‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 99 sur 364 · LYON SOUS LA BBSTAURATION · texte numérisé non relu

LYON SOUS LA BBSTAURATION

venait de recevoir ce sac des mains d'un inconnu qui s'étaii engagé à le reprendre quelques pas plus loin. Aucun ordre ne (ut donné à la garde nationale ; on ne consigna pas les troupes de la garnison. Un fait isolé peut être rattaché aux événements qui se passaient : le 8 juin, à onze heures du soir, le capitaine Ledoux se rendait à FHôtel-de- Ville ; arrivé au bout de la petite rue Mercière , et presque à l'entrée de la place de THerberie , il s'aperçut que quelques hommes le suivaient, se retourna, et reçut à bout portant un coup de pistolet qui le tua. Ledoux tomba, et fut relevé sans vie par un garde national qui se trouvait là. Ce meurtre fut-il un acte particulier de vengeance, ou la punition d'un traître ? on l'ignore.

On a vu quels étaient les faits , voici ce que fut le châtiment. La Cour prévôtale du Rhône s'en était chargée ; son chef était M. Desuttes. Des colonnes mobiles parcoururent les communes dénoncées , firent des visites domiciliaires avec une grande rigueur, et emmenèrent beaucoup de prisonniers; il y eut plus de deux cents arrestations , soit à Lyon, soit dans les environs: cent trois détenus furent relâchés quelques jours après, Êiute de preuves. Avec un tribunal souverain comme l'était la Cour prévôtale , les formalités n'étaient pas longues ; on n'oublia ni promesses, ni menaces, ni mauvais traitements pour arracher des révélations aux prisonniers : elles fournirent peu de charges à l'accusation. Il s'agissait d'un même attentat , d'un même fait ; il y eut onze procédures séparées , une pour chaque commune. Telle était l'extrême rigueur dont on usait envers les détenus , qu'un d'eux, placé derrière les barreaux de son cachot, ayant injurié la sentinelle et refusé de se retirer, reçut au bras un coup de fusil; coupable du même délit, un autre fut tué raide. Quand la sommaire instruction contre les cent cinquante-cinq accusés eut été terminée, le président prononça les arrêts vingt-huit prisonniers furent condamnés à mort, six aux travaux forcés, trente -quatre à la déportation, quarante - deux à un: emprisonnement plus ou moins long; d'autres peines furent encore infligées. La guillotine se promena dans les campagnes. A Saint-Genis , après l'exécution d'Oudin , un soldat vola les bottes et le pantalon du cadavre ; quelques-uns de ses cama^^ades firent rouler à coups de pieds la tête du supplicié ; d'autres contrai-

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