‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 113 sur 364 · INONDATION DE 1840. — XIX* 81ÊGLE. H · texte numérisé non relu

INONDATION DE 1840. — XIX* 81ÊGLE. H

sidérable de maisons bàlies en pisé s'écroulent avec fracas ; toute la Grande-Rue est devenue un canal; on éclaire les maisons avec des torches.

U pleut encore le 3 novembre. Grossie beaucoup pendant la nuit, la Saône passe sur le pont de Serin, et retombe en vaste nappe par- dessus le tablier. Plusieurs maisons du port Sablet ont de Feau jusqu'au plafond; tout Serin a disparu sous les eaux : ses nombreux entrepôts de liquides et de marchandises sont inondés et éprouvent les plus graves dommages ; plusieurs centaines de pièces de vin sont entraînées. Sur la rive droite, on se hâte de vider les magasins de la Douane où des avaries graves se sont déjà manifestées. Un arrêté du préfet ordonne le transport immédiat des bureaux et des marchandises (sucres, cafés , cacaos , indigos , etc.) dans les entrepôts de la Halle aux blés. Quatre-vingts mètres du nouveau quai de l'Arsenal sont emportés , et le quai est fouillé par les eaux à une grande profondeur. Les communications sont très difficiles , et les vivres manquent dans plusieurs maisons. On voit la Saône charrier des pièces de bois , des meubles , des lits , des berceaux d'enfants ; elle parait dans la rue Sala. À une heure , des bateaux à laver , détachés des quais de Serin et de Saint-Vincent, sont jetés par la violence des eaux contre la -passerelle et l'emportent : beaucoup de maisons au-dessus et au-dessous de Lyon vacillent , craquent et s'affaissent; celles des extrémités occidentales du pont d'Âinay s^abiment dans la Saône, qui emporte le pont provisoire en bois. Cependant la rivière , de plus en plus furieuse , gagne la rue Saint-Dominique , contourne l'hôtel de l'Europe , pénètre dans la rue du Plat , atteint la place de Bellecour , les rues du Bois et de la Poulaillerie , la Grenette , la rue de la Gerbe , et commence à poindre sur la place des Gordeliers. Les habitants du port du Roi , qui se croyaient bien en sûreté , ont à peine le temps de fuir : on ne peut circuler dans une grande partie de la ville. Les maisons de Vaise sont maintenant submergées jusqu'à la hauteur du premier étage; beaucoup, dont les fondements sont détrempés , disparaissent au milieu des eaux : leurs habitants se réfugient dans l'église et sur les collines du voisinage. Un incendie , qui dévore la fabrique d'orseille , près de FObser* vance , augmente l'horreur de ce tableau.

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La Saône croît de soixante-dix centimètres pendant la nuit , sous l'action d'un vent du Midi très fort ; elle s'élève sans cesse, et coupe la grande route de Paris : de nombreux bateaux sillonnent en tout sens les rues du centre, transformées en canaux. Des courants transversaux s'établissent sur plusieurs points ; la rivière se précipite dans le Rhône , vers la rue Basseville et sur le quai Bon-Rencontre : toute la place de Bellecour est devenue un lac profond. On circule en bateau le long des allées des Tilleuls, dans la rue Saint-Dominique, dans le passage de l'Argue , et d'un bout de la rue du Pérat à l'autre. Deux mètres d'eau couvrent la place Léviste ; il y en a beaucoup dans la cour de l'hôtel de la Préfecture et dans les salles du rez-dechaussée. L'église et la première cour de la Charité sont inondées , ainsi que les rues Sala et de la Sphère ; une grande partie du cours du Midi est submergée jusqu'à la hauteur de deux mètres. Vers le milieu du jour, un bateau à laver, entraîné par le courant, brise les chaînes de la passerelle Saint-Vincent : une moitié du poijt de la Feuillée est sous l'eau , l'autre est relevée. Encombré de débris , le pont de Serin vacille et craque ; il résiste cependant. Une pile du pont de la Mulatière est renversée, et entraîne deux arches. Le tablier de la travée centrale du pont Seguin oscille avec bruit; une lame l'emporte, et il tombe avec grand fracas , entraînant avec lui les câbles de suspension et les colonnes élégantes qui étaient placées à Taval. Un nouveau courant transversal déverse les eaux de la Saône dans le fleuve, parla place de la Charité : jamais semblable spectacle n'avait été vu à Lyon.

