B. THÉÂTRE, AMPHITHÉÂTRE, FORUM DE TRAJAN , PALAIS IMPÉRIAL
MAISONS PARTICULIÈRES. M ais Ics voics Tomaiues n'étaient pas les seuls monuments dont Fempereur et son gendre décorèrent Lugduuum : cette ville avait encore des palais, un théâtre , des bains publics , une naumachie , de grandes citernes , constructions splendides dont il reste à peine quelques débris.
On a confondu souvent les ruines de Fanciea théâtre avec celles d'un amplùthéâtre : ces monuments n'avaient cependant pas la même destination. C'est dans l'amphithéâtre qu'avaient lieu les combats de gladiateurs, et c'est sur le théâtre que se donnaient les représentations scéniques. Les ruines qu'on a trouvées dans l'ancien clos des Minimes sont évidemment celles d'un théâtre : l'hémicycle avait soixante-un mètres de longueur et soixantedouze mètres de circonférence. Il était placé à peu de distance du palais impérial; Menestrier en a figuré le plan, mais ne Fa point décrit La figure que Spon a donnée de ce monument est fort confuse. MiUin a parlé de firagments de portiques qui subsistent encore : ces débris étaient beaucoup plus considérables ; mais , au grand désespoir d'Oberlin, les anciens religieux les ont employés à diverses constructions. Aujourd'hui le lierre revêt la paroi de la muraille elliptique; toutefois on distingue encore des firagments de voûtes et d'escaliers, ainsi que Femplacement des gradins qui étaient vraisemblablement en bois. ^
1. — ArUad a yu dans le sol du ihéàlre des Minimes des débris de marbres précieux et det teMéref d^hroire ou billets de spectacle , numérotés et sculptés de manière à indiquer des jeu seéuiques; c'est auprès de ces mêmes vestiges qu'il a découvert le taurobole de Commode. Des touilles faites dans le même lieu montrèrent des massifs de gradins , des escaliers latéraux, et les traces d'une colonnade recouverte que M. Chenavard , professeur i l'Ecole des beaux-arts , compare à celle du théâtre de Taormina en Sicile. M. Chenavard a donné le plan restauré de ce monument. La scène était fixe, et disposée de telle sorte qu'on pouvait voir, à travers les décors, des Qottilles passer sur la Saône. L'emplacement général de ce vaste édifice s'aperçoit encore dans le mouvement de la colline demi-cnrculaire qui forme les propriétés de M. Donat, de M. Rival et de Mad. Harduel. On a trouvé chez cette dame , en minant un terrain dans la partie qui regarde le midi , un pavé de mosaïque grossière, des morceaux de marbre , des fragments de vases sigillés , et quantité de débris de conslraclions romaines. {Lyon souteirain , p. 9.)
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Les Romains avaient construit sur divers points de la colline deFourvièrede vastes et solides citernes, dont quelques-^ines ont été retrouvées dans un parfait état de conservation ; c'est sur la foi d'apparences sans réalité qu'on a dit que l'une -d'elles contenait du vin. *
Une naumachie existait sur remplacement de la partie supérieure du Jardin-des-Plantes : des fouilles trop tôt interrompues la mirent presque entièrement à découvert de 1818 à 1822. Il y avait un remblai de cinq mètres au-dessus de cette arène de forme elliptique , dont le grand axe était d'environ quarante mètres , et le petit axe de vingt. 2
Lugdunum posséda successivement deux palais impériaux, bâtis, le plus ancien , sur le plateau de Fourvière , et l'autre sur l'emplacement de l'Antiquaille. Le palais impérial de Fourvière était orné de portiques, de statues et de jardins magnifiques : tout le luxe des maîtres du monde se retrouvait dans cet édifice, dont il n'est resté que quelques fragments de murs construits pour soutenir les terrains. On ne le releva pas de ses ruines; Lyon, it la fin du deuxième siècle, avait perdu la bienveillance impériale, et dut s'estimer heureux de conserver d'autres monuments qui lui étaient plus utiles qu'un palais abandonné. '
1 . <» La couleur rougeÂtre du ciment qui revêt la paroi intérieure do l*uoe de ces citernes, a fait croire qu'elle servait à conserver du vin : fondée sur de vagues conjectures , cette opinion n'a pas résisté à l'examen. M. Mongez a fait analyser des fragments de ce ciment rouge par d'Arcct , qui n'y a pas trouvé an atome de tartrite de potasse. D'autres considérations éloignent la supposition qu'on ait jamais renfermé du vin dans cet immeose réservoir.
