cresciacus , Coloniœ (Colonges) , Cenevrœa , ManciacuSf Taxonet^ , Ala Colonxa^ MaginciacHS , PiwHacus, Coso (Couzon) , FaUis , Brasiacus ^ Casïech (Chasselay), CalmtUis ^ Figdrm'iœ , Selviniacnm (Savigny) , rilîa Ccdciensis , Darciliacus , Paciangas , Filis Folp. , Losanna (Lozanne),^y<?7* Tamantis^ Amachinio , Filla Treddo , Mariaciis ^ Cerviacns f Pauliniacus, /éger Floriacensis , Varenna , Smnacus , Fossadas , Clipiacus , Campania.

(MurantiBK. Let dÎTert CtrtctAres des ouTrage* hisloriquef, svee le pUn d'une nouvelle histoire de Is ville de LyoA. Lyon , Deville, 1694 , ia-l3 » p* K39.)

9.— Pierre de Marca et Menesirier affirment qne ce partage des terres du Lyonnais aux soldais eut lieu vers Pan de Rome 712* « Antooius iste est triumvir reipublicse conslituendai , cui Gallia contigit in parlilione provinciarum qitam imvit cum coUegis anno V. G. 712, leste

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nois , car on ne saurait les appeler encore Lyonnais , n'avaient point perdu le titre de citoyens romains; ils en possédaient les droits, et pouvaient aspirer à toutes les charges de la république. Trois éléments principaux, les Gaulois indigènes, les Viennois exilés , et les colons romains , se fondirent en une seule population que le mélange du sang d'autres nations devait, plus tard, modifier encore. Mais si les campagnes des environs de la ville étaient ainsi devenues une colonie romaine importante , Lugdunum n'était encore qu'une cité improvisée et bien peu considérable : un empereur romain et d'heureuses conjonctures lui firent éprouver une véritable transfi)rmation.

Dione : nikle biennio post deputsus est armis Augusti ; quare eo Iriennio quo Galliat tenuit, oecesseest excussum fuisse nuromam islum. » {De pnmatu Lugduntnsij p. 271.) Sidoine avait ioTÎté son ami Ommalius à on banquet qu'il se proposait de donner pour célébrer le jour de sa naissance ; « Le festin sera frugal , dit te saint évéque , et vous n'aurez pas du vin de ce pajs , auquel le triumvir a donné son nom : >•

Poe«1a nos hic snnl Hlnsirit nomlne psgi , Qnen posvii nottrit Epse tr{«niTir tgris.

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