LES BARBARES. — V® SIÈCLE
Fempire ne pouvait plus se garder ; l'étendue de ses frontières était devenue pour lui un danger permanent. Les empereurs ne virent point de péril bien sérieux pendant les deux premiers siècles; mais, au troisième, la question changea. De puissantes confédérations barbares menacèrent l'empire ; il y en avait deux dans la Germanie occidentale : placée sur la rive du Rhin, l'une était formée des Francs, des Cattes, des Chérusques et des Ripuaires; la seconde , celle des Allemands , occupait, au Nord , de vastes pays situés entre l'Elbe et la Vistule. Un de ces peuples, les Goths figurent à l'avant-garde de ces myriades de Barbares qui commençaient à sentir leur force et la faiblesse de Rome : ils font la conquête de la Scandinavie et du Nord de la péninsule cimbrique. Bientôt les Goths reviennent sur les bords de la Baltique ; ils subjuguent les Venètes , les Burgundes et les Finnois. Devenue trop considérable , cette nation se partage en trois grandes masses : les Gépides au Nord des Alpes Bastarniques , les Visigoths ou Goths de l'Ouest, et les Ostrogoths ou Goths de l'Est. Cette multitude attaque à plusieurs reprises l'empire , qui ne réussit point toujours à se défendre. Les Goths renversent le royaume du Bosphore , ravagent l'Asie naineure , et s'élèvent à un haut degré de puissance sous leur roi célèbre Hermanric.
Les empereurs soutinrent de grandes guerres avec cette nation, souvent vaincue, quelquefois victorieuse et toujours redoutable. Trop faible pour écraser ses ennemis , Rome transigea : elle donna des terres à ces Barbares qu'elle n'avait pu refouler au-delà du Rhin , et les associa à la défense de ses frontières. La Gaule ne chercha point à profiter des circonstances pour recouvrer sa liberté ; elle ne s'allia point aux Barbares , et resta identifiée à l'empire. Lyon se relevait avec lenteur de ses désastres; il ne lui restait que des ruines de sa splendeur passée. Délivrée des inquiétudes que les Goths lui avaient données, Rome, toujours la reine des cités, commençait enfin à respirer.
S U. Le calme dont l'empire jouissait ne devait pas être d'une longue durée : Rome apprend tout-à-coup qu'une race d'honmies inconnus et étranges a envahi ses provinces. Ils sont hideux , même parmi les Barbares; leurs yeux sont petits, on dirait des