‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 75 sur 262 · DEDIT · texte numérisé non relu

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D'autres mosaïques ont été trouvées enfouies dans le sol de Lyon : Tune des plus remarquables est celle qui a été découverte à l'extrémité de la place Sathonay. On voit combien cet art de faire des tableaux avec de petits cubes de marbre de différentes couleurs , avait été porté loin à Lyon.

La sculpture n'était pas moins florissante dans cette ville pendant le siècle d'Auguste. Beaucoup de débris de bustes et de statues ont été recueillis dans le sol du dans les eaux de la Saône; mais peu d'ouvrages entiers ont échappé aux ravages du temps et des révolutions religieuses ou poU tiques. Soixante statuettes des nations gauloises ornaient l'un des autels d'Auguste; beaucoiq> de bustes décoraient les habitations particulières ou les monuments publics. On voyait, enfin, aux abords du temple et en d'autres lieux, les statues des empereurs et celles de particuliers que de grands services ou de hautes dignités avaient recommandés à la reconnaissance de leurs concitoyens. C'est un monument de ce genre qui fiit élevé en l'honneur de Tibérius Antistius , tribun de la deuxième légion et trésorier public ; une statue équestre en bronze fiit décernée à ce chevalier romain, à Ainay, non loin du temple d'Auguste , et il nous en est resté la jambe gauche du cheval.

On avait remarqué depuis longtemps dans la Saône, à Ainay, lorsque les eaux du fleuve étaient basses , un fragment de métal

i. — ARTAi:n (F.), Description d^une mosaïque représenlanl des jeux du Cirque , découterie à Lyon le 18 février 1806. Lyon, Balhnche, !806, grand iii-fol., fig. col.

BEAUX-ARTS. — UIMy*" 81ÈGLES. i45

qtte les mariniers appelaient jdo/ de fer rompu, fapin de fer, on crochet du diable ; ils s'en seryaient pour accrocher lenrs bateaux à la remonte. On ne chercha pas à en savoir davantage pendant dix-sept siècles. Enfin un jour, le 4 février 1766, pendant un hiver rigoureux , des enfants qui jouaient sur la glace essayèrent de détacher le pot de fer de la croûte solide qui l'enfermait ; ils n'y réussirent point : quelques hommes de rivière leur vinrent en aide ; un câble fiit passé autour du crochet qui faisait saillie à la surfoce , et , après de grands eflForts , on vint à bout d'arracher un long jfragment de bronze qu'on reconnut être la jambe gauche d'un cheval. Nul doute que la statue entière ne fût enfouie au même Ueu; Textrême résistance de la jambe du cheval, avant de céder à la traction du câble , le démontrait de la maniée la plus évidente.

Âdamoli présenta cette jambe à l'examen de l'Académie, et la décrivit avec soin ^ Ce fragment a quatre-vingt-quinze centimètres (trente-huit pouces) de longueur , et pèse vingt-cinq kilogrammes: il est d'un style excellent; Isi finesse du travail et l'exactitude du dessin attestent un artiste très distingué. On y remarque trois soudures encore visibles. Cette jambe avait été rompue depuis longtemps : on y reconnaissait , en efiet , dans toute sa longueur , les traces perpendiculaires d'une ancienne fi^cture; cependant elle adhérait encore à l'épaule gauche de Panimal, lorsqu'elle fut extraite de la Saône : c'est la jambe gauche recourbée, et marquant le départ du cheval. Ce firagment précieux est au Musée des antiques.

On avait marqué avec exactitude le lieu où il avait été recueilli : quelques recherches pour retrouver le reste de la statue furent essayées en 1766, et n'eurent aucun résultat. Reprises le 1*^ novembre 1809» pendant des eaux très basses, elles promirent d'abord beaucoup ^. On mit à sec , au moyen de pompes et d'un

1. — Lellres (troi») 4e P. A. à M. le marquis de Higieu tur uoe découfcrte faite à Lyon , le 4 férrier 1766, d'an monument antique en bronse dans les eaux de la rivière de Saône. Lyon, Aimé de la Roche , 1766 , in-S^. .

2. — Artaud (Fr.). Mémoire sur la recherche d'une statue équestre, faite sur Vancien confluent du Khône et de la Saône en 1809. Lijon , 1809 , in-4<^ , 6g. La jambe du cheval de bronze a été dessinée et gravée pour tt mémoire.

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J46 luMv* SIÈCLES. — CIVILISATION A LYON.

bàtardeau , la partie du lit de la Saône sur laquelle la jambe de bronze avait été trouvée , et les fouilles amenèrent au dehors des pierres de taille en choin antique , des plaques et des crampons de plomb , des fragments de marbres précieux qui avaient servi de revêtement, im vase d'airain à Tusage des sacrifices, des fûts de colonnes et des fragments d'ustensiles divers; mais la statue équestre ne fut pas rencontrée.

Quel personnage avait été représenté dans ce travail? Ce ne pouvait être Claude : une inscription recueillie par Gruter lui-même, à Lyon 5 sur une pierre qui n'a pas été retrouvée, malgré les efforts de Spon et d^autres archéologues , apprenait qu'une statue équestre avait été décernée à Tibérius Antistius , chevalier romain , par trois provinces de la Gaule : on en tira cette conséquence vraisemblable , que la jambe du cheval de bronze appartenait à ce monument *. Artaud pense que la statue a été élevée sur un quai, en face de la porte du temple, et peut-être dans les eaux mêmes de la rivière ; il n'est pas très persuadé que l'inscription de Gruter doive lui être rapportée.

Une autre jambe de cheval en bronze a été retirée de la Saône à une époque récente : il est certain qu'elle n'appartient pas à la statue équestre d'Antistius ; ce ne sont ni les mêmes proportions , ni le même mérite de travail. *

i. — Voyez, à la fin de ce volume , le Recueil des inscriptions latines. Saiul-Aubin a parlé le premier de ta statue équestre élevée à Tibérius Aulislius , mais sans citer son autorité , qui était Pierre de Marca (de Primatn Lugdunensi, PavUiis , 1644 , iii-12, p. 276). L'inscription est dans Gruter (tome I, part. Il, p. 555). Il est f&cheux que Gruter n'ait pas désigné avec assez d'exactitude la maison de Lyon dans laquelle on l'avait recueillie.

S. — CoMAiMOiiD (^.). Dissertation sur trois fragments en bronze, trouvés à Lyon à diverses époques. Lyo/t, 1840, in-8®. —Voyez aussi la Réponse de M. Tliicrrial à cet écrit.

Je ne puis en aucune façon avoir la pensée de faire une description particulière de chacun des débris antiques , statuettes , ustensiles , bijoux , bustes, poteries , etc. , qui ont été découverts sur le sol lyonnais depuis Spon; un tel travail prendrait beaucoup de place, et n'aurait qu'un intérêt médiocre. J'indiquerai cependant , à ceux de mes lecteurs qui désireraient en savoir davantage sur ce point , des manuscrits conservés au Palais des Arts , et doit la lecture leur serait très profitable.

Artaud {Fr.) Lyon souterrain , ou Observations archéologiques et géologiques faites dans cette ville depuis 1794 jusqu'en 1836, accompagnées d'un plan antique. Petit in-foL de 196 p., non compris 16 p. pour la table des matières , deux feuillets de notes, le portrait d'Artaud, des dessins et des planches. (Le plan antique n'existe pas.)

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