‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 3)Chapitre 20 sur 229 · LYON SOUS LE RÈGNE DE LOUIS XIV · texte numérisé non relu

LYON SOUS LE RÈGNE DE LOUIS XIV

% 1. Minorité de Louis XIV; la Fronde. Le cardinal Cbigi à Lyon. — % % Les VUleroi gouverneur* du Lyonnais. — $ 3. Philippe d'Anjou à Lyon. Guerres malheureuse* de Louis XIV. Hiver de J709 ; inondation. — $ 4. Catastrophe sur le pont de la Goillotiére, en 4711. — % 5. Emeute à Lyon. Vieillesse et mort de Louis XIV.

$ I. Richelieu mourant avait proposé au roi les services d'un homme en qui son génie avait reconnu une grande dextérité , beaucoup de connaissance des hommes et un esprit fertile en expédients : c'était Mazarin. Louis XIII ne vécut pas assez pour prendre en considération le vœu de son ministre, mais Anne d'Autriche accepta la recommandation ; elle régna pendant la minorité de Louis XIV , et le rusé Italien gouverna. Il y avait dans cette situation des éléments de désordre qui ne devaient pas tarder à se développer :%n roi de cinq ans, une femme pour régente , un premier ministre étranger de naissance et qui n'était pas même gentilhomme , combien de chances pour l'ambition des princes et des grands ! Une violente réaction contre

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la politique de Richelieu ne pouvait tarder à éclater. Cependant [a France continuait avec honneur la guerre avec les Espagnols et avec les impériaux : Condé remportait de brillantes victoires à Rocroy et à Fribourg , tandis que Turenne s'immortalisait par sa belle campagne d'Allemagne. La paix de Westphalie termina la longue querelle entre le catholicisme et la réforme , et constitua sur de nouvelles bases le système politique de l'Europe.

Aussitôt que la mort de Louis XIII avait été connue, le consulat s'était empressé d'envoyer auprès du gouvernement nouveau une députation composée du prévôt des marchands Mascrany et du procureur général Grolier , avec la mission d'obtenir pour la ville la confirmation de ses privilèges et la continuation de l'exploitation des fermes et octrois. Cette concession , selon l'usage , devait être chèrement achetée ; la cour vendait au plus haut prix qu'elle pouvait la jouissance de droits légitimes : telles étaient les vieilles coutumes. Jamais , toutefois , le gouvernement royal n'avait élevé ses prétentions si haut : il réclamait neuf cent mille livres à titres divers. Lyon transigea ; il paya quatre cent cinquante mille francs pour le rachat des taxes , et n'obtint le renouvellement du bail de Pimpôt du quarantième qu'en versant trois cent trente mille francs au trésor. Pour satisfaire à tant d'exigences , la ville engagea pendant- huit années le produit de l'octroi sur les vins.

L'or que le cardinal M azarin arrachait aux provinces ne consolidait pas son pouvoir , et ne suffisait pas aux dépenses de l'Etat. Une longueguerre avec l'Autriche avait épuisé les finances, et un désordre incroyable ne permettait aucune amélioration : il avait fallu recourir à des emprunts désastreux , la France était ruinée. Peuple, clergé, noblesse, grands seigneurs et princes du sang, paysans ^marchands, soldats et magistrats, gens de tous états et déboutes conditions , prodiguaient à l'envi à Mazarin les témoignages de leur mépris et de leur haine. Tous les Français se levaient pour chasser un ministre cupide , dont la misère générale alimentait la scandaleuse fortune ,-et l'animadversion publique enveloppait dans la même réprobation le surintendant des finances d'Eraery. Mais, fort de l'appui inébranlable d'Anne d'Autriche, Mazarin tint tête à l'orage ; il combattit les parle* ments et les princes , et, vingt fois sur le point de succomber, 'il

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réussit néanmoins à se maintenir au pouvoir, malgré les intrigi*ç$ de cour et malgré la Froide.

Peu s»'en fallut cependant qu'il ne succombât , renversé par l'exaspération des Parisiens , lorsqu'un ordre imprudent , donné paff Anne d'Autriche , eut arraché au parlement le conseiller Bffouasel et deux autres magistrats. Excitée par le cardinal de Rets , la garde bourgeoise prit les armes de son propre mouvement, et deux cents barricades furent improvisées en quelques heures : maîtresse de Paris, l'émeute délivra les magistrats prisonniers et chassa la régente et son ministre.

