‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 3)Chapitre 65 sur 229 · INSTRUCTION PUBLIQUE; CLAUDE MARTIN. — XIX* SIÈCLE · texte numérisé non relu

INSTRUCTION PUBLIQUE; CLAUDE MARTIN. — XIX* SIÈCLE

mille francs de rente en faveur des Lyonnais prisonniers pour dettes , et une somme de deux mille roupies sicka (environ 1,800,000 fr.) destinée à la fondation et à l'entretien d'un établissement d'utilité publique , auquel il donna lui-même le nom de la Martinière !. Claude Martin ne pouvait connaître les besoins d'une ville qu'il avait quittée si jeune; il ignorait quel caractère spécial convenait le mieux à l'institution dont il la dotait, et doubla son bienfait en laissant sa ville natale déterminer elle-même le meilleur moyen de le rendre utile. Sa pensée , c'était de servir ses concitoyens , d'améliorer par l'instruction la

girla every year , to each Iwo hundred livres tournois , beside paying aboat one hundred I ivres for ihe marri âge and feasl ; each of tbose who married , or if the institution such as the Lucknow one , educating a certain number of boys and girls ; then they are to hâve a sermou and a dinner for the school's boys ; and those who are married, and they are to driuk a toast in memory of (signed by me Claude Martin , the inslitutor); and a medail is to be given , of the value of Gfty livres , with a premium in cash or in kind , to be about two hundred livres , to the boy or girl that has been the most virtuous and behaved belter during the course of the year ; and also to hâve a premium of the value of one hundred livres t for the second that behave better ; and also a third premium of about sixly livres, for the third that behave<!f%elter. I am in hope that the magistrale of that town will protecl the institution ; and in case the sum above allowed of two hundred thousand sika rupees is not suffîcient for a proper interest, to support the institution and buying or building house, then I give and bequealb an addilional sum of fifly thousand sika rupees, making two hundred and fifly thousand sika rupees ; one of my maie relation residing at Lyon may be made adminislrator or executor , joined with auy one appoinled by the magistrale , to be manager of the said institution , and thèse managers are to bave an œconoinical commission for their trouble , laken from the interest of the sum above mentioned. I also give and bequealh the sum of four thousand sika rupees , to be paid to the ma gi strates of the town of Lyon , for to libérale from the prison so many prisoners , as it may extend ; such that are detained for small debt ; and this libération is to be made the day of moulh I died , as that tho remembrance of the donor may be known and my name : major-general Mail in, is the instilutor, and has given (signed by me Cl. Martin) an 1 beqneathed the sum of four thousand sika rupees , for to libérale some poor prisoners , as far as that sum can aforded , this I mention to hâve it made known , as that if neglected , lhat some charitable men may acquaint the magistrate of the town of Lyon , as that they might oblige my executor, adminislralor , orassigns to pay the sum above said and be more régula r in theirs payment. » (The last Will and Testament of the major-general Cl. Martin. Dernière volonté et testament du major-général Martin. Lyon, Ballanche , 1803 , in-4°.)

Cette pièce , si importante pour l'histoire de Lyon, est fort mal traduite dans la publication que fit faire la ville ; et le texte anglais y esl, en outre , imprimé avec une grande incorrection.

1 — Jugement qui ordonne le dépôt au greffe d'un exemplaire du testament du majorgénéral Martin. — Dernière volonté et Testament du major-général Martin. Lyon, 1803, in-4*. — Réponse aux objections des collatéraux Eynard contre une institution universelle d'héritier faite en faveur de l'école la Martinière de Lyon, par Antoine Monmartin. Lyon, Aynè , 1842, in-8°.

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condition de la classe ouvrière, de créer en un mot une institution d'enseignement industriel. Il plaça les fonds de rétablissement nouveau sous la surveillance de l'administration municipale de la ville , et confia l'organisation de Fécole à la philanthropie et aux lumières de l'Académie de Lyon K Ce projet ne fut pleinement réalisé que sous la Restauration, en 1826, mais il n'en date pas moins du testament. *

L'institution la Martinière n'est point une école d'arts et métiers ; c'est une école préparatoire aux métiers et aux arts : elle applique à une instruction forte et solide les années, ordinairement oisives, qui s'écoulent entre l'enseignement primaire et le temps des apprentissages. On y professe , par la voie expérimentale, la chimie considérée surtout dans ses applications pra-

1 . — Le testament du major-général Claude Martin charge l'Académie de détermiuer le meilleur mode d'institution à établir : « to devise the beat institution. » Le texte est formel , mais attribue-l-il à ce corps savant un droit de surveillance d'une durée indéfinie? Ce droit . de l'Académie n'a-t-il pas été épuisé par le projet d'organisation de l'Ecole , donné par cette compacte ? Cette question a fait naître divers écrits , dont voici les principaux :

