‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 49 sur 262 · SIÈCLE. — LYON SOUS AUGTOTE · texte numérisé non relu

SIÈCLE. — LYON SOUS AUGTOTE

Le caractère 4u monument que les soixante nations gauloises élevèrent à ce prince a été longtemps un objet de discussion. Etait-ce un temple? était-ce un autel? On a confondu souvent Tautel et le temple ^ et fait usage indifieremment de Tun ou de l'autre de ces mots, qui sont synonymes chez quelques écrivains. Cependant la différence est grande ; on lit sur les inscriptions , tantôt : ad aram rom. et avg..., ad aram ad gonplventes araais et

RHODANI , OU bien : ad TEMPLVM ROBUS et AVGG. IU , PROVirCG. GALL. TR. ; et : AD TEMPLVM ROMJS et AVGVSTORVM TRES PROVINGLC GALUiE.

Userait facile de multiplier les variantes. Cependant le texte de Strabon était formel : «t Après Narbonne , dit ce géographe, « Lugdunum est, de toutes les villes des Gaules, celle dont le <c marché est le plus fréquenté. Les préfets des Romains y font « frapper des monnaies d'or et d'argent; un temple, élevé à César « Auguste par l'assentiment commun des Gaulois , existe au « confluent des deux fleuves, vers l'entrée de cette ville. Il y a « un autel mémorable, avec une inscription qui donne le nombre « des soixante nations, et présente l'image de chacune d'elles; « on y voit aussi un autre grand autel *. » Il n'y a pas d'équivoque possible avec un texte aussi précis : le monument public élevé à Auguste par la reconnaissance des Gaulois se composait de deux autels et d'un temple.

temple d'Auguste eut lieu le L*** aoàl de l'ao de Rome 744. Ce jour-là même rempereiir Claude naquit à Lyon : « Clai^diiis nalus est, Julio Antonio et Fabio Africano consulibus, calendis Augusti, Lugduni , eo ipso die quo primuni ara ibi Augusto dedicata est, appellalusque Tiberius Claudius Drusus; mox, fratre majore in Juliam familiam adoptato, Germauici cognomen a;- 8ump9iL (SuBTONius, in Cîaitd, , L)

1. -^Slraboo est une si grande aulorilé, que toutes ses paroles doÎYent 4lre recuelUîes par l'historien de Ljoa : « Lugdunum ergo sub colle conditum, ubi Arar iu Rbodanum ineidil , Romani oblineiit. Posl Narbonem, liaec urbs maxima omnium Galliarum bominum freqaeiilia pollel. Pracrecti enim Romanorum eo utuutur emporio, mouetamque ibi tam auream quam argenleam codunt; et tcmplum ab omoibus tommoni seoteptia Galliis deorelum Caeaari AMgualo, ad hano urbemi ad concurium est positnm : aram habet boc memorabilem , cufti ioscriptione gentium LX numéro , et imagines singularum, item et aliam magi^aoï. *« (STRivoii is Gêogftiph*, lib, lY, Uk^îoU, tomel, pag. 292). Un autre traduoleup latin a rendu ainsi le texte grec : •< Alia subinde ingeos locata est ara. »

Voyez, sur ce passage, Artaud : Discpurs sur les médailles d'Auguste et de Tibère y au revers de l'autel de L>on. Lyon , 1820 , iu-4<», p. 5.

L'un des deux autels , le plus remarquable , selon Strabon , était spécialement affecté à la divinité d'Auguste, et les plus grands privilèges y étaient attachés. U portait les statuettes des soixante nations gauloises qui avaient élevé le monument à frais communs.

Voisin et dépendant du premier , le second autel était beaucoup plus considérable : il avait environ sept mètres d'élévation , huit de longueur et trois de profondeur. Des ornements emblématiques , symboles de sa destination , et des globes de bronze, ornaient sa partie supérieure ; il était décoré de la couronne de chêne , et, sur chacun de ses côtés , d'une branche de laurier. On lisait sur le monument cette dédicace : rom. et avg., « à Rome et à Auguste '. » C'est lui qu'on nomme spécialement autel de Lyon : il regardait la coUine de Lugdunum, et était construit en marbre blanc. Il y avait au-dessus de ce monument un tribunal disposé en forme de galerie , sur lequel se plaçaient les juges qui devaient couronner le vainqueur dans les exercices gymnastiques ei Uttéraires. Deux colonnes de granité , surmontées de chapiteaux de marbre, flanquaient le grand autel ou autel de Lyon, et portaient deux victoires colossales ; elles avaient environ neuf mètres de hauteur -. Il y avait au-devant du grand autel une vaste enceinte, et auprès un portique; Pendant les cérémonies du culte.

t. — Pierre de Marca pense qu*il j avait dans le temple d'Auguste ud autel pour la déesse Rome , et un autre pour Auguste. (De primatu , p. 278.)

2. — Ces cobnncs ont des diamètres inégaui ; elles ont plus de largeur à leur partie inférieure, et se rétrécissent vers le sommet : on sait qu'elles sont aujourd'hui un des plus beaux ornements ^e l'église d'Ainay. Cette destination a obligé de les scier par le milieu , a6n d'avoir quatre tronçons : telle est l'opinion générale , que Leymarie ne partage point. Selon lui , l'architecte romain n'ajant pas trouvé deux blocs de granité d'une grandeur suffisante , a pns quatre tronçons inégaux. {Lyon ancien et moderne , tome l«r , Ainay). André Clapasson n« croyait pas non plus que ces colonnes eussent été jamais sciées en deux ; il affirme qu'elles sont aujourd'hui ce qu'elles ont toujours été , qu'elles n'ont pas même changé de place , et <Hafin qu'elles ne flanquaient point l'autel d'Auguste , mais qu'elles lui servaient d'enceinte . ( Mémoire lu dans la séance de l'Académie du 30 août 1768, inséré dans les Jrchhes du département du Rhône , tome V, p. i80.)

Les chapiteaux de ces colonnes étaient probablement en bronze; on a dit qu'elles appartenaient à l'ordre corinthien : c'est une erreur , elles étaient d'ordre ionique.

Qvelle carrière a fourni ces colonnes ? Une ancienne tradition , qu'il serait inutile de réfuter, vent qu'elles aient été fondues. Selon Clapasson , elles sont venues d'Egypte ; leur granité est égyptien : d'autres ont pensé que ces blocs ont été tirés des belles carrières de la

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