‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 131 sur 364 · Û6 XIX*^ SIÈCLE. INSTITUTIONS CHARITABLES · texte numérisé non relu

Û6 XIX*^ SIÈCLE. INSTITUTIONS CHARITABLES

été le mouvement général du Mont-de-Piété de Lyon pour Tannée 1845 : nombre total des prêts, 150,000; chifire total des sommes empruntées, 2,357,000 fr. : c'est un mouvement d'environ cinq cents gages pour chaque jour ouvrable. Sur les 150,000 prêts, 3,000 environ ont dépassé la valeur de cent francs, sans s'élever , en moyenne , au-dessus de cent cinquante francs. Nulle part les frais généraux des Monts-de-Piété ne sont moindres qu'à Lyon.

S IX. Je viens de montrer la pauvreté qui oblige l'ouvrier d'engager ses effets mobiliers au Mont-de-Piété, le vagabondage et la mendicité que réprime la maison de dépôt; j'ai parlé des crèches et des salles d'asile ouvertes à de petits enfants dont leurs parents ne peuvent prendre soin, et de nombreux hôpitaux dans lesquels sont reçus quatre mille malades civils et militaires, ainsi que plusieurs centaines d'incurables. Mais rien n'est plus varié que les formes de la misère dans les grandes villes ; on y rencontre à chaque pas, soit dans l'ordre moral, soit dans l'ordre physique, des maux qui ont échappé à la prévoyance de l'administration, des infortunes sans nom et sans mesure, qu'il faut bien cependant soulager. Une fondation déterminée de bienfaisance est venue presque toujours au secours de chacun de ces genres d'infortune, et c'est surtout ici que la bienfaisance des femmes de Lyon s'est montrée ingénieuse et inépuisable. Je ne pourrai , bien certainement, énumérer toutes ces variétés de secours publics; aussi me bornerai-je à indiquer les principales. Les jeunes filles incurables sont reçues dans l'utile établissement fondé, en 1819, auprès de l'église d'Ainay, par Mademoiselle Perrin, et servi maintenant par des sœurs de Saint-Joseph ; les pauvres femmes incurables délaissées ont trouvé un refuge dans la maison des dames veuves du Calvaire ; les vieillards , dans le même état, ont pour asile quatre hospices charitables institués par le curé Alhumbert, par les dames de la Miséricorde, par les sœurs de Saint-Charles et par Mademoiselle de la Barmondière. Une dame de Lyon , Anne Denuzière , morte en 1829 , a fondé une institution pour l'admission gratuite d'un certain nombre de jeunes garçons pauvres et orphelins dans un établissement qui les forme au travail jusqu'à l'âge de vingt ans. D'autres orphelins et orphelines sont recueillis par l'œuvre de la Providence que le curé

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