SIÈCLE. — LYON 80US AUGUSTB
le peuple qui avait pa;f é ludùinent d'énormes impôts ^ demeui^ dépouillé. *
La fabrication des monnaies y à Lyon , était fort considérable ; elle mettait en circulation une grande quantité de pièces d'or et d'argent , sur lesquelles un lion était représenté d'un côté, tandis que Tautre face indiquait la division des champs aux colons romains , du moins s*il faut en croire Menestrier. Cette fabrique si active de monnaies a-t-ellc été instituée par Plancus ? c*est ce qu'on ne saurait aflSrmer avec certitude. Il est certain que son antiquité remonte très haut : Strabon fait observer que le sol du pays fournissait en abondance l'or nécessaire à sa fabrication. Le Rhône charriait des paillettes du même métal. On possède une petite monnaie d'argent de Marc - Antoine , qui d'un côté porte le nom de ce triumvir , et de l'autre la figure d'un lion, avec le mot Lvgdvni ^. I^es inscriptions ont conservé le souvenir d'un directeur de la monnaie sous Tibère (servator œquitatis monetœ) et celle d'un batteur d'or {arti$ argentariœ exclusor). On possède , enfin , quelques-uns des moules en terre cuite dans lesquels on coulait les monnaies avant de les firapper.
1. — L'Liatoiro de ce Licinius a élc raconlée par Dion (LIV, 21 ) ; Toici les parole» du receveur concussionoaire : « Hxc , inquit, .domine, data opéra tua ac Romanorum causa collegi , ne indigenae tanta vi pccunLis inslructi deGcereut ; itaqud omnia él conserrairi tibi et iiiioo do. » Dion ajoute cette réflexion : « lia Licinius , quasi vires Gallorum in Aogustî gratiam enervasseli discrimen evasit. »
Cependant la patience des Gaulois se lassa quelquefois. Fatigués par les incessantes exactions de Licinius, les habitants de Lugdunum murmur^ent beaucoup , et des symptômes d'insurrection appelèrent parmi eux Auguste et Drusus.
Séuéque dit que Liciuius régna un grand nombre d'années à Lyon : «Lugduni.... ubi Licinius roullos annos regnavit. » (Apocolocynt.)
Hacrobe (Saturnal, H, 4] nous apprend que lorsque Auguste faisait bâtir, Licinius lui avançait des sommes considérables. Suétone (Pïe d*jiugu8te) le cite parmi lâs aâiranchis que ce prince traitait avec honneur et confiance , et l'appelle Liciuius Enceladus. Les critiques veulent que Liciuius soit le même personnage' dont il est fait mention dans Juvénal {Sat, I, 108, et Sat. XIY, 506), et dans Perse {Sat, II , 36). Licinius serait mort sous Tibère , selon l'ancien scholiaste de Perse , et Varron Atacinus lui aurait fait cette épitaphe :
Marmoreo Liciaus tumalo jAcst, at Cato parvo , Pompeias nullo: quis putet esse deos?
(PéRic.WD {A.). Notes et documents pour servir à Thistoire de Lyon ,- depuis l'origine de cette ville jusqu'à l'année 1349, p. 4.)