‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 77 sur 262 · TOMBEAUX. — I11*-IV* SIÈCLES · texte numérisé non relu

TOMBEAUX. — I11*-IV* SIÈCLES

d'une hache sculptée au haut de rinscriptiou, et ces mots : svb ASGiA DEDicAYiT OU DEDicAYERVNT. Il y a eu , dcpuis Golouia j de nombreuses discussions sur la signification de cet emblème et des mots sub ascia; elles n'ont eu aucun résultat positif: il y a ^longtemps c[ue les données de ce problème > ont cessé d'exister. De toutes les interprétations , celle qu'a donnée M, de Nolhac n'est peut-être pas la moins plausible. L'usage de représenter une hache sur un monument fimèbre et d'y graver des mots qui expriment une consécration , est venu , selon lui , des contrées où était honoré le dieu protecteur des âmes au sortir de la vie. On sait que l'attribut de ce dieu était une masse composée de plusieurs haches réunies. Suivant M. de Nolhac, ce sont les druides qui avaient communiqué aux Gaulois la coutume de graver ainsi sur leur tombe cette expression symboUque du dogme de la permanence des âmes. ^

Mais il existait des tombes qui avaient toujours été vides, et dont l'érection n'avait été accompagnée d'aucune cérémonie funèbre. On appelait cenotaphium^ ou iumulus honorarins, un monument construit pour honorer la mémoire d'un homme dont on n'avait pas retrouvé le corps. Le monumentum était un édifice consacré au souvenir d'un personnage distingué : on ne saurait le considérer précisément comme un tombeau.

Quel était le caractère de ce singulier monument qu'on a vu, jusqu'aux premières années du dix-huitième siècle , auprès de l'église de l'Observance, sur le bord de celle des voies d' Agrippa qui conduisait de Lugdunum à l'Océan ? Le Tombeau des deux Amants a-t-il été réellement un tombeau ? Il était d'une archi-

I . — Colooia raconte qu'on découTrit, au milieu du seizième tiècle , en faisant des fouilles sur la place Bcllecour , un de ces anciens édiGces que les Romains appelaient Vstriniim. C'était un bÀlimcnt grand, solide et entouré de murailles, dans lequel ou brûlait les corps àts pauvres gens qui ne pouvaient faire la dépense d'uu bûcher. Ce fut saus doute dans cet Ustrinnm de Lyon , ajoute le savant jésuite , que les païens firent porter les corps de nos premiers martyrs , avant de jeter leurs cendres au vent. Comme la loi des douze tables ne permettait pas l'incinération des cadavres dans l'enceinte des villes, la situation âeVUstrinum de Lyon prouve qu'alors la ville ne s'étendait pas au-delà de la place Bellecour. (Colomia , Hist, lût, et antiquités de Lyon , p. 280.)

9. — Nolhac (/.-B.-.V.). De ia Uache soulplée au haut de plusieurs monamenls funèbres antiques, et des mots : svs àscu DiDicàTtr ou didicavirvht , qui lerminenl les inscriptiocs gravées sur cet monuments, i^on, L, Perrin, 1840, grand in-S**.

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