‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 8 sur 262 · SUB L HISTOIRE DE LYON. XIX · texte numérisé non relu

SUB L HISTOIRE DE LYON. XIX

brillante, mais superficielle, de la vie politique d'un peuple. Ils ont vu, enfin, que si l'histoire générale était le résumé systématique de bonnes histoires particulières , celles-ci avaient dès4ors leur utilité, et que l'inconvénient d'avoir rarement, en les écrivant, l'occasion de bien dire , était compensé par l'avantage d'être placé convenablement pour bien observer.

Peintres de genre et peintres d'histoire ont, au reste, beaucoup plus de difficultés à vaincre aujourd'hui qu'autrefois ; on est devenu plus exigeant à leur égard qu'on ne l'était envers leurs devanciers. Au commencement de ce siècle , il suffisait à un historien, pour réussir, d'animer de quelque esprit un style correct; son livre apprenait peu de chose, mais il n'obligeait point à penser, et le lecteur ne lui demandait qu'un délassement agréable. Cet écrivain ne se préoccupait nullement de l'étude des textes et de l'examen critique des faits ; sa tache était bien plus facile ; il était toujours assez savant s'il avait l'art de se faire lire. Mais d'excellents modèles, venus d'Allemagne ou produits par notre sol, ont donné un caractère plus élevé aux compositions historiques. Le mérite de ces ouvrages n'est plus exclusivement dans l'agrément de la forme; il consiste, avant tout, dans l'excellence du fond. De nos jours, un historien remonte aux titres originaux , déchiffre les vieilles chartes , lit tout ce qui a été écrit sur le sujet dont il s'occupe , et demande des renseignements à une multitude de sciences diverses. Il faut qu'il soit philologue , naturaliste , économiste , archéologue ; il faut que sa pensée soit profonde , et que son érudition soit réglée par une saine critique. Mais ce n'est point assez encore , s'il n'allie l'imagination à la science.

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