‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 59 sur 262 · SIÈCLE. — INCENDIE DE LYON · texte numérisé non relu

SIÈCLE. — INCENDIE DE LYON

beaux monuments pendant son long séjour dans cette ville; son temple et ses autels furent vraisemblablement épargnés par la flamme, leur position dut les mettre à l'abri de Fincendie; mais tous les beaux édifices , dont cent années de prospérité avaient rempli une opulente ville de commerce, disparurent en quelques heures. U est probable que la nature des matériaux dont les maisons des particuliers étaient construites , favorisa beaucoup les ravages du feu : des briques, du plâtre et du bois en grande quantité composaient ces habitations, qui ne ressemblaient guère à celles des Lyonnais modernes. Si Lyon eût été bâti sous Néron comme il Test de nos jours, une seule nuit ne l'aurait pas vu disparaître en entier. *

On a trouvé en grand nombre, en creusant le sol sur divers points de la montagne de Fourvière , les preuves matérielles de l'incendie qu'a raconté Sénèque : ici des fragments de porcelaine, de mosaïque, de serpentine*, de briques et de marbres évidemment calcinés ; là d'antiques lampes de bronze à demi-fondues , des poutres brûlées, des amas de charbons ou de grenaille de

spatiuiD : iD liac, una oox fuit inter urbem maximam et nallam. Deniqae» diutius iUamtibi periisse , qiiam periit i narro. Haec omnia Liberalis noslri affectum inclinant , advenus sua fîrmum et erectum. Nec sine causa concussus est: inexspeclata plus aggrayant ; novitas adjicit calamitatibus pondus ; nec quisquam mortalium non magis , quod eliam miratus est , doluil. Ideo nibil nobis improvîsum esse débet , in omnia prsmittendus est animus ; cogitandumquc non quidquid solet, sed quidquid polest fieri..... Civilas arsit opulenta, ornamentumque provinciarum , quibus et inseria erat , et excepta , uni tamen imposila , et huic don altissimo

monti Uaec ego atque ejusmodi solatia admoveo Liberali nostro, incredibili quodam pa-

triae sus amore tlagranli : qua fortasse cousumpta est, ut in melius excitaretur. Ssepe majori

fortunae locuni fecit injuria: mulla ceciderunt, ut altius surgerent et in majus In bac

quoquc urbe Terisimile est cerlaturos omnet esse ut majora cerlioraque, quam amisere, restituantur. Sint utinam diuturna , et melioribus auspiciis in sevuro iongius condita ! nani huic colonie ab origiue sua cenlesimus aunus est, aetas ne homini quidem extrema. A Piaaco deducta in banc frequentiam , loci opporluniiate convaluit : qua: tamen gravissimos casus iulra spaliuro human» perlulit senectutis. » (L. ÂMiiiBi SENCCiB Op. Lugd^-Baiav, , es oflicina Elseviriana, petit in-19 , Epislol. XCI, tome II , p. 325. )

I . Il est dilGcile , à de si grandes distances de temps , de recliercher les causes de l'incendie de Lyon. On a parlé , sans preuves, du feu du ciel irrité conlre les Lyonnais , d'un complot exécuté par la malveillance , etc. Pernetti explique à la fois Pincendie si complet et si subit de Lyon, et la chute des aqueducs, par un tremblement de terre et une éruption volcanique , mais il n'appuie cette opinion que sur des raisonuements sans la moindre probabilité. (Conjectures sur l'incendie de Lyon , 1761. Ms. de V Académie, n** 167.)

lOft 1*' SIÈCLE. — LYON SOUS NÉRON.

se trouvait sur le passage des armées; elle appelait les che& militaires dans ses murs, soit par ses richesses , soit par les forces qu'elle pouvait leur opposer ou mettre à leur disposition.

Cinq cohortes habitaieut {jugdunum; la légion syrienne , composée en grande partie de Juifs , s'y établit quelques années plus tard. Mais d'autres garnisons plus considérables , placées à peu de distance , assuraient la tranquillité de la Gaule , qui ne fut pas troublée sérieusement avant la révolte de Vindex contre Néron. Avide d'argent et toujours réduit aux expédients par ses prodigaUtés insensées, l'empereur avait frappé les Gaules d'impôts nouveaux : un vif mécontentement se manifesta dans les parovinces, et Vindex essaya d'en profiter. Lyon était dévoué à la causo de Néron ; les Allobroges de Vienne se déclarèrent pour le parti de l'iixsurrection : ils brisèrent les statues de l'empereur , et marchèrent au nombre de vingt miUe contre les Lyonnais qu'ils bloquèrent dans leur cité. Vindex et l'armée gauloise de çon parti se laissèrent battre auprès de Besançon par les soldats romains de Virginius ; Néron n'en tomba pas moins , renversé sous lepoids de ses crimes et de son incapacité. Digne d'une grande renommée tant qu'il fut homme privé, général habile, restaurateur de la discipline militaire , et bon administrateur des deniers publics , tant qu'il n'occupa qu'un rang secondaire , Galba parvenu au pouvoir souverain ne montra qu'une obstination inintelligeate, beaucoup d'avarice et une profonde impéritie. L'ardente inimitié des Lyonnais , obstinés dans leur amour pour Néron , lui avait suscité autant d'obstacles qu'elle avait pu*. Galba se vengea, mais le peu de durée de son règne ne lui permit pas de nuire à Lugdunum autant qu'il l'aurait désiré. Inquiet de la puissance des proconsuls et des propréteurs , ce prince augmenta le nombre des provinces transalpines et le porta à sept : Gaule Lyonnaise (mé* tropole Lyon); Gaule Viennoise (métropole Vienne); Gaule Narbonnaise (métropole Narbonne); l'Aquitaine (métropole Bourges); la Belgique (métropole Trêves); la province de Germanie (métropole Mayence) , et la province des Alpes (métropole Embrun). Deux compétiteurs se disputèrent à main armée la succession de

I . — « Undique atroces nantii , siuislra ex orbe famn ; infensa Lugffunensis coloDÎa , et , perliiiaci pro Nerone fide , secunda rumoribus. » (Tacite , Bisipr. lib. I, 52.)

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