‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 60 sur 262 · RIVALITÉ ENTRE LYON ET VIENNE. — 1^' 8IÉCLE · texte numérisé non relu

RIVALITÉ ENTRE LYON ET VIENNE. — 1^' 8IÉCLE

Galba ; leur querelle excita au plus haut degré raniPD(U>aité mutuelle des Vieaaois et des Lyonnais.

$ VI- Il existait entre Lyon et Vienne , dit Tacite *, une ancienne inimitié que la dernière guerre avait aigrie j ces villes s'étaient réciproquement désolées par des combats trop souvent renouvelés et trop acharnés , pour ne pas avoir d'autres motife que l'intérêt de Galba et de Néron, Galba avait profité de ses ressentiments contre Lyon pour en coi^squer tous les revenus; au contraire ^ il combla Vienne dlionneurs , et de là des rivalités, une jalousie et des haines qui n'avaient qu'un fleuve à firanchir pour se heurter. Les Lyonnais ne cessèrent d'exciter Valens et chacun de ses soldats en particufier , et de les poussa à la destruction de Vienne. Us représentaient qu'elle avait assiégé leur colonie, secouru Vindex, et levé depuis peu des légions pourk service de Galba. Après leur avoir suggéré des prétextes de haine, ils étalèrent la richesse du butin : bientôt ils ne se bornèrent plus à des exhortations secrètes, ils les conjurèrent publiquement de marcher à la vengeance et d'anéantir ce foyer de la guerre des Gaules , où tout était étranger et ennemi pour eux. Les Lyonnais, une colonie de Rome , une partie de Tannée , les compagnons in-

1 . — Voici le» paroles de Tacite t «Veterem iiiler LagdaDcoses VienDeosesque discordiam pro' ximum bellum accenderat, mullae iavicem clades, crebrius infestiusque , quam ut tanlum proptcr Neronem Galbaioque pogoaretur. Et Galba reditus LugduQeosiam , occasiooe ir» , in fiscum verleffat ; mol tus coitra i« Yienoeoses honor, «nde amvlatio» et invidia, et uoo aiae discreiis coooexum odium. Igitur Lugdunenses e^stimulare sîogalos militun , et io eversi«nem Vien* Deosiom impellère , obsessam ab illis coloniam suam , adjutos Viodicis conalas , conscriptas nuper legiones in praesidium Galbx refereiido , et ubi causas odiorum praeteoderant , magni tudinea praeds osteudebaat. Nec jam sécréta ei^rtatio , sed publtce preecs , irent ukores , cxscindereot sedem Gallici belli , cuncta ilUc exteroa et bosliUa : se colooiam romanam et parlem exercilus, et prosperarum adversarumque rerum socios ; si fortuna contra daret, iralis ne retinqucretur. » ( HUtoriarum lib. L)

Tacîle ne parle pas de toutes les causes qui rendaient ennemies Vienne et Lyon : la jalousie née de rémulation , et une rivalité de voisinage, n'expliqueraient pas une inimitié si ardente , et Tacbarnement des deux villes h 8*entre-détruire. Elles appartenaient à deux provinces différentes , Vienne à la Gaule Narbonnaîse , Lugdunum à la Gaule Lyonnaise , et ne se regardaient point comme faisant partie de la même natioe. Divisés d'intérêts , leurs mariniers avaient entre eux des querelles fréquentes ; toute relation de commerce entre elles était devenue presque impossible. Ce n'est pas tout , les habitants de Lyon descendaient en partie des Viennois chassés de leur pays par les Allobroges , et avaient conservé une rancune héréditaire contre leurs spoliateurs : les vainqueurs n'avaient point pardonné aux exilés , et les fils des vaincus cherchaient à se venger. Ces motifs paraissent plus naturels que celui dont Tacite a parlé.

Voyes Icf Not. et doetun d<r X. Périeoud, au i mars 1989, «1 octobre 1999.

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