Monc». Mémoire tnr nni; citeroe antique d« Tancien cooTenl de l'Aniiquaille,' à Ljon « appelée Coiuerve de vin (1809). {Mss. de P Académie.)
2. — L*existence d'une naumachie a été démontrée par les fouilles que l'administration municipale fit entreprendre en 1818; Artaud a reconnu la bouche d'un canal qui traversait le jardin de l'Oratoire, et amenait les eaux dans le bassin. A sept mètres environ plus bas , dans ce même réservoir, sur le sol garni de deux rangs de carreaux , le savant antiquaire a remarqué , du Nord à l*Est , un canal plus petit qui avait dû recevoir jadis toutes les sources des environs de la Croix-Rousse , et un émissoire formant un troisième canal qui se rendait sans doute dans celui des Terreaux. Ces fouilles mirent au jour grand nombre de médailles , et surtout des inscriptions relatives aux députés gaulois qui avaient leurs places désignées dans cet amphithéâtre I dont le pourtour était vraisemblablement voî^é. (Lyon sotUerraùt, p. 79.)
5. — Adamoli pensait que le palais impérial des Césars occupait primitivement tout le plateau de Fourvière ; Artaud croyait qu'en outre il s'étendait sur le versant oriental. Voici
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Aucun ne lui importait davantage que le beau forum dont il était redevable à Trajan : c'est là que se tenaient ses marchés et ses foires ; c'est là que se traitaient les affaires commerciales de la Gaule. Il y avait beaucoup d'analogie entre la destination de ce monument et celle des bourses dans les grandes villes industrielles de l'Europe ; tout'porte à croire que le forum de Lyon avait été construit à Timitation de celui de Rome : c'était une vaste place entourée de portiques et d'un aspect majestueux K On
ce que racoote Adamoli : « J'étais présent lorsque M. Duporl Ht miner sa maison de campagne i Fourrière , pour planter des tilleuls sur une terrasse : il y trouva des murs et des ▼oàtes qui font une partie des fondements de ce palais , qui embrassent toute la place de Founriére jusqu'à la maison de H. Olivier. Au bout de cette terrasse est un reste de ces murs hors de terre , épais de plus de quatre pieds, construits en pierre de roche de Pierre- Scise , mêlée de grosses briques de trois pouces d'épaisseur. On trouva dans cette fouillo plusieurs pièces de monnaie à Teffigie de l'empereur Claude , des dieui pénates de pierre rousse tous mutilés , des lampes sépulcrales , et une fourchette d'argent à deux pointes dont le manche représentait un satyre bien travaillé » etc. » Adamoli a voulu parler de la maison actuelle de la Providence » ainsi que des restes d'un palais et du château d'eau. Lorsqu'on creusa, à Fourvière , les fondations du pavillon de l'abbé Caille, on reconnut une plate-forme soutenue par d'énormes piliers qui formaient des galeries souterraines. On remarquait , an niveau du sol , les restes d'une muraille très épaisse , qui avait dû faire partie d'un palais considérable contigu aux ruineâ du chÂteau d'eau , assis sur des voûtes qu'on retrouve encore dans le pavillon Bilbn. Selon Artaud , Auguste a fondé le premier palais impérial qui comprenait une partie de la hauteur du coteau de Fourviére jusqu'au-dessus de l'Anliquaille. Tout près de ce palais étaient les thermes , le forum et le théâtre : les théâtres étaient placés toujours il proximité des palais impériaux. C'est vis-à-vis de la partie méridionale du forum, et au-dessus du théâtre, qu'on découvrit, en 1705 , le taurobole d'Antonin , et deux aqueducs souterrains allant , après s'être croisés , l'un à l'Antiquaille , l'autre vers le théâtre des Minimes. (Lyon soHtêrrain , p. 7.)
Uo second palais impérial fut bâti , plus tard , au-dessous du premier et sur un emplace. ment prolongé jusqu'à la rue du Gourguillon , au lieu qu'occupe aujourd'hui l'hospice de PAntiquaille ; il était séparé de l'autre par la voie de Narboone. Sévère a-t-il habité ce second palais , ainsi que l'affirme Menestrier? Cet édifice a-t-il été la demeure de Sidoine Apollinaire et des autres préfets du prétoire , comme le veut Brosset^e ? Le fait est possible , mais rien ne le prouve.