Bloqués dans leurs demeures , beaucoup d'habitants des quais ou des rues centrales recevaient leurs aliments , soit par le toit des maisons voisines , soit par des échelles placées sur des bateaux. Chaque porte d'allée avait son débarcadère , composé de planches posées sur des caisses ou sur des tonneaux , ou suspendues par des cordes à un ou deux mètres au-dessus du sol : c'était par ces voies de communication que les habitants regagnaient en rampant leur domicile ; de distance en distance des échelles étaient attachées aux fenêtres des premiers étages, et servaient à maintenir les relations avec la rue. On voyait même en quelques endroits des ponts aériens improvisés au moyen de planches

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jetées d'un côlé de la rue à Tautre : des femmes, des enfants, des vieillards ne craignaient pas de s'y aventurer ; Thabitude les avait familiarisés avec ces passages périlleux. U y eut fort peu d'accidents.

Les étangs de la Bresse s'étaient rompus; entraînés par la violence des eaux, et évitant le courant , leurs innombrables poissons cherchaient des eaux plus tranquilles sur le pavé des mes de l'intérieur de la ville. On les prenait avec des chapeaux , avec un mouchoir , à la main ; il n'y avait qu'à se baisser : beaucoup de gens leur faisaient la chasse et les vendaient à vil prix aux curieux. Des affbulements de terre eurent lieu sur divers points; disjoints et déchaussés, les tuyaux du gaz pour l'éclairage furent défoncés et cessèrent leur service. A Vaise et à Serin, l'affligeante situation des habitants empirait à chaque instant.

Cette crue énorme de la Saône augmenta encore de quelques centimètres pendant la nuit du 5 novembre; des arches du pont Tilsitt et du pont d'Ainay étaient obstruées. On craignit beaucoup pour les piles du vieux pont de Pierre : une maison , placée à son entrée orientale , se lézarda , et les eaux entraînèrent la plupart des pierres de taille qui garnissaient la partie supérieure des éperons; il y eut un affaissement auprès de la guérite. Une excavation considérable se forma au port aux Pierres ; elle avait quatre mètres de chute , et mit à découvert le vieux mur de l'ancien cimetière des Gordeliers; on trembla, non sans raison, pour quelques maisons du quai Bon-Rencontre. L'inondation atteignit, à midi, son point le plus élevé : sept mètres trentesept centimètres au-dessus de l'étiage (quatre-vingt-dix centimètres plus haut que les eaux de 171 1 ).

Après être demeurée stationnaire pendant quelques heures , la Saône commença enfin à décroître ; elle avait baissé de trente centimètres dans la matinée du vendredi 6 novembre. Ce jour-là, un bateau de foin , entraîné par la rivière, heurta la culée du* pont de rile-Barbe et emporta le tablier. A la Quarantaine , une masse énorme de terre se détacha de la colline et écrasa deux maisons ; personne heureusement ne s'y trouvait. Des blocs se détachèrent du rocher de Pierre-Scise. Peu à peu les courants transversaux se tarirent; il y eut encore quelques recrudescences.

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soit du Rhône , soit de la Saône , mais sans gravite. Enfin le vent du Nord vint à souffler, et Finondation cessa ; elle ne fut bien terminée cpie le 25 novembre.

