II*' SIÈCLE. — BATAILLE DE LYON
val tué SOUS lui : un péril imminent menace sa vie ; il se voit obligé , pour échapper' à une mort certaine , d'ôter sa cotte de mailles et de se dépouiller du paludamentum , manteau de pourpre , emblème de sa dignité de général. Cependant quelques prétoriens se rallient, l'un d'eux donne son cheval à Sévère, un autre replace sur les épaules de son chef la pourpre impériale souillée de boue et de sang , et recommence le combat.
L'habileté de quelques chefs rétablit la fortune sur divers points du vaste champ de bataille. Arrêtée dans son élan par une résistance obstinée , l'aile gauche d'Albin s'étonne , hésite , cède enfin , et se replie dans un grand désordre jusqu'au camp. Jusque-là spectateur impassible et suspect de la lutte , le général de la cavalerie de Sévère , Laetus , voit fléchir les Gaulois , et il se précipite aussitôt au secours du vainqueur. Ses escadrons attaquent en flanc l'aile d'Albin , et leur impétuosité est si grande que rien ne leur résiste : tout le champ de bataille n'est bientôt qu'un théâtre de carnage. Versé à flots, le sang coule en longs ruisseaux jusqu'aux rives des fleuves. Albin , vaincu , ftdt sa retraite sur Lyon * ; poursuivi de près , il s'enferme dans une maison qu'environnent bientôt des soldats de l'armée victorieuse: un instant encore, et le malheureux général est prisonnier; pour échapper à ce danger, Albin se tue. Une victoire chèrement achetée, mais complète, livre l'empire du monde à son rival. ^
La joie de Sévère fiit égale au danger qu'il avait couru, et sa cruauté d'autant plus grande qu'aucune crainte ne la contenait: il contraignit son cheval à passer sur le cadavre de son ennemi ,
opulentam , praelium in manibus fuit. Nam cum le mœnibus (enuisset Albioi exercitos t efasit io pugnam Sevcriani magoa 8lragc édita ; ad urbem perveneruot , direptum mox ioceDsumque Lugdunum. Albino capul abscissum , periatumque ad Severum est. » (Hbromanus , Historiamm iibr. Ylll (lib. TU, 7, 15); ad cod. Venelum a se excassum recognovît Im. Bekkcraa. SeroUni, Beimert 1826, in-8®.)
1. — « Albinus fugit, et, ul mulli dicuot, se ipse pcrcussît , ut alîi , a servo sao percassus, semiviYus ad SeTerum deductus est. Unde confirmatuni est augurium, qtiod fuerat aote prsedictum. Muiti praslerea dicuDt , a milîlibus qui ejus nece a Severo gratiam requirebant. n (Capitolirds, in Âlbino, cap. ix). — « Deinde Albini corpore allato, peue seminecis caput abscindi jussit. » (Spartianus , cap. ii.)
2. — Cette bataille aurait eu lieu en 196 , selon Onuphre et Casaubon ; en 198, selon le pércPetau. Tillemonl et les meilleurs chronologisles la rapportent à Tannée 197.