PALAIS IMPÉRIAL. — II^-III® SIÈCLES
versants escarpés les lai rendait cependant peu nécessaires; la pente très considérable de ses mes assurait un écoulement facile aux eaux pluviales K Des égouts , cependant, avaient été construits sur d'autres points, par exemple, sur la côte St-Sébastien. On voyait encore en IS^iO , dans la rue du Commerce , un souterrain d'un mètre cinquante-sept centimètres de largeur et de deux mètres trente-un centimètres de hauteur : il était enfermé dans un massif épais de maçonnerie , et pavé en briques. Menestrier Fa connu; Artaud pensait qu'il servait de réservoir ou d'aqueduc à la naumachie du Jardin-des-Plantes. Alexandre Flachéron est d'un autre avis : il s'est assuré que sa pente n'était point du côté du Rhône ( opinion avancée par Cochard). Le conduit avait une direction diamétralement opposée à celle qu'il aurait dû présenter s'il avait servi à verser les eaux nécessaires aux jeux nautiques : selon Flachéron, ce souterrain était un ancien égout bu cloaque ; mais d'autres travaux , bien autrement importants, ont immortalisé, à Lyon, l'architecture romaine.
U y avait à Fourvière , au temps des Antonins, sur l'emplacement de la belle propriété qu'on nomme la Serra, un somptueux édifice : on y a trouvé des restes de constructions antiques , des aqueducs souterrains, des tronçons de colonnes de brèche violette , une tète colossale d'empereur couronnée de chêne , une médaille d'Auguste en or dont le revers est fort rare, des moules de médailles du temps des Anlonins, des pierres incises, des sigillées > des poteries, etc. Tout le sol du plateau de Fourvière recèle des débris de monuments antiques; on en a extrait, près du pavillon qui se trouve à l'extrémité des aqueducs , un camée de calcédoine saphirine à l'efiSgie de l'empereur Claude , et non loin de Pancien couvent des Minimes, une cuve de porphyre , un buste de Vespa-
^' — Cependant les Romains n'avaient pas compté cnlièremenl sur la grande inclinaison du ▼ersant orieotal de la colline de Fourvière , ponr l'écoulement des eanx ménagères et des eaux pluviales ; ils construisirent des cloaques ou égouts d'une très grande étendue. Il y en avait trois auprès du palais de l'Anliquaille , placés les uns à côté des autres et dirigés dans le sens de l'Ouest à l'Est ; un cloaque construit en pente , dans le sens de la colline , les recevait tous trois et allait se rendre dans la Saône, vers l'église St -George. Artaud a remarqué un autre canal bâti eu briques , dans la direction du Chemin-Neuf , et qui se terminai^ vraisemblablement vers la place du Change.
sien en marbre , une inscription , et une enseigne militaire dont le cadre est en ardoise et le médaillon en marbre. *
Mais toute cette multitude d'objets d'art antiques , si curieux pour l'érudit et l'archéologue, n'a pas l'importance d'autres ruines d'un ordre infiniment plus grandiose dont il est temps de parler.
