‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 100 sur 364 · MONUMENT EXPIATOIRE DES BROTEAUX. XIX^ SIÈCLE · texte numérisé non relu

MONUMENT EXPIATOIRE DES BROTEAUX. XIX^ SIÈCLE

^rent, en les menaçant, les habitants du village à leur livrer du vin. On n'avait pas vu de plus lâches atrocités en 1793.

La terreur était au comble dans les campagnes; des temps d'horrible mémoire apparaissaient de nouveau. Informé de la situation des esprits, le Gouvernement envoya le duc de Raguse dans la septième et la dix-neuvième division militaires avec les pouvoirs et le titre de lieutenant du roi. Le maréchal Marmont arriva à Lyon dans les premiers jours de septembre , voulut tout voir par lui-même, examina les procédures , et eut bientôt son opinion fixée : il fut frappé de l'uniformité des rapports que lui présentaient les chefs des diverses administrations ; ceux-là paraissaient frappés de terreur , ceux-ci se glorifiaient de leurs actes , comme s'ils avaient sauvé l'Etat. Rien n'était plus démontré que les manœuvres de la police , si ce n'est l'impéritie (pour ne rien dire de plus) de quelques hommes qui , avertis de tout et pouvant tout empêcher, avaient laissé tout faire. Des agents provocateurs avaient parcouru les campagnes, tendant des pièges h la crédulité des paysans; un d'eux était l'homme qui avait remis le paquet de cartouches : ces misérables obéissaient à l'autorité militaire, dont le chef était le lieutenant-général Canuel, digne émule du général Donnadieu. II y avait eu des manifestations séditieuses , des actes répréhensibles et punissables, mais commis par d'ignorants paysans dont la faute devait être reportée en très grande partie sur les instigateurs du prétendu complot. Le chef d'état-major du maréchal, M. le colonel Fabvier, dénonça ces turpitudes et ces atrocités à l'indignation de la France; son écrit fut une action courageuse. Camille Jordan parla dans le même sens à la tribune nationale. Les maires de Saint-Ândéolle-Château, de Neuville, de Briguais, de Saint-Didier, d'Irigny et de Soucieux, hommes connus par l'exaltation de leur royalisme, furent suspendus de leurs fonctions par le maréchal, et définitivement destitués par le gouvernement du roi. Une douzième procédure était entamée depuis quatre mois ; elle fut mise au néant. Tous les condamnés à moins de cinq ans d'emprisonnement obtinrent grâce entière ; ceux qui l'étaient à un temps plus long virent leur peine réduite à une année d'emprison-^ nement; les condamnés à la déportation et aux travaux forcés n'eurent à subir que trois années de captivité. Toutes les amendes

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