‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 57 sur 262 · INCENDIE DE LYON. — 1*' SIÈCLE · texte numérisé non relu

INCENDIE DE LYON. — 1*' SIÈCLE

sa TÎlle natale , et il Ta obtenue : un tel service le recommandera, parmi nous, jusqu^à la postérité la plus reculée. Grâces à l'appui de l'empereur, Lugdunum, déjà au premier rang des grandes cités par ses richesses et la beauté de ses monuments publics, l'était encore par sa qualité de colonie romaine , seul bien que devait lui laisser une des catastrophes les plus étranges dont l'histoire ait jamais fait mention.

S IV. Un incendie d'une violence extrême détruisit Lyon dans l'espace d'une seule nuit; rien n'échappa : le lendemain cette grande ville n'était qu'un inuriense monceau de cendres. Quelles fiirent les circonstances de ce désastre , et comment s'alluma la flamme ? Un accident fortuit a-t-il été la cause unique de cet embrasement, ou une main malveillante mit-eUe le feu à la ville .^ On l'ignore. Surpris dans les ténèbres par un fléau aussi terrible, les Lyonnais eurent-ils tous le temps de mettre à couvert une partie de leurs biens , ou du moins leur vie? On ne le sait point. Deux faits seulement sont constants : l'incendie eut lieu Tan de Rome 811 j cent ans après la fondation de Lugdunum , et la quatrième année du règne de Néron : il anéantit si complètement cette ville , que le lendemain on cherchait l'emplacement sur lequel elle avait été bâtie. Palais, maisons particulières, théâtre et monuments de toute sorte , disparurent dans le commun naufrage. Cependant la flamme, arrêtée nécessairement par la Saône, dut respecter les habitations éparses entre les deux fleuves.

Cet événement déplorable est raconté par Sénèque dans une lettre qui est devenue partie intégrante de notre histoire , dont elle fixe plusieurs points essentiels. « La nouvelle de la des truc- « tion de Lugdunum par un incendie a rendu triste notre Libé- « ralis , écrit Sénèque : un tel événement doit émouvoir tout le a monde, mais surtout un homme qui aime autant sa patrie. Il « avait préparé la fermeté de son âme , autant que les circon- « stances le comportaient, contre toutes les éventualités à crain-

frop libre. Menestrier est oo peu plus exact , mais laisse beaucoup à désirer ; sa version n*est pat toujours intelligible. Spon s'est rapproché uo peu plus du texte ; Brossette est plus littéral que Spon , sans Tétre cependant assez. La traduction de H. Mermet «erait la meilleure (Histoire de la ville de Vienne durant l'époque gauloise. Paris ^ 18t8, in-8** , p. t7); mais elle n'est pas complète.

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