Toute la population de Lyon alla visiter le lieu des désastres : c'était un spectacle affreux; on eût dit une ville saccagée et rasée par Tennemi. A Vaise et à la Guillotière , les rues présentaient Fimage de la dévastation ; elles étaient encombrées de poutres , de graviers, de fragments de murailles, de piles de bois entassées de la manière la plus bizarre. Ouvertes dans toute leur hauteur, beaucoup de maisons ne consistaient plus qu'en un mur auquel étaient suspendus des fragments d'escaliers ou de planchers couverts encore de quelques meubles. Presque toutes les maisons de Gorge-de-Loup couvraient le sol de leurs débris , comme si un tremblement de terre les eût renversées : personne n'avait péri. Beaucoup plus solidement construites , les maisons de Fintérieur de la ville n'avaient éprouvé que peu de dommages; mais les magasins , remplis d'eau pendant plusieurs jours, demeurèrent humides fort longtemps. *

Les désastres avaient été immenses ; on s'occupa avec activité de les réparer : Mgr de Bonald , cardinal-archevêque de Lyon , M. Jayr , préfet du Rhône , et M. Terme , maire de la ville , s'occupèrent avec un zèle infatigable des moyens de soulager les malheureux. Une commission centrale de secours fut organisée dès le 7 novembre; elle rendit de grands services. Des circulaires du préfet recommandèrent à la sollicitude des maires du département des milliers de familles privées d'asile et de ressources : on reçut les indigents dans les édifices publics, et on leur distribua des aliments et des vêtements. D'utiles mesures furent prises pour assurer aux inondés la conservation de

i* — De nombreuses inscriptions gravées sur le marbre ou sur le bronze , et incrustées sur les murailles , conserveront à toujours la hauteur des eaux pendant l'inondation de 1840; elles ont été fort multipliées. Voici quelques-unes de ces mesures : église de la Charité, à l'angle de la place , 2 mètres 26 centimètres au-dessus de la dalle du pavé ; église de l'BApital, au-dessus du perron , 50 centimètres ; portail de l'église Saint-Bonaveniure , 45 centimètres ; hôtel de la Préfecture , h la grille d'emrée , 1 mètre 45 centimètres ; au pont Morand, 3 mètres 10 ce.ilimèlres ; au pont Lafayette , 2 mètres 95 centimètres ; au pont d'Ainaj, côté d'aval , 6 mètres 45 centimètres ; au pont Tilsitt , côté d'aval, 7 mètres 35 centimètres; au pont de la Fenillée , côté d'amont , 8 mètres 88 centimètres ; au pont de Serin , 8 mètres 89 cenlimèlres.

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leur mobilier , et pour prévenir récroulement des nombreuses

maisons qui menaçaient ruine. Un arrêté non moins important

imposa aux constructeurs des maisons à rebâtir l'obligation

d'établir leur base en maçonnerie jusqu'à la hauteur des plus

fortes eaux; un autre régla le mode de répartition des secours.

Une adresse du maire à ses concitoyens invita la population à

ne point faire usage de Teau des puits que l'inondation avait

atteints *. Toutes les salles du palais archiépiscopal s'ouvrirent

pour les inondés; ils y trouvèrent des consolations et des secours

de toute nature. « La cité des Pothin et des Irénée , plus admi-

M rable par sa bienfaisance que par son industrie, dit l'archevêque

« dans son mandement, cette cité, si justement nommée la

« ville des aumônes , nous est apparue ce qu'on l'a toujours vue

« au milieu des plus terribles calamités , les mains pleines de

« bienfaits qu'elle verse de toutes parts , ouvrant des asiles à

« ceux qui ont vu disparaître leurs demeures dans les flots ,

» donnant des vêtements à ceux qui n'avaient pu sauver que

«< leur vie , et prenant sous son patronage les enfants que leurs

« mères ne pouvaient plus nourrir. Toutes les paroisses , toutes

« les familles , le pasteur et la sœur de charité , le pauvre et le

« fiche , tous ont rivalisé de courage , de générosité et d'abnéga-

u tion de soi-même ; les magistrats ont donné l'exemple aux

« habitants ; partout la charité a vaincu, en quelque sorte,

M la dévastation. »

La conduite du clergé fut belle ; un digne prêtre , le curé de Saint-Nizier, parcourait les rues inondées de sa paroisse dans une barque remplie de pain acheté à ses frais, et qu'il distribuait gratuitement aux pauvres gens cernés par les eaux. Beaucoup de secours arrivèrent aux inondés; la France s'était émue à la nouvelle de leurs désastres. Il y eut d'abondantes souscriptions

