‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 63 sur 262 · ENTRE ALBIN ET SÉVÈRE. 11^ SIÈCLE · texte numérisé non relu

ENTRE ALBIN ET SÉVÈRE. 11^ SIÈCLE

les hauteurs de Saint-Just , à l'Ouest le plateau de Graponne , et dans ce vaste espace des collines, des vallons, des marais , des bois , des ravins profonds. Le général qui saura faire un bon emploi du terrain aura de grands avantages sur son ennemi. Albin n*a point oublié les ruses de la guerre : ses légions de la Bretagne ont creusé , en avant du camp , des fosses et des tranchées que masquent des couches de claies , de broussailles et de terre ; leur ardeur est grande , et il y a parmi eux beaucoup de Lyonnais. Mais Sévère n'a pas une armée moins formidable ; à l'aile gauche sont les légions illyriennes, la cavalerie romaine est à l'aile droite ; Laetus et la cavalerie qu'il commande sont sur les derrières ; trois légions et six cents gardes composent la réserve , sous les ordres de Sévère dont le rapide regard embrasse tout le champ du combat.

Enfin, le signal est donné, et la bataille de Lyon a commencé. Albin attaque : son aile gauche est aux prises avec Taile droite de Sévère; elle plie et perd du terrain, mais l'aile droite est plus heureuse. Les archers gaulois lancent leurs javelots, et se retirent précipitamment : irrités par cette nuée de flèches dont les accable un ennemi qui fuit, les soldats de Sévère se précipitent en avant et la cavalerie les suit ; mais bientôt hommes et chevaux , arrivant sur le plancher perfide , tombent pêle-mêle dans les fosses qui gardent le front de bataille d'Albin ^ La seconde hgne est culbutée sur la première , et un désordre afireux enlève au soldat efirayé tout moyen de se défendre : les Gaulois tuent tout ce qui est tombé et tout ce qui se présente; une partie considérable de l'armée de Sévère s'abhne dans ces fatales tranchées. Sévère voit le danger , il accourt avec sa réserve pour le réparer : exhortations, menaces, prières, il emploie tout, mais sans succès, pour arrêter les fiiyards. C'est en vain qu'il les presse de retourner au combat; désespéré, il en tue plusieurs de sa main *. Cependant Albin poursuit son succès ; Sévère a un che-

1 . — « In hoc (umuitu , qui eranl inler vallem et fossas sagiuis telisque confossi concidobaiii. •• ( XiPHiLimrs (Joann.), E Dionc cxcerpls Historiée (grec el lai.). Excudehat FTeni-ic, Sieplianus, 1592, in-fol.)

2. — « Namque ubt jam in Galtiam Soveri copise perTcneranl , levés primo quaedam pugnae , quasiqae veliïares fueniol , donec poslremo apuJ Lugdunum , inagnam urbem atqiie

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