‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 141 sur 364 · CLASSES DANGEREUSKS A LYON. XI X^ SIÈCLE · texte numérisé non relu

CLASSES DANGEREUSKS A LYON. XI X^ SIÈCLE

d'un aulre ordre, et dont la révélation ne saurait être interdite à rhistorien : Lyon et sa banlieue comptent plus de deux cent mille habitants , la plupart ouvriers ; le nombre des filles publiques qui sont enregistrées à l'Hôtel -de -Ville ne dépasse pas trois cents ; très peu sont nées dans le département du Rhône : on évalue de soixante-dix à soixante-quinze celui des maisons de tolérance, mais la moitié n'ont qu'un rang très secondaire; il y a vingt maisons clandestines , et l'on évalue à trois cents environ, ce qui est beaucoup, le nombre des filles en chambre. En joignant à ces chiffres celui de cent cinquante à deux cents filles de mauvaises mœurs , disséminées dans les quatre grands faubourgs, la Croix -Rousse, la Guillotière, les Broteaux et Vaise ; en tenant compte de certains lieux suspects qui , sous le nom de cafés ou de cabarets , sont de véritables lieux de prostitution , on n'aura qu'un total bien inférieur , proportion gardée avec le chiffre de la population , à ce qui existe soit a Paris , soit à Londres. Les classes dangereuses et la prostitution n'ont donc pas, chez nous , l'extension et ce luxe de nuances qu'on leur voit autre part; elles n'auraient pas fourni à MM. Parent -Duchâtelet et Frégier la riche matière qu'ils ont trouvée , pour leurs utiles ouvrages , dans l'enceinte de la capitale. *

Mais j'ai hâte d'arriver aux moyens d'atténuer beaucoup ces fléaux des grandes cités : c'est l'instruction primaire, c'est la religion propagée parmi le peuple , qui rendront meilleures les mœurs publiques. Quels ont été les progrès de l'éducation , des sciences, des lettres et des beaux-arls à Lyon, depuis l'année 1830 ?

I. — Une Histoire de Lyoti, qui s'est proposé de peindre les mœurs avec non moins de deuils ei de soin que les faits , devait , pour être fidèle et complète , ne point s'interdire ces rens«Mgnrmenls importants :

Homo itum , hiiniani nihil a inr alirnum piitu.

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