Rapport sur l'école de la Martinière , par M. Achard-James. Lyon, 1836, in-8°. — Rapport lu à l'Académie , le 5 juillet 1856 , sur l'institution la Martinière. Lyon , J.-M. Barret , 1836 , in-8°. — De la Martinière , à l'occasion d'un nouveau projet de statuts , par A. Monmartin. Lyon , veuve Aynè , 1839 , in-8°. — Observations d'un académicien de Lyon sur la seconde partie du Mémoire publié par la Commission executive de la Martinière. Lyon , L. Boitel, 1840, in-8°. — Mémoire de la Commission executive de la Martinière. Lyon, L.Boitel, 1840, in -8°. — Observations de l'Académie sur le Mémoire de la Commission executive de la Marliuière. Lyon , 1840 , io-8°. — Opinion sur les débals qui se sont élevés entre l'Académie et la Commission executive de la Martinière (par M. Tabareau). Lyon, 1840, in-8°. — Dotation de jeunes filles pauvres à l'institution la Martinière, proposition faite à l'Académie par M. Damas. Lyon, Barret, 1843, in-8°. — Rapport sur une fondation en faveur des jeunes filles pauvres de la ville de Lyon (par M. Boullée). Lyon , Barret , 1844, in-8°.

En droit , les prétentions de l'Académie sont fondées ; en fait , elles sont impraticables : une institution qui a si grand besoin de stabilité que l'école de la Martinière ne saurait être soumise, sans les plus graves inconvénients, au contrôle permanent d'une compagnie savante ; les corps académiques discutent beaucoup, et d'ordinaire administrent mal.

2. — Rapport sur le projet d'organisation d'une école d'arts et métiers , en exécution des dispositions testamentaires du major-général Martin, par Tabareau. Lgon , 1826, in-8°.— Discours prononcés dans la séance d'inauguratioti de l'Ecole théorique des arts et métiers, dite la Martinière ( par le même ). Lyon , 18Î6 , in-8°. — Mémoire de l'Académie royale des sciences , belles-lettres et arts de Lyon , sur le mode d'exécution- des dispositions testamentaires du major-général Martin. Lyon , 1827, in-8°. — Procès- verbal de l'installation de rétablissement provisoire de l'institution dite de la Martinière. Lyon , 1826 , in-4°. — Mémoire sur l'organisation de la Martinière, par Alphonse de Boissieu. Lyon , 1832 , in-8°.

ÉCOLE LA MABT1NIÈBE. — XIXe SIÈCLE. 1103

tiques l , la physique générale, la mécanique élémentaire , le dessin linéaire, la théorie de la fabrication des étoffes de soie, en un mot les sciences qui peuvent le mieux servir l'ouvrier dans la carrière dont il fera choix plus tard. L'âge tendre des enfants qui y sont admis est celui où il importe le plus à l'artisan de prendre des habitudes d'activité et d'ordre : considérée sous ce point de vue , l'influence de l'école préparatoire de la Martinière sur la morale publique n'est pas moins grande que son action sur les progrès de l'industrie.

C'est en servant un drapeau ennemi que Claude Martin acquit ses honneurs et sa fortune , l'inflexible histoire ne le taira point; mais elle fera une large part aux circonstances et pardonnera au major-général, en considération du bel usage qu'il a fait de ses trésors : il y aurait un grand puritanisme , surtout chez un écrivain lyonnais, à réprouver avec amertume une action mal connue dans ses détails , et qui s'est accomplie à de si longues distances. Les torts de Claude Martin ont été contestés , d'ailleurs , et , en tout état de cause , ne doivent pas être jugés avec trop dejrigueur; les bienfaits dont Lyon est redevable à cet homme de génie sont manifestes, immenses, et auront une durée indéfinie. Napoléon, qui se connaissait en patriotisme , autorisa la ville de Lyon à accepter le legs qui la concernait; il voulut qu'en témoignage de reconnaissance, le préfet du Rhône, pour satisfaire au vœu émis par le Conseil municipal , fît faire une statue en pied et un tableau destinés à représenter l'illustre major -général. Après trente-cinq années d'attente , la statue a été exécutée enfin par Fauteur de Spartacus , M. Foyatier : Claude Martin est représenté debout , une main sur son cœur , et tenant de l'autre son testament. Ce beau monument devait décorer la place Saint- Pierre , paroisse qui vit naître Claude Martin ; il a été déposé provisoirement sous l'un des arceaux de la galerie orientale du Palais de% Arts : sa destination la plus convenable est l'école de la Martinière. -

i. — Exposition d'aue nouvelle méthode expérimentale appliquée à l'enseignement populaire des sciences industrielles , et désignée sous le nom de Méthode manuelle , par Henri Tabareau.