C. AQUEDUCS. De toutes les ruines des monuments anciens qui existent encore sur le sol lyonnais , les plus originales et les plus remarquées sont celles des aqueducs. Disséminés sur un vaste terrain, épars tantôt au fond des vallons, tantôt au sommet des plateaux, mutilés enfin soit par l'action corrosive du temps , soit par la main plus destructive encore des hommes , ces vénérables débris parlent puissamment à l'imagination, en même temps qu'ils jettent sur le paysage un agrément indéfinissable. La pensée se complaît à reconstituer, dans son état primitif, cette longue suite de canaux, et s'arrête effrayée devant l'immensité de l'œuvre. Elle se repré-
i . — L'église St-Irénce el ses aleutours ont clé longtemps très riches eu antiquités, qui ont été récemment transportées au Palais des Arts par les soins de M. Terme. On a trouvé , eu creusant dans la cour de cette basilique , une multitude de tombes assises les unes sur les autres , des sarcophages en marbre sculpté , des cippes et un grand nombre d'inscriptions antiques. « S'il Tant en croire un ouvrier qui a été employé à ces fouilles , dit Artaud , on a « laissé, sous terre , h dix pieds de profondeur, dans uu endroit qu'il nous a désigné, un « tombeau de marbre orné tout autour de quantité de Ggures. Avant que les Calvinistes eus- M sent détruit la partie de l'ancienne église qu'occupait la cour actuelle, il existait dans celte « enceinte quelques tombeaux antiques fort précieux ; il serait possible que celui qu'on nous « a signalé fût un de ceux-ci. Celui de St>Iréuée était dans le môme local. La vérité est qu'un <• des fabriciens les plus influents^ qui est mort depuis , s'est plu à soustraire plusieurs mono- « ments antiques... , d^ns la crainte d'être obligé de les céder au Musée. » (AtTiCD , Lyon souterrain , p. 34.)
M. Terme a rois fin à celle résistance peu raisonnèe : le beau sarcophage a été exhumé, et placé au Musée.
On a découvert une grande quantité d'objets antiques dans le sol des collines de Saint- Laurent et de Choulau ; des coffres de plomb, dont l'un contenait des vases et un squelette qui avait dans l'orbite de l'œil droit une médaille à l'effigie de Probus; des inscriptions , des lampes d'argile , des amphores. Un jardinier a rencontré dans son clos , sur la hauteur du petit chemin de Choulan , une vasle piscine ou conserve d'eau d'une construction et d'une conservation parfaites. On a trouvé dans un jardin , à côté de l'église Saint-Irénée , sous le Calvaire , une hypogée ou chambre sépulcrale voûtée à plein cintre, de cinq mètres en carré et de trois mètres quarante-sept centimètres de hauteur : tout le terrain de ces collines recèle de précieux débris de l'antiquité. Il est impossible de reproduire ici, même sommairement , l'inventaire fort long et quelque peu fastidieux qu'a dressé Artaud des découvertes de ce genre qui ont été faites à Champveri , à Chaponosl , aux Massues , à Francheville , à Irigny , à Saintc-Colombe, et sur le sol même de la ville , dans les terrains du Verbe-Incarné, du cimetière de Loyasse , de la maison Pilata , de Sainte-Maric-des-Cliatnes , et surtout d'Ainay: j'ai dû me borner à l'indication des faits principaux.
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sente ces profonds roisseaux qui , après avoir coulé sur un lit artificiel, tantôt enfoncé dans le sol, tantôt suspendu au milieu des airs , au travers des monts , des forêts et des vallées , venaient jaillir, à flots pressés^ auprès des somptueux monuments que renfermait Fenceinte de Lugdunum. On trouve la preuve de la magnificence de cette antique ville, dans l'imposante et gracieuse architecture des conduits qui allaient chercher, à de si grandes distances, Feau dont elle avait besoin. Des constructions si gigantesques , et cependant si gracieuses , n'ont pu. évidemment être élevées que pour le service d'une cité du premier ordre.
Aucun des monuments publics, bâtis par les Romains, n'a plus d'importance et de grandiose que les aqueducs de Lyon , et cependant les anciens historiens n'en parlent pas ; nul écrivain latin ne les cite. Ils ont nécessairement excité beaucoup Fadmiration des générations contemporaines , et toutefois elles n'ont consigné leurs impressions nulle part : on ne rencontre des renseignements de quelque étendue sur ces chefs-d'œuvre de l'hydraulique que dans des ouvrages presque modernes. Colonia et Menestrier les ont décrits, mais avec peu d'exactitude; ni Fun ni l'autre de ces savants jésuites ne les a étudiés surplace et dans leur ensemble; tous deux ont enfin tenu trop de compte de traditions vagues et de conjectures fondées sur Fexamen de tronçons isolés. Venu plus d'un demi-siècle après eux, Delorme fit un examen consciencieux des lignes diverses de nos aqueducs : il lut sur ce sujet en 1759 , à l'Académie des sciences de Lyon , un mémoire dont quelques erreurs affaibhssent peu l'intérêt ', Ce judicieux observateur, éclairé par de nouvelles explorations, fit ultérieurement à la même Société savante , sur ces conduits , des lectures dont le souvenir seul est resté 2 : on n'a pas retrouvé son manuscrit. C'est en exploitant le travail de Delorme et les ouvrages de Me-
1. — Dblormi. Reclierdies sur les aqueducs de Lyon , lues daos les séances de l'Acadcniie des 29 mai et 5 juio 1759. Lyon, Aimé Delaroche, 1760 , in-12.
