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lecture grossière , pesante et irrégiilière ; il avait été vraisemblablement construit au temps de la décadence de l'art. Cependant, si les détails n'inspiraient aucun intérêt , Tensemble se recommandait par une noble simplicité ^ Aucune inscription n'était gravée sur cet édifice , dont aucun écrivain ancien n'a parlé ; on le connaissait sous le nom de Tombeau des deux Amants , et la tradition ne disait rien de plus. Cette absence de renseignements laissait un cbamp libre aux conjectures des historiens et des archéologues, et ils en usèrent largement. Voici quelques-unes des opinions qui ont été proposées sur cet édifice. Selon quelques écrivains , il a servi de tombeau à deux amants qui moururent de saisissement, en se revoyant après une longue séparation. Paradin en fait le monument fimèbre d'Hérode et d'Hérodiade , morts en Espagne. Aussi peu judicieux sur ce point, Rubysy place les corps de deux époux chrétiens qui gardèrent fidèlement le célibat dans le mariage. Menestrier y voit un monument élevé à la mémoire de deux prêtres du temple d'Auguste , et appelés Fun et l'autre Amandus : il se fonde sur deux inscriptions presque entièrement effacées qu'on a vues longtemps dans le cloître de St-Jean. Brossette, qui réfute péremptoirement Menestrier , a proposé une conjecture plus vraisemblable : l'édifice était , selon lui , le tombeau d'un firère et d'une sœur qui portaient le nom d'Amandus, et dont une inscription a consacré la tendre affection: «Frater sorori carissimae sibique amantissimae.» Cette opinion est plausible, mais on ne saurait dire qu'elle a une certitude absolue. Quelle qu'ait été sa destination , le tombeau des deux Amants a gardé son secret. *
Il est peu de musées tumulaires aussi riches en inscriptions que celui du Palais des Arts; elles disent beaucoup à qui sait les lire. On y retrouve les noms de quelques-uns de nos pères , Tindica-
1. ^ Le tombeau des deux Amaols a été démoli en 1707 ; il est gravé dans Colonia et dans Brossette. H. Richard Ta dessiné.
2. — Parmi les bonnes gravures qui cxisleut du tombeau des deux Aoianls, celle qu'on voit dans VHistoite littéraire de Lyon , par le P. Colonia , a été exécutée d'après uo dessin de rarchilecte Ferdinand Delamonce.
Le second Amandus figure sur une inscription du Musée : « d. m. bt m. t. clavoi amamm. » Son existence est fort problématique, et la version de Brossette demeure toujours probable. (CoLo.NiA, Hist. litt., tome I, part. I, p. Î89.)
ENCEINTE DE LA VILLE. IIlMv* SIÈCLES. i5i
lion de leur profession , et celle de quelques-uns des usages de leur temps ou de quelques circonstances de leur vie. C'est notre histoire dans les temps anciens. Ghampier avait commencé à en recueillir quelques-unes; Paradin est venu ensuite ; Bellièvre a continué dans son Lugdnnum pn'scum ^ et Gabriel Syméoni s'est occupé d'un travail analogue ^. Habile antiquaire , Spon en a expliqué et publié cent vingt-quatre environ ^. M enestrier s'est longuement appesanti sur celles qui concernaient d'une manière spéciale les annales de la cité. Artaud n'a guère donné que soixante inscriptions inédites *. De nouvelles richesses archéologiques de cette sorte ont été recueillies, soit dans les Archives hisioriques du département du Rhône , soit dans la Revue du Lyonnais , grâces aux soins éclairés de M. l'abbé Greppo et de M. Bréghot du Lut ^. Notre Musée tumulaire , dirigé par M. Gomarmond , réunit déjà plus de cinq cents inscriptions , et il est probable que ce chiflre déjà si considérable ne tardera point à s'accroître encore. ^
F. ENCEINTE DE LA VILLE ; MOYENS DE DÉFENSE. L'eUCCintC de
Lugdunum parait avoir changé pendant le cours du second siècle, après Tincendie qui avait réduit la ville en cendres : on ne rebâtit pas le palais impérial ; Fourvière perdit une partie de ses monuments , et beaucoup de maisons furent construites sur le littoral de la Saône , sur la colline St-Sébastien, et entre les deux fleuves , vers leur point de jonction.
On sait ce qu'étaient ces maisons. Avant Plancus , les Gaulois du Lyonnais habitaient des huttes faites de bois et d'argile et recouvertes de toits en chaume. Un petit nombre de ces cabanes
1 . ^ Le Lugdunum pritcitm du président BellièTre , manuscrit célèbre clies nos anciens Uistorieus, est imprimé dans la Collection des Bibliophiles lyonnais.
2. — Sx3^t07^l (Gabriel) , L'Origine e le antichità di Lione (copialo dal maooscritto originale consenrato oei R. archivi di Corte, da C. Bregliot du Lut (1837). Je dois h l'obligeance de M. Bréghot la communication de ce manuscrit , que j'ai publié dans la Collection des Bibliophiles lyonnais.
3. — Spoîi (7.). Recherche des antiqvitéset curiosités de la tille de Lyon. Lyon, Àntoins Cellier, 1675, în-lî, fig.
4. — Artaco {Fr.), Notice des antiquités du Musée de Lyon. Lyon, in-8<>.
5. — Je crois pouvoir , sans indiscrétion , annoncer la i)ublication prochaine d*un ouvrage de luie sur les inscriptions latines qui ont été recueillies dans le département du Rhône ; il sera orné de dessins très bien exjîcutés.