Nous n'avons pas à raconter les épisodes, tantôt sérieux, tantôt burlesques, de cette guerre civile , mêlée d'intrigues d'amour, et dirigée de part et d'autre avec un parfait oubli des intérêts du pays. Tous les grands seigneurs, en armes contre le roi, n'avaient aucune conviction politique ; ils n'écoutaient que l'inspiration de leur ambition ou de leur cupidité : on vit successivement Turenne et Condé à la tête d'une armée espagnole contre une armée française. La province n'avait aucun intérêt engagé dans ces cahales ; qu'importait à Lyon la chute ou le triomphe de la fiction de la belle duchesse de Longueville , le succès ou la ruine des complots ourdis par le coadjuteur ? Ces troubles sans cesse renaissants ruinaient le trésor public et le commerce , Us arrêtaient l'essor de la prospérité de la France ; mais qui prenait souci du bien du pays? Cette anarchie se prolongea pendant dix-sept ans ; elle ne cessa qu'à l'époque de la majorité de Louis XTV.

La Fronde n'eut pas d'influence sensible à Lyon; s'il y eut dans cette ville quelque agitation en 1653 , ce fut la cherté des grains, et non la politique, qui causa l'émotion populaire : on crut aux accapareurs et aux accaparements. Un sergent périt massacré par le peuple; la milice bourgeoise parvint à comprimer l'émeute , et une femme qui avait pris grande part au meurtre du sergent fut livrée aux tribunaux , condamnée à mort et pendue.

Christine de Suède vint à Lyon eu 4656 , et fit, le iû août , son entrée solennelle : le roi avait donné l'ordre de la recevoir avec les honneurs dus à son rang. Toute la milice bourgeoise avait été mise sous les armes ; deux mille cavaliers et un grand

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nombre de carrosses étaient allés au-devant de l'ex-reine, au-delà de la porte du Rhône. Christine n'arriva qu'à la nuit close ; quand le prévôt des marchands se présenta pour lui adresser un discours , elle l'interrompit dès les premiers mots en lui adressant brusquement ces paroles : « Je suis lasse , Monsieur le préce vôt; à demain les harangues, s'il vous plaît!» Elle ne les perdit pas, les présentations officielles eurent lieu le lendemain. Christine logeait à l'archevêché , chez Camille de Neuville ; elle alla visiter l'Hôtel-de-Ville : on la reçut dans la salle des portraits, et on lui servit une superbe collation de fruits. Il y eut ensuite un concert de dix-huit violons ; puis la princesse descendit dans le jardin, et se promena quelque temps avec l'archevêque et le duc de Guise. Quelques jours après , elle se rendit au collège des Jésuites: la conversation du P. Menestrier parut l'intéresser beaucoup. Une grande affluence de peuple se pressa constamment sur son passage pendant les dix journées de son séjour; cependant les Lyonnais goûtèrent peu son allure cavalière et ses manières excentriques. Deux années après , Louis XIV, la reinemère et le cardinal Mazarin vinrent aussi à Lyon : il était question alors d'un mariage entre le roi et une princesse de Savoie ; mais d'autres projets survinrent, et cette alliance n'eut point lieu. La cour demeura à Lyon depuis le 24 novembre 1658 jusqu'au 13 janvier 4659 : une querelle de préséance s'était élevée, à l'occasion de l'entrée du roi , entre les échevins et le chapitre ; elle se termina à l'avantage du consulat. Quelque temps après Louis épousa l'infante Marie-Thérèse , et la paix entre la France et l'Espagne fut proclamée. Il y eut de belles réjouissances, les corps de métiers et les divers quartiers de la ville luttèrent d'enthousiasme et de magnificence : on illumina les édifices publics.

Mazarin conduisait avec bonheur la guerre contre l'Espagne , qui demanda la paix ; le traité des Pyrénées la lui accorda : bientôt après , malgré son peu d'expérience des affaires , le roi annonça l'intention de gouverner par lui-même ; il avait perdu le cardinal en 1661. Jeune, ambitieux, rempli du sentiment de sa grandeur et de la force de la France , Louis avait une foi intime dans l'essence supérieure et presque divine de la royauté; il disait avec conviction : « L'Etat , c'est moi. » Son règne fut

la réalisation la plus complète et la plus noble'] du pouYoir absolu; toute la nation était personnifiée dans le monarque. A son avènement le roi sut admirablement choisir' les hommes; il eut aux armées Gondé et Turenne, aux affaires étrangères Lionne, et Colbert aux finances: nulle administration ne montra autant d'homogénéité , d'intelligence et de vigueur. On sait qu'aux qualités morales de Louis se joignaient des avantages naturels que peu de souverains ont possédés au même degré ; le roi avait un port majestueux, et paraissait être le maître du monde. Remplie d'enthousiasme , la France se prosternait devant lui, sa cour le déifiait en quelque sorte, et cette adoration n'eut plus de bornes , lorsque de grandes victoires , gagnées par d'habiles généraux sous les yeux du puissant monarque, rehaussèrent encore l'éclat de la majesté royale.