1.— Rapport sur Tinondalion de 1840, présenté par M. le maire de la TÎHe de Lyon ( M. Terme ) à M. le préfet du Rbôoe. Lyon, Charvin et Nigon , 1840, in-4o. On trouve dans le même volume l'écrit suivant : Inondation de 1711 , extrait des Actes consulaires déposés aux archives de la ville de Lyon. — Histoire des inondations du Rhône et de la Saône depuis leur source jusqu'à leur embouchure , en l'année 1840 , ouvrage composé sur les rapports officiels , procés-verbaux et actes administratifs ( par Auguste Baron ). Lyon , Dumoulin , 1841 , in-8o. — Plan des inondations du Rhône et de la Saône « dans Lyon et ses faulMMirgs (publié par Aug. Baron). Lyon^ 1841, grand in-fol. col.

ouvertes , même à Fétranger ; le roi donna une somme considé^ rable , une autre fui votée par les Chambres. On évalua le dommage, dans le Lyonnais seulement, à plus de quinze millions.

§ IX. Lyon est une ville si riche que ses dommages matériels y sont bientôt réparés ; six cents maisons s'étaient écroulées , elles furent rebâties plus solides et plus belles en moins d'une année. Il ne restait pas de traces visibles de l'inondation , lorsque le duc d'Aumale , alors colonel du 17* léger, arriva dans la ville au retour d'une campagne dans l'Algérie , à la tête du premier bataillon de son régiment, le 22 août 1841. Noirci et maigri parle soleil d'Afrique , le prince n'avait aucune escorte; il descendit de cheval à l'hôtel de l'Europe, et son premier soin fut de rendre visite aux généraux , ses supérieurs militaires. Il avait accepté un banquet offert par la ville au 17* léger : cette fête eut un caractère particulier d'originalité. On avait placé les tables dans la partie septentrionale du cours du Midi , comprise entre la Saône, l'allée centrale et l'avenue qui conduit au Champ-de- Mars. Il y en avait trente, chacune de quarante-deux couverts : au milieu de l'enceinte était une table de cent quarante couverts pour le colonel et les officiers du 17*, pour les fonctionnaires publics et pour de nombreux invités. Des trophées d'armes décoraient les quatre angles, et on voyait à chaque table flotter des banderoles dont chacune portait le nom d'un des combats auxquels le 17* léger avait pris part. Le temps était superbe; un câble enroulé autour des arbres du cours séparait les hôtes de la ville d'une couronne compacte de cinquante mille spectateurs qui se pressaient autour de l'immense enceinte. Des chefs d'atelier étaient mêlés aux soldats à chaque table, dont un président faisait les honneurs. Après le banquet , le duc d'Aumale , conduit par M. Terme, fit le tour des tables, adressant de gracieuses paroles aux personnes que lui nommait le maire; il assista, le soir, à une représentation de Lucie donnée au Grand-Théâtre. Un des épisodes les plus populaires de son séjour à Lyon fut sa visite aux ateliers de la Croix-Rousse; le duc d'Aumale s'y rendit accompagné de MM. Riboud et Arquillière , l'un président et l'autre vicçprésident du Conseil des prud'hommes, de M. Mathevon, fabricant , et de quelques autres personnes. Cette excursion du prince

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dans le célèbre faubourg lui réussit parfaitement; il y reçut une véritable ovation. Des milliers d'ouvriers accouraient sur le passage du jeune colonel , suivi partout et en quelque sorte étoufl*é par la foule qui lui témoignait la satisfaction la plus vive. On conduisit le duc chez quelques chefs d'atelier: il vit chez M. Martinon les métiers pour le tissage des écharpes , des châles en soie chez M. Goj, et de belles étoffes pour meubles, ainsi que le beau portrait de Jacquard fabriqué au métier chez M. Garquillat. Cette visite du prince , dans cet atelier, a inspiré à M. Bonnefond un tableau que M. Garquillat a parfaitement exécuté sur un métier. Après sa visite aux ouvriers , le duc passa en revue les sapeurspompiers de la Croix-Rousse, et parcourut , toujours à pied , toujours chaleureusement fêté , les principales rues du faubourg : il n'avait d'autre escorte que les vives sympathies de ce peuple de travailleurs. Le 26 , à quatre heures moins un quart du matin, le colonel du 17^ passa son régiment en revue et partit bientôt après , suivi jusqu'à la montée de Balmont par le lieutenantgénéral de Lascours, commandant de la i9^ division militaire, et par les maréchaux-de-camp Fouché, Raindre et de Saint- Joseph.

