‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 53 sur 262 · SIÈCLE. — LYON SOUS LA DOMINATION ROMAINE · texte numérisé non relu

SIÈCLE. — LYON SOUS LA DOMINATION ROMAINE

peuples de son sang? et a-t-elle eu à s'en repentir? Ne parle-t-on pas encore des exemples de gloire et de vertu qui ont signalé les antiques moeurs de la race romaine? Est-ce peu que d'avoir admis dans le sénat les Insubriens et les Venètes ? fallait-il donc y introduire encore , comme dans une ville captive , un ramas d'étrangers ? Quelles prérogatives auraient donc désormais le peu de patriciens qui restaient et les sénateurs pauvres du Latium? Avec leurs richesses, ces nouveau-venus engloutiraient bientôt toutes les places , eux dont les aïeux avaient taillé en pièces des armées romaines , et tenu Jules-César assiégé auprès d'Alise? Que serait-ce si l'on évoquait le souvenir de leurs anciennes barbaries , de l'incendie du Capitole , et des murailles de Rome renversées par leurs mains ? On pourrait sans doute accorder à ces étrangers la jouissance du titre de citoyen, mais la dignité sénatoriale et les honneurs de la magistrature ne devaient pas leur être prostitués ainsi. » *

Peu touché de ces raisons , Claude voulut y répliquer ; il convoqua le sénat, et prononça le discours suivant : «Mes ancêtres, « dont le premier, Clausus, d'origine Sabine, fut admis le « même jour et dans la cité romaine et dans les familles de « patriciens , m'invitent à suivre le même plan , en transportant « ici tout ce qu'il y a d'illustre autre part. Je n'ignore point, en « effet, qu'Albe nous a donné les Jules, Camérium les Corun- « canins , Tusculum les Porcins , et, sans interroger les temps « anciens, que des fils del'Etrurie, de la Lucanie et de l'Italie

i. — Voici les paroles de Tacite: •< A. VitelUo, L. Vipsanio consulibus, cum do supplendo seoatu agitarelur , prirooresquo Galliie quae comala appellatur , fœdera el civitalem romanam pridem assecuti, jus adipiscendorum in urbe lionorum expelerent, multus ea super re Tariusque . rumor , el studiis diversis apud principem certabatur , asseveranlium : non adeo acgram Ilaliam,ut senalum suppeditare urbi su» nequiret; suffecisse olim indigeuas consanguineis populis, nec pœnilere veleris reipublicx. Quin adbuc memorari exempta, qus priscis moribus ad^irtutcm et gloriam romana indoles prodiderit. An parum quod Vcneti et Insubres curiarn inruperÎDr , nisi cœtus alicnigenarum velut captivilas inferatur? Quem ultra bonorero résidais Dobilium » aul si quis pauper e Latio seoalor foret ? Oppleturos omoia divites fllos , quorum a?i proa Tique boslilium nationum duces exercitus nostros ferro rique cecideriot ; divum Julium apud Alesiam obsederiot. Recentia bsc quid , si memoria eorum inoriretur qui Capi-tolio et ara romana manibus eorumdem prostratis ? Fruerenlur sane rocabulo civilatis ; ÎDsigoia patrum, décora magislratuum , ne vulgarent. » (Cormelii Tauti yénnal, lib. XI, 23, Opéra, cum notis H. Grotii. La^duni-Batavorum y es officiiia Elzeviriana , 1640, petit io-IS, tome I, p. Î31.)

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