ENTRE ALBIN ET SÉVÈRE. — II® 6IÉGLE
puis fit couper la tète d'Albin qu'il envoya à Rome ; sa barbarie ne respecta pas la femme et les enfants innocents du vaincu , il les fit massacrer. Son premier soin fiit de faire la recherche des lettres qu* Albin avait reçues pendant son séjour à Lyon ; elles devinrent des listes de proscription : tous les sénateurs de Rome qui avaient témoigné quelque sympathie pour la cause de son rival périrent égorgés par son ordre ' . Lyon qui avait si bien servi Albin , Lyon dont ce général avait fait sa place forte , ne pouvait être épargné.
Sévère traita cette ville sans pitié , il fit passer ses habitants au fil deVépée: femmes, enfants, vieillards, ceux qui demandaient grâce comme ceux qui avaient osé se défendre , périrent en grand nombre. Vengé de ce qui vivait. Sévère s'acharna sur les muraUles : après avoir mis Lyon au pillage et donné à ses soldats les biens des Lyonnais, il fit démoUr et raser la ville. Tous les moyens de destruction , le fer , 'la sape et la flammé furent employés pour l'anéantissement de la cité rebelle j Sévère fit un pâturage du sol qu'elle avait couvert 2, et ne respecta que le temple d^Auguste.
1. — « Denique, quum apud Lugdunum eumdem ( Albioum ) interfecissel , statim liUcras inquiri jossit , ita ut ioveoiret Tel ad quos ipse scripftisset , Tel qui ad eum rescripsisseut : omnesqoe illot quoram epistolas reperit , hostes judicari a seuatu fecil ; nec liis pepcrcil , sed et ipsos ioteremit , et bona eorum proscripsit atque in aBrarium pnblicum relulit. » (Ju- Liua Capitoliiics , Alhinus. Historias Augustas scriptores VI (édition vorion/m). Lvgdtmi- Batavorum, i^Qif io-S^ p. 400.)
2. —Une inscription fort curieuse se rapporte à la défaite d'Albin par Sérèrc; elle a été expliquée et commentée par Antoine Mongez dans un Mémoire lu, eu 1805; h la troisième classe de rinstitut (I). On la lit sur un autel carré de 1 mètre 631 mill. de haut , et de 86 centim. 62mill. de large, trouré sous le sol en 1780 dans la rue Sainte-Calberine, près de la place des Terreaux. Titus-FlaTius-Secundus Pbilippianus consacra cet autel pour rendre gr&ces aux dieux de la défaite d*Albiu et de la soumission du Lyonnais à Sévère. Philippianus exprime sa joie au sujet de la répression de la révolte j et élève un monument pour célébrer le retour de l'esprit de soumission et de paix : noNiB menti ac rbdvci fortvjdb reduidita et svscepta raovmaA. La mort d'Albin a eu lieu fau t97; Mongez pense cependant , d'après des conjectures assez plausibles , que l'iuscriplion a été gravée dans l'une des années 209, 210 et 211. Cette inscription parait être la seule du haut empire (Mongez écrivait en 1805) sur laquelle •oient inscrits trois augures. Les sigles G. I. {Clarissimus javenis) paraissaient ici pour la seconde fois ; enfin, Mongez présente comme très remarquable l'expression eoSiC mesti (au bon esprit).
(1) Mémoire sur une inscription trouvée & Lyon , cbives historiques et statistiques «lu département du gravée par Philippianus , en mémoire de la soumis- Rhône, tome II. p. Bl.) HoQ de eelte ville ft l'empereur Septimc-Sévére. (Ar-