S. — Artaud cependant avait retrouvé la (race du travail de, Delorme : les dessius destinés à eoricbir la seconde édition des Recherches sur les aqMdtics étaient en la possession d'une religieuse, fille de Parchitecte Boulard; elle ne voulut jamais s'en dessaisir» et les refusa même 4 Tintervenlion de l'administration municipale. Notre savant antiquaire se pro- |K}8ait de refondre le travail de Delorme , mais il n'est resté de son projet que le souvenir de quelques lectures faites par ce savant à l'Académie,
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nestrier, de Spon et de Golonia , que les historiens modernes de Lyon ont écrit leur article sur les aqueducs; ils n'ont rien ajouté, si ce n'est un petit nombre de rectifications. Artaud a signalé quelc[ues faits de détails, et Cochard a décrit avec plus de soins qu'on ne Favait fait ayant lui Taqueduc de la Breyenne. En 183& , un concours ouyert par FÂcadémie donna le signal d'inyestigations plus complètes et plus heureuses : M. de Gasparinfils étudia sur les lieux le plus important de ces trayaux hydrauliques ; Hippolyle Leymarie publia une description sommaire , mais très exacte , des diyers aqueducs * ; et Alexandre Flachéron , non moins judicieux , écriyit sur ces monuments un ouyrage qui fait autant d'honneur à sa sagacité comme archéologue qu'à ses connaissances comme architecte. M. Terme a repris cette étude en 18^&, et examiné, en esprit positif, la question de la reconstruction de l'aqueduc du Gier pour amener à Lyon de bonnes eaux potables.
Considérés d'une manière générale , les aqueducs sont des lignes de canaux qui allaient chercher l'eau nécessaire aux besoins de la yille de Lyon, ceux-ci au Mont-d'Or, ceux-là dans le bassin de la Breyenne , et d'autres encore au pied du mont Pilât. Us n'ont pas été construits dans le même temps , et l'on obserye dans les procédés de leur exécution des différences dignes de remarque. Tous sont établis sur cette donnée , que le sol au point de la prise d'eau a une élévation supérieure à celle du terrain au point d'arriyée de l'eau des sources ou ruisseaux ainsi dérivés. Un aqueduc est un conduit artificiel dont les deux extrémités aboutissent, l'une à une eau courante , l'autre à un réservoir ^ et auquel on a ménagé une pente suffisante pour que l'eau , n'obéissant qu'aux lois de l'hydraulique , puisse le parcourir en liberté.
Rien n'est plus facile que l'exécution d'un semblable travail sur une plaine continue; mais, dans l'application, les difficultés surgissent de toutes parts , alors même qu'on a rencontré des eaux
1. — LiTHAiw {Hippofyu). Lyon «neien et moderne («rt. Açueducé)^ tome I*', page IStf.
Di PiRioon. Lettres rar l'hbtoire «ncienne de Lyon. Besançon , 1818, in>l*, p. f88.
Cociiftft. Deêcriptioft hUtori^e de Lyon. i817.
FiAcaiBOB {Alexandre). Mémoire sur trois toeiens aquedaes qui amenaient antrefois i Lyon les eattx do Nont-d'Or, de U Brevenne et da Gier. I(fon, 1840, grand in-8<', avec six planebes lilhogr.