Deux années plus tard, son frère, le duc de Nemours, accompagné par la belle et gracieuse duchesse sa femme , vint commander le camp de Dessine; l'emplacement était bien choisi pour les manœuvres. Après l'enlèvement des récoltes , de vastes steppes situées entre le Rhône et Crémieu présentaient un terrain fort convenable pour les évolutions militaires. On avait établi le camp entre les communes de Villeurbanne , de Vauxen-Vélin et de Dessine : ce fut sur ce lieu que se dirigèrent les 16* et 20® léger , les 34* et 51* de ligne , le 12^ de chasseurs à cheval, le 5* de lanciers, le 3* de dragons et le li* d'artillerie, venant de Clermont, Grenoble, Mâcon, Gap, Briançon, Vienne, Dôle , Moulins et Valence. Toutes ces troupes furent rendues à leur poste le 1 3 août : le gros de l'infanterie était composé de cinq régiments à deux bataillons. Chacun avait dressé ses tentes à droite et à gauche du chemin de Crémieu , en avant de Villeurbanne ; à la gauche de cette même route se trouvaient les deux bataillons du 51® de ligne , et deux compagnies de sapeurs du génie; à droite et sur deux lignes parallèles, les bataillons du 34®

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de ligne , du 20® léger, du 19® et du 16® de ligne. Les faisceaux étaient formés du côté de l'Est, et le parc d'artillerie, composé de deux batteries , se trouvait derrière le 34® de ligne, à quatre kilomètres du camp principal. Sur les hauteurs du Molard et à gauche de la route , le 16® de ligne avait été installé comme camp avancé. Les dragons, les lanciers et les chasseurs occupaient Dessine, et le quartier général était établi à cinq cents mètres en arrière du camp , sur la route de Grémieu. On avait ainsi fractionné les troupes : deux brigades d'infanterie de six bataillons chacune ; la première, aux ordres du maréchal-de-camp baron de Saint- Joseph; la seconde, commandée par le général Loyré d'Arboville; une brigade de douze escadrons de cavalerie (huit de cavalerie de ligne , quatre de cavalerie légère ) sous la direction du général comte Waldner de Frendenstein ; deux batteries d'artillerie dont l'une à cheval du M®, et l'autre montée du lu®; une compagnie du génie , une compagnie de pontonniers , un détachement du train des équipages, et un détachement de gendarmerie pour la police du camp : en tout , douze mille hommes et quinze cents chevaux sous le commandement supérieur du lieutenant-général de Lascours , en l'absence du duc de Nemours. Ce camp , aux portes de Lyon, produisait un eftet très pittoresque; les tentes, bien espacées et alignées, en faisaient une ville militaire que toute la population de la cité industrielle s'empressait d'aller voir. Des centaines de guinguettes, improvisées en avant de Villeurbanne, suffisaient à peine au grand nombre des visiteurs , et donnaient aux abords du camp l'aspect le plus animé. >

Le duc et la duchesse venaient de Mâcon; ils s'embarquèrent sur le bateau à vapeur l'Hirondelle, et admirèrent le beau paysage des rives de la Saône, si remarquable surtout depuis Belleville. On était au 20 septembre, et le temps se montrait magnifique. Curieuse du spectacle qui s'annonçait , la population lyonnaise se pressait sur les deux quais de la Saône ; fenêtres , balcons , galeries , toits en saillie , collines des deux rives , tout était envahi de bonne heure. Un embarcadère avait été construit

I . — On évalue à plus de cent mille le nombre de curieui qu'ameuèreot à Lyon le camp de Dessine et l'armée du duc et de la ducliesse de Nemours.

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