XIX^ SIÈCLE. AMÉLIORATIONS DANS LES HOPITAUX
presque tous les fous y mouraient dans des accès de démence furieuse. On s'occupa d'améliorer leur sort, sous le Consulat; en 1810, un décret de Napoléon ordonna leur admission dans un local particulier, et c'est ainsi que l'hospice commença. U fit beaucoup avec de très faibles ressources , et a pris un grand développement depuis vingt années; on y admit non-seulement l'aliénation mentale et l'épilepsie, mais encore les maladies cutanées et les affections syphilitiques. Cette maison met aujourd'hui à la disposition des malades 769 Uts, ainsi répartis : hommes aliénés 4 89 , femmes aliénées 219, hommes affectés de maladies syphilitiques 49, femmes 105; vieillards incurables des deux sexes 80; malades de teignes, dartres, etc., 1 28. L'admission n'est pas gratuite : la ville paie un franc par jour pour les ahénés à sa charge ; la pension des autres a été réglée à cinq cents francs ; les autres lits sont taxés par jour à un franc cinquante. Cet hospice est au moment d'éprouver aussi une régénération ; quelquesunes de ses salles sont dans un état de délabrement déplorable , et ne conviennent nullement à un service de malades. Trop voisins du bruit de la ville, éloignés des champs et resserrés dans un espace beaucoup trop exigu, les aliénés y sont fort mal; il faut absolument construire pour eux un établissement spécial, et le département y pense •. Les salles neuves qu'ils occupent maintenant seront très bien disposées pour les autres spécialités de l'hospice.
S V. Quoique placé dans les attributions du ministère de la guerre, l'Hôpital militaire n'en est pas moins un monument lyonnais; c'est une création fort belle. Etabli, en 1832, dans une ancienne caserne , il se compose de quatre grands corps de bâtiments, séparés par des cours vastes et bien aérées. Il y a trois étages : les salles des deux premiers sont très convenables pour leur destination ; celles du troisième étage ont des plafonds
f. — L'établisscmciil des frères de Saint Jean-de-Dieu dans la plaine de Saint-Fonds , à (|ualrc kilomètres de Lyon , offre de grands avantages pour le service des aliénés : il met à leur disposition un terrain très vaste, tout en culture et dans de bonnes conditions topograpliiques; mais il n*y n pas assez d'eau , et l'organisation du service médicni pourrait être le sujet de considérations dont je dois m'abstenir ici. Cet établissement ne reçoit que des hommes (environ trois cent quatre-vingts).