CHAPITRE IV
^ 1 . Lucius Munalius Ploneiu , gouverneur de la Gaule , reçoit du sénat l'ordre de bàlir une ville pour le» Viennois exilés; il conduit une oolonie romaine à Lngdununi. — %% Vûm^treur Auguste à LugdonoiB. — S 3. Organisation des flnanees à Lugdunnm sous Auguste. — § 4. Marche de la civilisation A Lngdunam. — $ 5. Palais et autres monuments publics. — S ®. Temple et autels d'Auguste.
Chkoiiolocib. — Auguste, né l'an 63 avant J.-C. , mort l'ar. U après J.-C.
S I. Plaucus est considéré comme le fondatem* de Lugdunum , et on ne saurait en efièt lui contester cet honneur si Pon n'a égard qu'à la lettre des témoignages historiques; mais sous d'autres rapports ce gouverneur de la Gaule a fait bien peu pour le mériter ! C'est le sénat qui a voulu que la ville fiit bâtie , c'est de Rome qu'est venue la pensée de cette création ; tenu d'obéir, Plancus a rassemblé des ouvriers et des soldats ; il a désigné l'assiette de la cité nouvelle , et a présidé aux premières constructions. On Fa vu plus tard conduire une colonie romaine dans Lugdunum naissant; mais qu'était la ville, à cette première période de son histoire ? Elle n'avait ni monuments publics , ni édifices de quelque importance, ni voies de communication bien établies , ni plan régulier , et le nombre des habitations qui la composaient était probablement fort peu considé-
rable. Qael a été son véritable fondateur? C'est Thomme qui Fa dotée de ce qui lui manquait; c'est le prince qui la couvrit de monuments somptueux et en fit la métropole de la Gaule ; c'est cet Auguste, qui aurait dû; pour le bonheur du monde, ne jamais naître ou ne jamais mourir. Lugdunum , au temps de Plancus , n'était qu'une cité du dernier ordre, Auguste l'éleva au rang des villes les plus grandes et les plus belles. Peu d'années virent s'accomplir cette transformation; Lugdunum s'étonna de sa magnificence, et, reconnaissant dé tant de faveurs, il éleva un temple en l'honneur de l'empereur , et plaça Fheureux Auguste parmi ses dieux.
L'histoire de Lyon ne saurait raconter la vie si longue et si bien remplie de l'héritier de César ; elle ne doit en redire que quelques traits principaux. Antoine avait succombé ; Octave était rentré dans Rome, maître du pouvoir et libre d'en faire tel usage qu'il voudrait. Ses premiers soins furent de façonner les Romains à la servitude, de leur cacher le joug qui allait peser sur eux , et de consolider, par des titres nouveaux , cette puissance qu'il avait acquise au prix de tant de sang. A l'instigation secrète d'Octave, Munatius Plancus proposa au sénat (37 ans avant l'ère vulgaire) de déférer à l'empereur la quaUfication d'Auguste. Ce titre consacrait l'usurpation du pouvoir souverain ; il donnait au prince un caractère religieux , et le désignait à la vénération des peuples. Profondément dissimulé , ferme et impénétrable dans ses desseins , politique habile , Auguste consulta ses amis sur la forme de gouvernement 'qu'il convenait de donner au monde. Etait-il sincère lorsqu'il recourait à leur sagesse? tout annonce que sa résolution était déjà prise. César s'était. emparé du pouvoir à force ouverte, et il avait succombé ; instruit par cet exemple , Auguste se fit donner la suprême puissance par le peuple et par le sénat , et parut céder à la contrainte lorsqu'il loucha le but qu'il avait recherché avec une volonté si ferme et si habile.
Auguste se montra digne de sa fortune, et il la légitima par l'usage qu'il en sut faire. Jamais le monde romain n'eut un sort plus prospère. Sa vigilance embrassait toute l'étendue de l'empire; Rome n'absorbait point son attention y et l'empereur était toujours prêt , lorsque l'ennemi menaçait la paix d'une pro-