XIX* SIÈCLE. — RÉVOLUTION DE JUILLET A LYON
royaume! M. Prunelle fut nommé maire en remplacement de M. de Lacroix-Laval ; MM. Terme , Victor Beaup et Arlès-Duftmr succédèrent à MM. de Verna, Glialandon et de Gatelîer, adjoints. MM. de Boisset , Evesque et Dugas furent maintenus. M. Paulze d'Ivoy J)nt possession de l'hôtel de la Préfecture.
Le 7 août , Louîs-Philippe reçut le titre de roi des Français ; une proclamation du maire à ses concitoyens annonça ce grand événement aux Lyonnais , qui l'accueillirent avec une vive satisfaction. On arrêta qu'une adresse de félicitation serait portée par une députation au roi , et que tous les citoyens la signeraient. Une brillante revue de la garde nationale eut lieu le 29 août; vingt mille soldats-citoyens s'y rendirent. Il n'y avait point encore de dissidences politiques parmi les hommes de juillet, et tous les cœurs s'unissaient dans un même sentiment de joie et d'orgueil au souvenir des événements qui venaient de s'accomplir.
CHAPITEB IX.
LYON sous LE GOUVERNEMENT DE LOUIS -PHILIPPE.
S f . Silnalion <l« Lyon après les journéet d« Jaillet 1830. — S 3* Détresse des classes oatrléres; le urif en 18SI. — $ S. Journées de norenbre 1831. ~ S 4. Entrée à Lyon dv prinee royal; éut des partis; progrés dot idées répvblieaines. — $ K. Association des mutuellistes; Lyon devenu le champ de bauille de la aonarchie constitutionnelle fondée en |8S0, et du parti radical. ~| 6. Journées d'avril 1834. — $ 7. La question d« rindenaiU à la Chambre des députés. —% 8. inondation de 1840. — $ 9. Le duc d'Aumale et le 17* léger A Lyon ; le due et la duchesse de Nemours. Camp de Dessine. Le duc et la duchesse d'Aumaie è Lyon.
S I. Un des premiers résultats d'une révolution même heureuse et légitime , c'est un temps d'arrêt dans les opérations commerciales, et quelque perturbation dans un grand nombre d'intérêts privés. Liée intimement à la paix , l'industrie s'alarme fecilement ; dès qu'elle a conçu quelques craintes fondées ou non j les capitaux disparaissent et se cachent : beaucoup d'ouvriers sont sans ouvrage et sans pain. C'est ce qui eut lieu à Lyon après la révolution de Juillet : on appréhendait une conflagration générale; la guerre paraissant imminente , peu de commissions furent adressées à la fabrique de Lyon. Cet état d'incertitude sur le maintien de la paix se prolongea pendant un
temps assez long , et eut des conséquences fâcheuses , soit pour les ouvriers en soie , soit pour le maintien de la tranquillité publique dans la ville.
Un des moyens de ramener la sécurité dans les esprits, c'était de faire connaître aux Français les princes que la volonté nationale avaient appelés au gouvernement du pays. Le jeune duc d'Orléans entreprit, dans les départements du centre , un voyage qui lui réussit très bien : on remarqua avec un agréable étonnement la facilité de son élocution , sa présence d'esprit , la simplicité de ses manières et sa justesse d'idées. Examiné avec grande attention par les amis et par les ennemis de la révolution de Juillet, le jeune duc soutint parfaitement cetle épreuve : son rare mérite eût fait sensation même dans une condition privée. Il arriva à Lyon le 18 novembre , sans l'éclat d'une réception officielle , sans cortège , sans aucune de ces démonstrations solennelles qui trompent si facilement les princes sur les sentiments véritables des populations. Après avoir reçu les autorités constituées, et répondu avec aisance et gravité aux discours de leurs orateurs , le duc d'Orléans passa , le 19, au Champ-de- Mars , une revue de quarante mille gardes nationaux, venus nonseulemept de la ville et de ses divers faubourgs , mais encore de Givors, de Vienne et de Villefranche. Tout le peuple de Lyon garnissait les talus de l'enceinte, les avenues du Champ-de-Mars, les toits des maisons voisines , et là surface entière de la presqu'île. Le prince, en uniforme de colonel du l*"" régiment de hussards, parut à une heure accompagné des lieutenants-généraux Baudrand et Bachelu ; il fut reçu par le préfet et par les maires : M. Paulze-d'Ivoy lui adressa une courte allocution. Arrivé auprès de l'estrade qui avait été préparée pour le recevoir, le prince fit approcher les députations des divers corps sous les armes , et , après avoir réclamé le silence par un geste , il leur remit le drapeau tricolore en adressant à ses camarades , ainsi qu'il les appelait , de patriotiques paroles. Le commandant Acher le remercia au nom de la garde nationale, qui défila devant S. A. R. en colonnes serrées. Il y eut le lendemain une autre revue , celle des troupes de la garnison , composée d'un régiment de dragons et du 38* de ligne ; on conduisit ensuite le prince à THôtel-Oieu , au Palais des Arts et dans quelques mai-