Tiani (^.-F.). Des Eaux potables à distribuer pour l'usage des particuliers et le senrice public. Lyon, |84Si in-4».
On ne doit lire qu'avec précaution ee qu'ont écrit tw les aqoedtes Colonit , Sf on ei HeAntrier.
AQUBDUCS. — Il^-IIl* SIÈCLES. 187
de bonne qualité et en (piantiié suffisante , à la hauteur exigée par le niyeau du point d'arrivée. La distance est considérable , et le sol qu'il est question de traverser , tantôt très élevé , tantôt sillonné par des plis larges et profonds , présente des obstacles qu'on ne peut vaincre qu'au moyen de travaux d'art très dispen* dieux et d'une extrême difficulté.
Ce sont ces obstacles vaincus qui donnent un caractère si im* posant aux aqueducs bâtis par les Romains pour le service de la métropole des Gaules : ce peuple géant n'a jamais accompli de travail plus merveilleux. Et d'abord ^ il s'agissait d'aller chercher l'eau d'une rivière, à 84,000 mètres de distance, dans un pays extrêmement accidenté : il fallait sillonner les flancs de hautes montagnes , et £adre franchir aux conduits dix ou douze ravins dont quelques-uns avaient de 70 à 100 mètres de profondeur et 1,000 mètres de largeur ; il fallait ménager aux eaux une pente uniforme et suffisante dans un long parcours, tantôt souterrain , tantôt hors (hi sol , non en ligne droite, mais sillonné par d'é* normes circuits et par de profondes dépressions ; il £adlait encore établir un point commun à des eaux qui venaient de directions opposées, et s'assurer que leur volume serait toujours égal dans la saison des pluies et pendant les sédieresses de l'été. Une autre difficulté se présentait : des vallons d'une grande profondeur coupaient sur plusieurs points le trajet des aqueducs , conmient les franchir ? Pour établir sur toute la ligne un niveau d'une égale hauteur , moins la pente , pour donner un courant à l'eau , il eût fallu placer en étages les unes sur les autres sept ou huit lignes de ponts en arcades, travail prodigieux et presque impossible. Les Romains s'avisèrent de l'expédient fort simple des siphons renversés , tuyaux de plomb qui descendaient le versant escarpé des collines , traversaient les vallées , et gravissaient le versant opposé pour atteindre le plateau en face , et toujours ainsi jusqu'au point d'arrivée. Des ponts nombreux, d'une longueur très considérable et formés sur divers points d'arcades superposées , devaient supporter les conduits et les maintenir au niveau nécessaire pour l'écoulement des eaux. *
i. — Selon Caylus , les aqueducs de Lyon sont, à beaucoup d'égards, supérieurs à ceux de Rome eUe-mâme ; il évalue h douze ou treize millions de notre monnaie Tachât et la façon des seuls tuyaai de plomb qui servirent à faire les siphons renrersés.
Iâ8 Il®-III*^ SIÈCLES. — CIVILISATION A LYON.
De si grands obstacles n'arrêtèrent pas les Romains : ils dispch saient y pour les vaincre, des bras de populations entières et des trésors du monde , moyens d'exécution dont leur génie patient dirigeait l'emploi , Ils entreprirent cette œuvre sans hésiter, et donnèrent à leurs constructions une solidité qui devait défier le temps *. C'est aux architectes qu'il appartient de décrire les procédés des ingénieurs romains , et d'indiquer les détails techniques ; je dois me borner à faire observer qu'avec des instruments encore imparfaits , ils obtinrent les plus étonnants résultats , et que , dans l'exécution des aqueducs , ils montrèrent partout une connaissance parfaite des lois de l'hydraulique et du pays.
