II*-IV* SIÈCLES. — RELIGION DES LYONNAIS
Une autre inscription taurobolique a été découverte à St-Just par Artaud , qui la rapporte au règne de Commode , successeur de Marc-Aurèle. En voici le sens : « Les dendrophores de Lyon ce s'étant assemblés le xv des calendes de juillet , ont fait un sa- « crifice taurobolique pour les divinités de l'empereur, pour <c toute sa famille appelée maison divine , et pour la prospérité <c de la colonie Copia Claudia Augusta, sous le consulat de a Marcus Sura Septimianus. P. Julianus a ordonné ce sacrifice ; c< ^lius Castrensis a rempli les fonctions de prêtre , et Claudius « Silvanus a fait élever cet autel à ses dépens. » Lyon possède trois tauroboles, sans compter celui de Tain. On voit, par Finscription précédente , que Lyon possédait un collège de prêtres de Cybèle appelés dendrophores. *
Toute cette religion de Tantiquité était usée ; elle n'était plus l'expression des mœurs, et ne correspondait plus aux besoins de la société. Il y avait tant de dieux qu'il n'y avait plus de pensée religieuse , et l'Olympe s'était ouvert pour tant de crimes et de scandales que les peuples ne croyaient plus à rien. Cependant l'homme , considéré en particulier ou comme être collectif, ne saurait vivre sans religion : il y a en lui quelque chose qui lui révèle l'immortalité de l'âme et l'existence d'un Dieu créateur de l'univers : certaines nations ont plus que d'autres ce sentiment intérieur.
L'Occident résista longtemps au christianisme , mais non avec la même obstination dans toutes ses contrées : quelques-unes , au contraire, les Gaules, embrassèrent avidement la religion nouvelle, comme si elles l'eussent attendue. Elles avaient été préparées à la croyance de l'immortalité de l'âme par les druides, qui semblent aussi avoir enseigné un médiateur -. Aussi les Gaulois de Lyon se précipitèrent-ils avec ardeur dans les croyances nouvelles ; ils étaient mûrs pour la foi du Christ.
1 . — Les archéologues ont beaucoup écrit sur l'inscriplion de Pautel taurobolique de Ljon. Colonia a donné l'analyse des dissertations écrites par les PP. Hardouin , Daniel et Bonami ( Histoire littéraire de Lyon^ tome I, partie I, p. 181). Un Mémoire fort iotéressani , de Gros de Boze , fait partie du premier volume du Recueil de l* Académie des inscriptûms. On peut consulter encore la table du Journal des Savants ^ au mol Taurobole ; Brossette ; les Nouvemyx mélanges de M. Bréghol, et la iVo/»c^d* Artaud, qu'enrichissent , dans l'exemplaire de l'Académie , beaucoup de notes manuscrites.
â. — MicuELET. Histoire de France, tomel, p. 115.
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