XIX^ SIÈCLE. — BATEAUX A VAPEUR
commerce que la fureur des spéculations à la Bourse, comme on Ta vu en 18û5 el en 1846. Je n'insisterai pas sur ces considérations , et je passerai à l'étude sommaire de deux découvertes qui ont eu sur Lyon une action bien puissante , celle des bateaux à vapeur et celle des chemins de fer.
S IV. Cette histoire a fait connaître les essais du marquis de Jouflroy , d'un bateau remontant la Saône par la force de la vapeur d'eau : ils n'eurent aucun résultat durable. Une autre tentative fut faite sur le Rhône, un demi-siècle plus tard, au-dessous du pont de la Guillotière , en face du quai de la Charité ; elle eut une issue malheureuse : la chaudière fit explosion avec fracas, et plusieurs personnes périrent ; quelques débris de la machine, lancés sur le quai, y tuèrent des passants. Mais l'imperfection d'un appareil et le désastre d'un bateau ne pouvaient désormais arrêter l'application d'une découverte dont les admirables résultats ne pouvaient plus être contestés; elle se perfectionna, et se développa sur nos fleuves avec une incroyable rapidité. De 1831 à 1839, vingt-six bateaux à vapeur, munis de machines anglaises, sillonnèrent le Rhône, de Lyon à Arles; ils représentaient une force collective de 2,038 chevaux , et mettaient ensemble i ,590 heures pour porter 1,6^3,000 kilog., en consommant 936,000 kilog. de charbon. Mais d'habiles ingénieurs modifièrent la forme de la coque et substituèrent le fer au bois dans la construction des bateaux , qui portèrent dès-lors le double du poids, marchèrent plus vite et brûlèrent moitié moins dé combustible. Dans l'ancien système, un bateau, de la force moyenne de cinquante-six chevaux, mettait soixante heures pour remonter le Rhône d'Arles à Lyon , et ne portait que trente-cinq tonnes de marchandises. Il y eut ensuite des appareils , de la force de soixantedix à cent chevaux , qui transportèrent de cinquante à soixante tonnes en quarante -huit heures. Plus récemment encore, on en fit de la force de cent soixante à cent quatre-vingts chevaux, qui promettaient de remonter les soixante-douze kilomètres d'Arles à Lyon en quarante heures; mais leur tirant d'eau était trop considérable , et ils ne firent pas un bon service. Aujourd'hui , au moyen de machines françaises, fabriquées au Creusot, des bateaux de la force de quatre-vingts à cent chevaux prennent de quatre-vingts à cent tonnes de marchandises , ne tirent qu'un