‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 3)Chapitre 30 sur 229 · LYON SOUS LOUIS XV. — XVIII*' SIÈCLE · texte numérisé non relu

LYON SOUS LOUIS XV. — XVIII*' SIÈCLE

secrétaire: ces trois derniers fonctionnaires n'avaient pas voix délibéralive. C'était par la voie de l'élection que les nominations avaient lieu, mais il y avait obligation de prendre les échevins parmi les conseillers. Ces lettres réglaient la composition de l'assemblée des notables d'après les proportions suivantes : les membres du consulat , moins le secrétaire , le receveur et le procureur du roi ; dix-sept membres élus dans les divers ordres de l'Etat , cinq parmi les négociants et quatre dans la communauté des arts et métiers. Chaque ordre ou communauté élisait un député à l'assemblée. Le gouvernement du roi fît aussi un règlement pour les finances : il distingua les dépenses en fixes et en facultatives , et fixa les pensions des hauts fonctionnaires. Il fut décidé que la ville vendrait ses biens communaux pour payer ses dettes, et pourvoirait à ses dépenses avec le produit de ses octrois.

Trois années de disette , depuis 1768 jusqu'en 1751 , avaient beaucoup accru la misère publique ; le commerce languissait, les capitaux se cachaient , le pain et tous les objets d'indispensable consommation avaient atteint un prix fort élevé : il fallut recourir à un emprunt de six millions , établi sur l'octroi du vin qu'on mit en régie. C'est à la ville qu'appartenait, depuis le commencement du siècle , la nomination de vingt-huit courtiers et agents de change sur quarante; elle avait acquis ce droit: en 1753, un édit réduisit ce chiffre à trente-deux, et réserva au roi les nominations. Lyon perdit, bientôt après, la jouissance de l'impôt sur les soies indigènes et étrangères : c'était une branche considérable de son revenu. Il fallut verser au trésor six millions huit cent mille livres pour obtenir le rétablissement du subside , qui fut prorogé jusqu'en 1781 , et établi exclusivement sur les soies étrangères. On ne pouvait nier l'état déplorable des finances , l'épuisement du crédit, l'augmentation du déficit et le défaut d'équilibre entre la dépense et la recette; mais le consulat se justifiait en prouvant que de 1722 à 1762 la ville avait versé au trésor royal près de vingt-huit millions en dons gratuits, et que la gestion la meilleure était bientôt compromise par les exigences incessantes du pouvoir royal. Des édits bursaux fort onéreux se succédaient sans relâche ; un arrêt du Conseil d'Etat soumit à la taille toutes les propriétés des bourgeois, soit de la ville , soit de

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