‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 122 sur 364 · FORTIFICATIONS DB LYON. XIX^ SIÈCLE. 42S · texte numérisé non relu

FORTIFICATIONS DB LYON. XIX^ SIÈCLE. 42S

fort de Loyasse, du faubourg et du fort de Vaise. Le bastion Saint-Laurent, placé a Textrémité opposée, flanque la pointe de Fenceinte de la Croix-Rousse , et donne quelque feu pour protéger la lunette qui ferme l'entrée du fossé de ceinture de la rive gauche du Rhône.

En avant de l'enceinte , à une distance de deux kilomètres lenviroQ, sont jetés les deux forts de Galuire et de Montessuy, situés chacun au bord des escarpements qui descendent du plateau de la Croix-Rousse , vers le Rhône d'un côté et la Saône de l'autre. La ligne droite qui les joindrait serait oblique au cours des deux rivières ; la distance qui les sépare est de huit cents mètres. Ces forts sont carrés; celui de Montessuy, le plus éloigné de l'enceinte , est couvert par quelques dehors en terre ; enfin , ils sont tous deux hors d'atteinte du ricochet. L'ennemi, atta- <|uaiit de ce côté, devrait s'être rendu maitre du cours supérieur de la Saône et du Rhône, il serait d'ailleurs obligé d'attaquer el de prendre les deux forts avant de faire aucune tentative sur Fenceinte elle-même; et comme, par la disposition du terrain, Fétendue de ses attaques serait forcément égale à celle de la défense, sa position serait très défavorable. Une fois maître de ces défenses avancées, il aurait à prendre le faubourg de la Croix-Rousse qui lui présenterait toutes les difficultés d'une guerre de maisons et d'une défense pied à pied. Enfin , ces obstacles une fois surmontés , s'il se rendait maitre de l'enceinte , sans tenir compte de la résistance qu'il trouverait dans la ville, on peut afiirmer qu'il ne pourrait pas s'avancer sans être écrasé entre les hauteurs de Fouvière et la rive gauche du Rhône ; il ne sortirait de cette position critique, qu'en faisant deux passages de rivière fort périlleux, et qui ne le mèneraient pas encore au terme de ses travaux.

La seconde partie de l'enceinte , placée sur la rive droite de la Saône , suit à peu près le tracé général d'une muraille élevée en i«36/t par Charles V; le bastion de Saint-Just, dont les feux de flanc accableraient Fennemi assez imprudent pour s'avancer dans la presqu'île de Perrache sans être maitre de Fourvière , ce bastion , dis-je , forme Fextrémité sud de Fenceinte , au bord . des pentes rapides qui descendent vers la Saône, à la hauteur du pont d'Âinay.

Cette ligne fortifiée est couverte par les forts de Vaise et de Loyasse au Nord , et par ceux de Saint-Irénée et de Sainte-Foy au Sud. Les deux premiers joueraient un rôle important dans la défense de la Groix-Ronsse , en donnant des feux de flanc et de revers sur les attaques. L'enceinte fortifiée de Fourvière, construite en dernier lieu, donne un grand soutien aux forts qui le protègent. Ce qui a été dit plus haut des forts Galuire et Saint-Jean fait suffisamment comprendre que Ton ne pourrait pas se borner, en attaquant Fourvière, à détacher un corps de troupe sur la rive gauche de la Saône pour contenir les sorties de la Croix-Rousse, mais qu'il faudrait encore s'être rendu maître de cette autre partie de l'enceinte.

Le fort de la Duchère , actuellement en construction sur le versant septentrional du plateau , favoriserait la défense avancée de cette partie de l'enceinte, en appuyant les mouvements d'un corps placé sur la montagne de Limonest.

L'enceinte de la rive gauche du Rhône se compose d'une ceinture de neuf forts, reliés entre eux par un fossé et un chemin de ronde continus. Ce fossé passe à la gorge des forts de la Téte-d'Or, de la lunette des Charpennes, des forts des Broteaux et de la Part-Dieu ; puis il se dirige vers le cours inférieur du Rhône en contournant le fort de Villeurbanne , la lunette des Hirondelles , les forts de la Motte , du Colombier et de la Vitriolerie. Ce fossé est plein d'eau depuis la Téte-d'Or jusqu'au fort des Broteaux d'une part, et jusqu'au fort du Colombier de l'autre. Dans la partie de l'enceinte comprise entre les forts de Villeurbanne et le fort de la Motte , le fossé de ceinture est sec, le terrain dans cet endroit formant une arête saillante; on doit remarquer, de plus, que cette partie est la plus avancée vers la campagne.

Les difficultés de Fattaque, de ce côté, seraient telles que l'ennemi ne pourrait s'y arrêter un seul instant. Quelques mots suffisent pour en faire juger.

Les terrains bas qui avoisinent l'entrée du fossé veYs le Rhône supérieur sont sans cesse exposés à des inondations par les eaux du Rhône; il en est de même des parties voisines du Rhône inférieur : en aucun temps , du reste , ces terrains ne seraient propres à des travaux d'attaque. L'assiégeant serait donc obligé

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