Les gens du duc de Créqui , ambassadeur de Louis à Rome , avaient battu une compagnie corse au service du pape ; d'autres Corses intervinrent dans la querelle : ils prêtèrent main-forte à leurs camarades , assaillirent l'ambassadeur, tirèrent sur le carrosse de l'ambassadrice , tuèrent un page, et blessèrent plusieurs valets. Créqui n'ayant pas obtenu la satisfaction qu'il désirait , demanda ses passeports et quitta Rome. Indigné de l'outrage qu'il avait reçu dans la personne de son représentant , le fier Louis XIV s'empara du comtat d'Avignon, et déclara qu'une armée française allait traverser les Alpes et marcher sur Rome. Le pape, fort alarmé , nomma son neveu , le cardinal Flavio Chigi , légat a latere , et le chargea de la mission d'aller à Paris présenter ses excuses au roi. Chigi fit une entrée solennelle à Lyon, après avoir passé deux jours incognito au couvent de Saint-François à la Guillotière : dix mille hommes avaient été mis sous les armes; on harangua le légat, qui fut conduit avec tous les honneurs dus à son rang au palais archiépiscopal. ■

1 . — Mejestrier (te P.) L'Entrée solennelle dans la Tille de Lyon de ^Mgr. l'illustrissime cardinal Flavio Cbigi , neveu de Sa Sainteté et son légat a la t ère en France. Lyon , Alexandre Fmmeujc, 1661, io-fol., fi g.

Après un éloge pompeux du paysage et du climat du Lyonnais , des Jésuites , de la piété des habitants , etc. , Menestrier fait connaître le blason , le nom et les qualités des prélats , seigneurs et gentilshommes de la suite du légat , des échevins , des chanoines-comtes de Si -Jean , des officiers de la ville, des conseillers au siège présidinl et des bourgeois notables

Le cardinal Cliigi Gt San entrée publique à Lyon le 3 mai 1664.

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Après avoir maintenu avec tant de hauteur la dignité de sa couronne , et fait connaître sa force à l'Europe , Louis XIV se détermina à mettre son système politique à exécution. Il avait conçu de grands projets : son but , c'était d'abaisser la monarchie espagnole au profit de sa dynastie; ce qu'il voulait, c'était , sinon la souveraineté de l'Espagne , du moins celle des Pays- Bas. Sa première guerre eut lieu avec la Hollande, et fut brillante; commencée en i 668 , elle dura dix ans , et fut terminée par la paix de Nimègue. Turenne avait été tué dans la campagne de 1675.

Parvenu à l'apogée de sa puissance, Louis XIV dominait l'Europe et la faisait trembler. Un roi si absolu ne pouvait avoir un grand respect pour les privilèges de la ville de Lyon, quand ils contrariaient ses volontés ; ce qu'il demandait à son royaume, c'était des soldats, de l'argent et une obéissance passive. Le même système continuait : peu scrupuleux et toujours avide , le gouvernement du roi faisait toujours des tentatives pour s'emparer de la ferme des octrois , et ne se désistait que lorsqu'il avait obtenu du consulat quelque somme considérable. Il demandait sans cesse; c'était tantôt à titre d'avance, et tantôt pour la solde des gens de guerre : en vingt années Lyon paya , en contributions extraordinaires , plus de six millions , somme énorme pour ce temps. La dette de la ville grossissait toujours; pour l'éteindre en partie , le consulat avait recours à des emprunts et engageait le produit annuel de l'octroi. Quand le gouvernement avait épuisé les expédients ordinaires , il créait des offices nouveaux que la ville s'empressait de racheter. On ne pouvait invoquer aucun droit en matière de finance, ni réclamer l'appui des lois : Colbert ordonnait, et ne rendait pas compte de ses volontés. Une crise fut imminente plusieurs fois. La ville avait reçu des sommes très fortes placées en viager, et ne pouvait servir les intérêts qu'avec une extrême difficulté : tout augmentait en même temps, les dépenses et la dette publique; on délibéra, on discuta beaucoup, on fit de sages règlements; mais il n'y avait pas de réforme possible, et le consulat obéré ne pouvait sortir du cercle vicieux dans lequel il était engagé. Cependant ses embarras financiers devenaient de plus en plus considérables; il obtint enfin de la cour l'autorisation

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d'établir des impôts pendant un temps déterminé. Cette ressource ne fut pas suffisante : on réduisit , en 1677, la dette publique de vingt-cinq pour cent, mesure qui porta au crédit une atteinte funeste; on diminua, en outre, d'un quart les appointements et les pensions. Des jours plus mauvais encore pour les finances de la ville devaient bientôt apparaître.