2. — Telle était l'opinion de Napoléon. Après avoir autorisé la ville de Lyon à accepter le legs du major-général, il dit : « En reconnaissance des bienfaits du testateur, le préfet du

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§ V. On vient de voir ce que fut l'éducation publique sous Napoléon ; les sciences et les lettres ne demeurèrent point stalionnaires, et l'année i 800 fut pour elles une époque mémorable; supprimée depuis huit ans , l'Académie reparut sous le titre d'Athénée. Le préfet Verninac eut l'heureuse pensée de celte restauration : après avoir fait revivre la cité industrielle , il s'occupa d'organiser un lieu de réunion pour les hommes d'intelligence. Beaucoup de membres de l'ancienne Académie habitaient Lyon , ils formèrent naturellement le noyau de la nouvelle société savante. Verninac la consulta ; on discuta un projet de règlement, et quand tout eut été convenu, un arrêté du préfet institua, au mois de juillet de l'année 1 800 , sous le titre d'Athénée , une Société libre des sciences , lettres et arts. Elle se composa , lors de sa formation , de quarante-cinq membres titulaires , d'émulés, d'associés libres et d'associés honoraires; une séance particulière eut lieu le lundi de chaque semaine, et le public fut admis, deux fois l'année , aux réunions de la Société. L'Athénée proposait des sujets de prix ; il élut Verninac président, le comle de Laurencin vice - président , Roux secrétaire pour la classe des sciences , et Bérenger secrétaire pour la classe des lettres ' . On était avide des jouissances de l'esprit , au sortir des temps affreux qu'on venait de traverser; aussi tous les hommes de

Rliôue, conformément au vœu du Conseil municipal , fera exécuter aux frais de la cité une statue et un tableau destinés à représenter le général Martin. Cette statue et ce tableau seront places dans le bâtiment où l'on établira l'institution fondée par le général Claude Martin , et dont l'Académie de Lyon donnera le plan. Au bas de la statue on gravera une inscription semblable à celle qui doit être mise sur la porte de la maison d'institution , conformément au vœu du testateur. Cette maison sera acquise ou construite sur la place Saint-Saturnin , pour exécuter complètement la dernière volonté du testateur, et pour que sa mémoire soit honorée aux mêmes lieux où Ton bénit son enfance. » (Bulletin de Lyon, 24 floréal an XI). Le Conseil municipal , le 1«* germinal an VI, avait voulu ptacer la statue sur la voie publique et le tableau au Musée ; cette délibération fut cassée par un arrêté des consuls du 12 floréal an XI. En 1840, l'administration municipale décida de nouveau que la statue serait érigée sur une place publique (celle de Saint-Pierre); le Censeur s'éleva contre cette détermination (numéros des 15 , 19 et 20 juillet 1841 ) ; Revue du Lyonnais, tome XVIII, p. 90 ( 1843).— Voyez aussi l'opuscule suivant : Rapport (à l' Académie) sur les honneurs à rendre a la mémoire du majorgénéral Cl. Martin , par dePoliniére. Lyon , 1840, in -8°.

1. — Règlement de l'Athénée établi à Lyon le 24 messidor an VIII* , et liste des membres qui le composent. Lyon, BaUanche ci Barret, in-4°.

BELLES -LETTRES; L ATHÉNÉE. — XIXe SIÈCLE. 1105

quelque valeur daii6 les lettres et dans les sciences recherchèrent-ils avec le plus vif empressement un fauteuil à l'Athénée. Le vieux Ducis, Fontanes, La Harpe, Glaret de Fleurieu, J.-B. Say , Delisle de Sales et d autres écrivains distingués adressèrent au président leur adhésion , qu'ils accompagnèrent des paroles les plus flatteuses. Suivies avec régularité , les séances de la compagnie présentaient le plus vif intérêt; on y entendait fréquemment des hommes d'un grand mérite , Martin l'atné , Bérenger, Mollet, Guerre, Delandine, Marc -Antoine Petit, Gilibert, l'illustre Ampère. (Martin jeune, Grognier, Sainte- Marie et Dugas-Montbel y parurent quelques années plus tard). En 1802 on supprima la classe des émules, ainsi que celle des associés résidents , et on créa la section des émérites; la compagnie reprit son ancien titre d'Académie. Elle accueillit avec une grande distinction les savants italiens qui faisaient partie de la Consulta cisalpine : ils entendirent, dans la première séance à laquelle ils assistèrent , l'éloge de Dolomieu , par M. dlîymar , préfet du Léman, et une épitre en vers à l'abbé Delille , par Bérenger. Volta répéta devant la compagnie ses expériences célèbres sur l'identité des fluides électrique et magnétique , et il multiplia les preuves au moyen du condensateur de son invention. Ampère lut un mémoire en deux parties : l'une contenait une explication nouvelle des phénomènes de l'électricité , l'autre étudiait l'influence de l'électricité sur les affinités et la théorie de la lumière et des couleurs. Une autre bonne fortune était réservée à l'Académie : dans la séance du 7 juin 1803 (48 prairial an XI), Bérenger fit hommage à la compagnie, au nom de M. de Chateaubriand , alors à Lyon, d'un magnifique exemplaire de la nouvelle édition du Génie du Christianisme qu'accompagnait la lettre suivante , un des titres les plus précieux de notre histoire littéraire : « Messieurs, depuis longtemps lyonnais par « le cœur, la place qui me rapproche aujourd'hui de votre digne « archevêque m'a presque rendu votre concitoyen ; c'est à ce « titre que j'ose vous présenter mon faible ouvrage , en le souci mettant à vos lumières et à votre indulgence. L'église de Saintce Irénéc fut le berceau du christianisme dans les Gaules , et « cette même église a sauvé la foi dans les derniers jours de nos « calamités. La cendre des martyrs de Lyon a été jetée deux fois

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