On a loué avec justice l'excellence des matériaux que les Romains employaient pour ces travaux. Leur chaux, toujours abon^ dante , servait à préparer un ciment si dur qu'il brise les pieux et les leviers ; l'aqueduc était protégé par un massif de maçonnerie d'une épaisseur variable selon les circonstances de son parcours. Hors du sol cette épaisseur était plus considérable , pour augmenter la résistance du conduit à la pression de l'eau. Le revêtement extérieur se composait de petites pierres de dix à douze centimètres, posées en losange comme les cases d'un damier, alternativement blanches et grises, de dimensions toujours égales, et séparées , à des intervalles uniformes , par un double rang de briques d'un rouge brillant : les voûtes étaient larges et à plein cintre. Considéré dans son ensemble , l'aqueduc, malgré son extrême solidité, était un monument de l'aspect le plus gracieux : rien n'égalait la légèreté de ses sveltes et élégantes arcades , et leur effet pittoresque dans un paysage déjà si beau.
Les aqueducs de Lyon n'ont pas été construits à la même époque ; ils aboutissaient au même plateau, et venaient de lieux très différents. Il y eçi avait trois : celui du Mont-d'Or ou d'Ecully , celui de la Brevenne , nommé aussi aqueduc de Craponne ou
1 . — L'entretien des aqueducs, chez les Romains, était un soin d'une haute importance : il appartenait à un fonctionnaire supérieur, nommé curator aquarum, qui arait sous ses ordres les villici , esclares préposés à la garde des tuyaux ; les casMarii, chargés de Tcntretien des réservoirs ou châteaux d*eau ; les circnitores , qui inspectaient les aqueducs de divers pays ; les sHicarii, commis à l'entretien des portions de routes sur lesquelles passaient les tuyaux ; euCin les teclores, affectés spécialement à Ja conservation des massifs do maçonnerie qui servaient de supports aux conduits.
AQUEDUCS. — 1I*-1II* 8IÉCLES. 139
de Mont Roman , et celui du Gier qui partait du pied du mont Pilât
Le plus ancien est Faipiedue du M ont-d'Or. Lorsq[ue Plancus eut bâti une ville sur la colline de Fourvière , il s'occupa du soin de lui donner de bonnes eaux potables , et les trouva sur le versant Est-Sud-Ouest de la chaîne du Mont-d'Or, Ce groupe est composé de trois points culminants principaux: Mont-Gindre, Mont-Toux et Limonest, dont l'élévation au-dessus du niveau de la mer est de 610 mètres. C'était une hauteur suffisante , et il y avait assez d'eau pour les besoins d'une population encore peu considérable. Enfoui dans le sol pendant la première partie de son parcours , Taqueduc commençait à un kilomètre au-delà de Polejmieux, dans le vallon où naît le ruisseau d'Antoux. Des deux branches qui le formaient au point de départ, l'une recueillait les eaux depuis Poleymieux jusqu'à St-Didier , et traversait les territoires élevés de Curis, d'Albigny, de Couzon, de Collonge et de St-Cyr ; la première branche s'étendait de Limonest à St-Didier, et, se réunissant à l'autre vers Couzon, formait un canal unique qui enlaçait les territoires de Collonge , St-Cyr , St-Fortunat , et courait presque en ligne droite sur le plateau d'EcuUy. Là, cessant d'être souterrain , l'aqueduc descendait, en siphon, dans la profonde et large vallée de Grange-Blanche, où l'attendait un pont à arcades superposées au centre , de 200 mètres de longueur, de 22 mètres de hauteur , et de 8 mètres 75 centimètres de largeur. Après l'avoir traversé , l'aqueduc s'élançait du fond du vallon à la hauteur d'une longue file d'arcades, qui le conduisaient à St-Just jusqu'au réservoir d'arrivée, point extrême d'un parcours de seize kilomètres. Il était construit en pierres cubiques posées par assises parallèles. ^
Mais les ruisseaux du versant du Mont-d'Or ont im volume variable; ils tarissent souvent en été, et ne peuvent suffire en aucun cas au service d'une population considérable. Lyon s'était accru, et son unique aqueduc ne lui apportait plus une quantité d'eau proportionnée à ses besoins. Un camp romain très considérable occupait le plateau qui s'étend de Tassin à Craponne , et il lui fallait une abondante provision d'eau. Il y avait au pied du