Lyon voyait du moins prospérer son commerce et sa fabrique de soieries , mais un coup d'état éminemment impolitique faillit lui enlever cette ressource. Gouverné par Mme de Maintenon, Louis XIV raviva les querelles religieuses, viola la liberté des consciences, et révoqua en 1685 l'édit de Nantes. Un nombre immense de familles émigrèrent , et transportèrent chez l'étranger leur fortune et leur industrie. Les chefs d'atelier reçurent l'injonction de ne plus recevoir d'apprentis protestants: il y avait à Lyon dix mille métiers ; après la révocation de l'édit de Nantes , ce nombre diminua des deux tiers. Beaucoup d'ouvriers en soie , chefs d'atelier ou simples compagnons , se réfugièrent, soit en Savoie, soit en Suisse : ils révélèrent le secret de la fabrication des étoffes de soie à Genève, à Zurich, à Crevelt, à Berlin et à Eberfeld ; d'autres parvinrent à gagner l'Angleterre , et y élevèrent des métiers. Le commerce de Lyon reçut une perturbation violente , dont il ressentait encore les effets un demi-siècle après.

$ H. L'administration supérieure de cette ville était en quelque sorte inféodée à une famille , celle des Villeroi ; à Charles de Neuville, marquis d'Halincourt , avait succédé en qualité de gouverneur, dans l'année 1662, Nicolas de Neuville, d'abord marquis, puis duc de Villeroi : c'était un grand seigneur, qui résida peu en province. Il avait délégué les fonctions de sa charge à son lieutenant , Camille de Neuville de Villeroi , archevêque de Lyon pendant quarante années. Né à Rome, en 1606, pendant l'ambassade de son père , le marquis d'Halincourt , Camille, avait eu pour parrain le pape Paul V; nommé abbé d'Ainay à l'âge de cinq ans, il reçut une éducation fort distinguée, et fit honneur à l'enseignement des Jésuites, ses maîtres. François de Sales était fort lié avec lui. Camille fit relever les murailles du monastère d'Ainay que les protestants avaient mutilées, et rendit de très grands services à son abbaye : élu archevêque de

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Lyon en 1653, et investi des pouvoirs du gouverneur son frère , il réunit l'autorité temporelle à la spirituelle , et se montra excellent administrateur. Un de ses premiers soins fut de réformer son clergé par de sages règlements; il préserva son diocèse des querelles religieuses au sujet du jansénisme , et fonda les séminaires de Saint-Irénée et de Saint-Charles. Plusieurs congrégations, les Trinitaires, les Minimes de Saint-Joseph et de Saint-Lazare , la communauté du Bon-Pasteur , celle des Filles pénitentes et d'autres encore furent appelées à Lyon par le pieux archevêque. Camille maintint l'ordre et l'abondance à Lyon; accessible et affable, d'une simplicité extrême dans sa personne , vêtu comme le moindre prêtre , ce noble prélat représentait avec dignité, quand l'occasion le demandait. Il contribua à l'établissement de l'institution éminemment utile du tribunal de la Conservation ; sa fortune était considérable; les pauvres en avaient une grande part '. Camille possédait à Neuville une maison de campagne et un parc magnifique ; il fit beaucoup de bien à ce village, qu'il dota de moulins pour les grains et pour la soie , d'ateliers divers , d'écoles , et d'une église. Le beau château qu'il fit bâtir auprès du petit hameau de la Saulsaye portait cette inscription sur la façade : « Nul n'est bien venu céans qu'il n'y soit appelé. » Ami des sciences et des lettres, l'archevêque se plaisait à rassembler chez lui les hommes distingués; on voyait souvent à ses réunions Jacob Spon et Nicolas Chorier. Le gouverneur de Lyon était mort en 1685, et avait eu pour successeur son fils, le brillant et présomptueux maréchal

I. — C'est sous l'administration de l'archevêque Camille de Neuville , en 4692, qu'eut lieu un événement singulier dotit on s'occupa beaucoup. Un marchand de vin et sa femme avaient élé assassinés dans leur cave ; toutes les recherches que fit la justice pour découvrir les meurtriers demeurèrent sans résultats. La justice était fort embarrassée , lorsqu'un riche paysan du Dauphioé , nommé Jacques Aymar , se présenta pour l'éclairer. Conduit dans la cave où le meurtre avait été commis , i! mit dans sa main sa baguette divinatoire , qui tourna plusieurs fois sur elle-même ; on creusa la terre , et bientôt on aperçut les deux cadavres. Mais il s'agissait de saisir les assassins; Jacques Aymar, guidé par sa baguette, les suivit par terre et par eau sur tous les points où ils avaient passé , et atteignit enfin dans la prison de Beaucaire un petit bossu qui avait commis le crime , aidé par deux complices. Cet homme avoua son crime , et périt par le supplice de la roue. Jacques Aymar se mit en quête des deux autres meurtriers , et les suivit à la piste jusqu'au fond de l'Italie , mais sans pouvoir les rejoindre. Appelé a Paris , il ne justifia point sa réputation.

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