Le sol où fut jadis le palais de l'Antiquaille est très riche en antiquités : on y découvrit , au temps de Spon, quantité de fûts de colonnes en marbre et en pierre blanche, des chapiteaux, des briques portant le nom de Sévère , etc. C'est dans le même Heu qu'existe la conserve d*eau, voûtée, de trente-trois mètres de longueur, qu'on a prise longtemps pour une conserve de vin. Plus tard on a mis au jour , à cinquante mètres de la muraille et à moins d'un mètre de profondeur , l'enceinta d'une salle de bains à quatorze places , entourée de petites colonnes de marbre gris. C'est à deux mètres de distance qu'on a déterré un autel consacré à Jupiter Dépulseur , et une statuette de soixante-quatre centimètres de hauteur qui représentait la déesse Copia. De longs aqueducs souterrains, de construction évidemment antique, traversent le sol de l'Antiquaille sur divers points.
i . — Lorsqu'on a fondé le nouveau bâtiment de la Providence sur la place de Fourviére .
n'a, da reste, aucun renseignement sur son architecture. Ce forum échappa aux causes de destruction qui firent disparaître la ville de la surface du sol; il subsistait encore au temps de Ghaiies-le- Chauve , et c'est par sa ruine qu'on a connu son existence. Le vieux chroniqueur qui l'a racontée, parle de ce monument comme d'un ouvrage mémorable et insigne. C'est en 840 que les portiques et les murailles s'écroulèrent ; leurs débris servirent à bâtir les églises de St-Jean et de Fourvière. On reconnaît encore dans les soubassements de la façade de l'une , et dans le portail de l'autre , de gros quartiers de choin antique et des fragments d'inscriptions à demi-effacées qui ont appartenu au forum.^
Puisque le vieux Lugdunum avait , à l'exemple de Rome , un théâtre, des thermes, des aqueducs, un palais impérial et des temples , il devait nécessairement posséder aussi quelques-uns de ces monuments si utiles qui ont immortalisé le régne de Tarquin l'Ancien, c'est-à-dire des égouts. Sa situation sur une colline aux
Artaud a remarqué de gros cabes ou assises de pierre qui lui ont paru appartenir i l'extréoiité de la face occidentale du forum ; on reconnaît , selon lui , la partie orientale de l'emplacemest de ce vaste édifice à la gauche de la montée de Fourvière , Ters la me du Juge-de-PaU. La partie méridionale du forum , qu'on a prise pour celle d'un palais , se recomatt aisémeat du côté du midi , mais on reconnaît encore mieux le mur de soutènement dans le jardin de la maison Roland. Cette grande muraille a cinquante-trois métrés environ de longueur et quinte mètres de hauteur , sur cinq mètres à peu près d'épaisseur ; des voAtes ajoutaieDt i sa solidité. Son massif est en moellons de roche ; on y voit des ceintures de briques et des trous carrés pour les échafaudages de construction. Ce grand mur de terrasse a , de distanœ eu distance , des contreforts à moitié démolis , ainsi qu'un retour fort épais à sa gauche : il paratt qu'il se liait avec quelque autre monument, sans doute avec les aqueducs et les dépendances du théâtre. Ces hautes murailles soutiennent le devant d'un plateau régulier qui a deux oaais pas de long «ur quatre-vingts de large , sans compter l'emplacement acinel de Fourrière. La vue , au travers des colonnades du forum , était magnifique. En creusant les fondations de l'Observatoire , tour carrée placée à cèté de l'église de Fourvière , on a trouvé de gros blocs de pierre » des marbres , des fragments de statue , et des tronçons de colonnes ea pierre revêtus d'un marbre cannelé apnt deux mètres de diamètre , ce qui suppose oœ hauteur de vingt mètres. Nul doute (selon Artaud) que ce ne fàt \h, sur la terrasse occidentale du forum, en 7 comprenant l'église actuelle , qu'était établi le temple principal de Lugdunum. (AtTAiiD (F.), Lyon t souterrain , Mss. in-fol.» p. 4.)
1..-« Hoc anno (840) memorabile ac insigne opus, quod Forum Vêtus vocabatnr, Lugduni corruit , eo ipso die intrantis autumni, quod steterat a tempore Trajani imperatoris per anuos fere septingentos. » (^'ova BUtliotheca manitscriptontm Labboti ; ex Chronica sancti Benigni Divionensis, t. I, Mss., p. 293.-7- /?tfaiet7 des hisiorieits des Gaules et de la France, ni-fol., tome VI I p. 212). La Chronique de Vézelay raconte l'écroulement du forum deTrajan dans les mémos termes.