TRAVAUX PUBLICS A LYON. XIX'^ SIÈCLE. 11Û
cependant qu'une émotion passagère, et justifieraient peu l'importance qu'on leur accorde , si des études de mœurs ou d'utiles renseignements sur la situation des arts et de l'industrie ne s'y rattachaient souvent. Peut-être les Bourbons de la branche aînée ne les multiplièrent-ils point assez; affables, dignes et bons, ils n'avaient qu'à gagner en se faisant connaître le plus possible ù la France. Lyon prit un essor considérable sous les règnes de Louis XVIII et de Charles X; paralysé sous l'Empire, et réduit plusieurs fois aux extrémités les plus cruelles , son commerce eut un grand élan dès l'avènement de la Restauration. Les soies augmentèrent considérablement de valeur; les magasins encombrés se vidèrent, et le nombre des métiers en activité s'accrut de plusieurs milliers. Il y eut dans la ville une amélioration matérielle très sensible; j'indiquerai rapidement les travaux publics qui fiurent exécutés pendant les quinze années de la Restauration.
On termina quelques monuments commencés sous l'Empire et demeurés inachevés. Le pont de Serin fut livré à la circulation en 1815; celui d'Ainay était peu avancé. En 1817, le préfet du Rhône, comte de Chabrol , proposa à l'administration des Hospices de le terminer, et de se substituer au Gouvernement moyennant la concession d'un péage pour quatre-vingt-dix-neuf années; les Hôpitaux acceptèrent, ils n'avaient guère à supporter qu'un tiers de la dépense. Long de 11^ mètres entre les culées , le pont d'Ainay a 0 mètres de largeur ; il est formé de cinq piles en pierre qui supportent une charpente en bois. On le livra en 1818 à la circulation '. Sa construction n'avait pas
i. -« Pendant le cours de celte année 1818 le préfet du Rli6ne fut installe dans l'ancien monastère des Jacobins, qu'un décret impérial de 1810 avait afTecté h cette destination. Il avait fallu de grands travaux et une dépense de plus de quinze cent mille francs pour mettre le vieil édifice en état de recevoir les boréaux ei son nouvel hôte. Ainsi restaurée , la Préfecture se compose d'un corps de logis central , précédé par deux ailes parallèles qu'unissent une galerie et une grille en fer. Cet immense bâtiment a un aspect peu agréable , et sa distribution intérieure est peu commode. Le jardin esi humide . insalubre, el dominé par les maisons du voisinage.
Ce fut en 1818 que M. Menoux , conseiller de préfecture , posa la première pierre des nouveaux bâlimeots de l'Ecole vétérinaire ; poussés avec peu d'activité » les travaux furent bientôt complètement interrompus.
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toute la solidité désirable ; des réparations considérables devinrent nécessaires en 1835. Tant de relations unissaient le quartier des Broteaux à la rive gauche du Rhône , qu'un nouveau pont sur ce fleuve était reconnu indispensable , surtout au niveau de la maison du Concert. Une compagnie se présenta; mais le long privilège de la compagnie Morand était un obstacle : une fusion des deux sociétés concilia leurs intérêts. La première pierre fut posée du côté de la ville le 6 avril 1826; deux années suffirent a l'achèvement des travaux. Ce pont a des piles en pierre et une charpente en bois ; sa construction ne manque ni d'élégance ni de sohdité. On le nomma pont Charles X , mais les vicissitudes politiques lui imposèrent bientôt une autre dénomination.
Deux édifices d'un genre monumental , le Grand-Théâtre et le Palais de Justice, marquèrent le passage de la Restauration à Lyon.
Devenue insuffisante pour le service de la population , la jolie salle de spectacle, ouvrage de Soufflot, avait un autre défaut : eUe menaçait ruine. Assises sur les anciennes constructions du canal de jonction entre les deux fleuves , ses murailles s'étaient lézardées. Une restauration aurait été fort coûteuse , le Conseil municipal préféra bâtir un édifice entièrement neuf. Il commença par acheter, en 1 827, l'ancienne salle qui était devenue une propriété particulière, et la fit démolir aussitôt : la première pierre de la nouvelle salle fut posée le 4 9 août 1828, et l'édifice livré au public en 1830. Construit d'après les plans de MM. Chenavard et Pollet, le Grand-Théâtre avait une forme circidaire, et se faisait remarquer par la majesté de son aspect et par la pureté du style grec ; mais sa distribution intérieure était peu commode , et il y avait beaucoup de places perdues. Les théâtres d'Italie n'ont pas de façades remarquables ; rien à l'extérieur n'a été donné au coup d'œil , mais à l'intérieur tout a été fait dans l'intérêt de l'art et pour le bien-être des spectateurs. Abel de Pujol a peint le plafond du théâtre, Perlct a décoré le foyer; construit avec une extrême solidité, cet édifice a absorbé plus de quatre millions. Le Palais de Justice devait coûter bien davantage, et présenter des défauts beaucoup plus graves. En 1827, le Conseil général du département du Rhône et le Conseil munici-