‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 66 sur 262 · II* SIÊGLB. BATAILLE DE LYON · texte numérisé non relu

II* SIÊGLB. BATAILLE DE LYON

Des monuments authentiques de cette bataille sont parvenus jusqu'à nous ; on a trouvé dans les environs du champ de bataiUe des monnaies à l'effigie d'Albin , enfouies en grande quantité , des autels dédiés pour le salut de Sévère, et des inscriptions en l'honneur du vainqueur. Des armes qui appartenaient à cette époque , des débris de casques et des ossements encore reconnaissablés , ont été exhumés à peu de distance et paraissent avoir appartenu à quelques-uns des combattants. Grand nombre de familles lyonnaises cachèrent leurs trésors pour échapper à la confiscation , et le temps a mis à découvert quelques-unes de ces richesses, aujourd'hui l'ornement de nos musées, *

f . — On a découvert dans la DaupbÏDé, à Mejzieu, une graude quaulilé de monnaies d'Albin, qui avaienl probablement appartenu à Tun des 'fuyards. Un autel dédié par Pompeianut, tribun militaire , aux déesses Ausoniennes, pour le salut de Sévère et de ses fils , a supporté longtemps un bangar dans le domaine de Royes, près de Fontaines. L'inscription du village d'Albigny remerciait Jupiter d'une victoire remporlée par Albin sur Sévère ( ou plutôt sur Lupus). On a déterré, en 1780, sur la place des Terreaux , un autel dont 1* inscription rappelait la victoire de Sévère et la soumission de la ^Province lyonnaise ; nous venons d'en parier d'après Mongez. Des squelettes trouvés à Saint-Didier, avec des fragments de casques, de boucliers et d'armes romaines de la fm du deuxième siècle, out paru être ceux de soldats de Sévère ou d'Albin.

Mais aucune de ces découvertes n'a excité autant d'intérêt que celle d'un assortiment complet de bijoux d'une dame romaine , faite, en ISil, sur le pencbant de la colline de Fourvière, dans le clos de l'ancien couvent des Lazaristes , appartenant aujourd'bui aux Frères de la Doctrine cbrétienne. Ces religieux, en faisant creuser des fondations , ont découvert plusieurs murs d'origine romaine. Sur le parement oriental de l'une de ces murailles antiques on a trouvé une cavité dans laquelle étaient entassés les objets suivants : une paire de bracelets en or , formés d'une forte tige simulant une corde, et ornés d'une médaille à l'effigie <le Commode ; une autre paire de bracelets en or , composés d'une bande ondulée , et décorés d'une tète de Crispine en relief; une troisième paire de bracelets en or dont la tige représente une corde à deux brins , ayant un nœud pour ornement ; un seul bracelet en or , formé d'une tige cylindrique , dont chaque extrémité plus mince s'entortille autour de la iige principale -, deux bagues en or, l'une ornée de trois émeraudes , la deuxième portant l'inscription suivante gravée en creux : veneri et tvtel£ votvh...; quatre petits anneaux ou coulants d'or à lame mince sur laquelle est gravée une palme en creux ; trois paires de boucles d'oreilles en or , décorées de pierres fines ; un collier en or , orné de cylindres renflés en lapis-lazuli ; un autre collier orné de saphirs ; un collier composé de petites boules éparses en or ; deux colliers en améthystes montés sur or ; cinq à six rangs de petites chaînettes en or et pierres fines formant un réseau ; enfin, une foule de débris en or et en pierres fines déj^ndaut de ces bijoux, ou ayant appartenu à d'autres parures. On a recueilli, avec ces bijoux, plusieurs centaines de médailles en argent , depuis le régne de Vespasien jusqu'à celui de Sévère ; plus , deux médailles de Néron et un quinaire de Commode, en or.

H. Comarmond pense que les bijoux qui composaient cet ccrin ont été faits pendant le règne de Commode , et enfouis sous celui de Sévère. (Comarmomd i^^*) , Description de l'écrip d'une dame romaine, trouvé à Lyon en 1841. Lyon , 1844, in-4*^, fig,)

Lyon s'était relevé, florissant et plein de vigueur, de Tincendie qui l'avait renversé cent années auparavant : peu d'années lui avaient suflB, sous un gouvernement bienveillant et fort, pour rebâtir ses maisons détruites ; mais il n'en fut pas de même cette fois, et les traces profondes de la barbarie de Sévère subsistèrent pendant plusieurs siècles. Déshérité de la bienveillance de l'empereur , et d'ailleurs complètement ruiné , Lyon , à la fin du deuxième siècle, cessa d'être la métropole des Gaules. Il n'était pas au pouvoir des hommes de faire, pour toujours, un désert d'un emplacement que sa position , au confluent de deux fleuves , appelait à être une ville. Que leurs matériaux fussent du bois , de la terre séchée au soleil ou de la pierre , les maisons de Lyon devaient nécessairement renaître , et c'est ce qui eut lieu en eflèt. Mais la vUle magnifique disparut pour un long âge; ses marbres, 3es portiques , ses palais ne furent point relevés , et le chaume remplaça ses toits splendides. Rayé , en quelque sorte, de la carte politique sous des empereurs éphémères qui avaient bien autre chose à faire que de s'occuper des provinces, Lyon, .cependant, entra aussitôt dans une autre carrière d'illustration, et devint plus célèbre par la puissance morale du christianisme qu'il ne l'avait été sous les empereurs par la magnificence de ses édifices. *

1 — La bataille de Lyoo , eolre les armées d'Albio et de Sévère , a été le sujet de vives coolroverses ; il y a eu plusieurs opinions sur le lieu précis qu'occupa le champ de bataille.

Paradin et M. l'abbé Jolibois , dont j*ai adopté l'opinion après un mûr examen , veulent qu'elle ait été donnée aux portes mêmes de Lyon , et non loin de Sainl-Just. Rubys la place daos la plaine de Saint-Fonds; Sainl<-\ubin la transporte aux environs de Tournus, et confond, comme a fait le père Chifflet, deux batailles successives. Menestrier, et après lui tous les iiistoriens de Ljon , mettent les deux armées aux prises au nord de Ljon , à^peu de distance de cette ville, sur le plateau bressan qui sépare les deux fleuves et non loin du lieu où fut bAti Trévoux.

Mais ce plateau a une superficie de plusieurs myriamètres ; dans quel lieu la bataille fut-elle livrée ? est-ce au-dessus de Trévoux , dans la plaine de Garnerans ( c'est fopinion la plus générale) ? est-ce à Mont-Tribloud, ou dans la plaine de Koyes? Un passage de Dion, commenté par Ozanam , parait résoudre la difûculté : « Le sang , dit Tbistorien , coula jusqu'aux fleures. » II faut donc que la bataille ait été donnée entre le fleuve et la rivière, et sur un point où la distance du Rhône à la Saône était peu considérable. Impossible d'admettre cette circonstance remarquable, si la mêlée a eu lieu dans la plaine de Garnerans ; il y a deux kilomètres de ce point à la Saône , et le Rhône en est éloigné de deux myriamèlres. Il faut donc absolument , selon Ozanam, que la bataille ait eu lieu dans cette vallée qui descend à l'ouest vers la Saône , depuis le viUage de Satbonay jusqu'au village de Fontaines d'une part , et d'autre part , à l'est , vers le Rhône , au-delà du ch&teau de la Pape : aucune autre vallée n'a

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