VILLE-AFFBANCHIE. AN II (1793). XVIII® SIÈCLE. 10 H
municipalité déchue au ÎJ9 mai; Bertrand redevint maire '. Une proclamation enjoignit aux Lyonnais des trente-deux sections de déposer aussitôt leurs armes dans les lieux qu'elle désignait, sous peine d'être traités en rebelles, et prescrivit des visites domiciliaires pour assurer Texécution de cet ordre. Doppet , Dubois-Grancé, et les autorités, soit civiles, soit militaires, assistèrent à l'ouverture du club central des jacobins dans l'église Saint-Nizier; plusieurs orateurs prirent la parole, et s'exprimèrent avec une grande violence. Une proclamation défendit aux citoyens de s'organiser et de se rassembler en sections ; le tribunal du District fut rétabli. -
Que seraient les décrets de la Convention ? ils ne se firent pas attendre ; c'étaient des actes , non de justice, mais de vengeance :
— Arrêté relatif au rétablisjiomenl dans leurs fonctions de Bertrand et autres ofiicicrs muni- <:i|iaux renversés par la journée du 89 mai. — Proclamation des représentants «lu ppuple près Tannée des Alpes , actuellement à Lyon, 11 octobre 1793, premier mois de la délifrance du peuple de Lyon. Ville- ^/franchie. A, Lêroy^ in-fol. (Ordre aux citoyens de déposer , dans le jour de la publication du présent arrêté , les armes de toute espèce , dans le lieu des séances de leurs sections respectives). — Amédée Doppet , général en chef île l'armée des Alpes , aux soldats de la République composant l'armée des Alpes . aux soldats de la République composant Tarmée qui est dans la ville de Lyon et ses environs; du 11 octobre 1793. £yoii , ^.-F. DtlarocKe^ 1.793, in-fol.
1. — Les représentants du peuple , envoyés , etc. , concernant le tribunal de district de Ville-Affranchie , ci-devant ville de Lyon , du 16 octobre 1793, l'an II de la République française , ane et indivisible. Lyon , impr. de J.-B. LamoUière , in fol.
m Considérant que les membres composant le tribunal de district de la ville de Lyon
ont été persécutés pour la cause de la liberté ; que plusieurs d'entre eux ont été plongés dans let cachots -, que notamment le patriote Chalier , président , a été judiciairement assassiné ; que le patriote Hyddins , commissaire national , a été égorgé dans les prisons ; que les autres membres n'ont pu se mettre à l'abri d'un pareil sort que par une fuite précipitée ; que , en l'absence de ces juges fidèles , le nommé Champereux , premier suppléant , a eu l'audace de flétrir le tribunal en y faisant les fonctions de président ; que le nommé Renard , autre suppléant , et le nommé Bourdelin , homme de loi , au défaut du directeur du jury et do commissaire national , n'ont pas craint de participer à des fonctions qui ne pouvaient plus être exercées dans Lyon par personne , puisque la loi enlevait tout caractère de fonctionuaire public à ceux qui en étaient précédemment revêtus ; arrêtons ce qui suit : ArL 1 •*, Les membres restant de l'ancien tribunal de district de la ville de Lyon sont honorablement réintégrés dans leurs caractères et fonctions de juge , ainsi que le citoyen Berlier , greffier da tribunal , qui a partagé avec eux les honneurs de la persécution. » (Gonon , BUfl, , S9I.)
f . — Décret de la Convention nationale du 10« jour du %• mois de l'an n de la République française , une et indivisible . qui supprime les dénominations de ville , bourg et vilbge , et y substitue celle de Commojib. nile-Affranchie , impr. nationale , ïn-A^ de 3 pages.
1012 XVllI® SIÈCLE. — CONVENTION NATIONALE.
« Eh quoi ! demanda Barrère , laisscrez-vous subsister une ville « qui , par sa rébellion , a (ait couler le sang des patriotes ? Qui (c osera réclamer votre indulgence pour cette cité rebelle?. Ce <c n*est pas une ville, celle qui est habitée par des conspirateurs; « elle doit être ensevelie sous ses ruines. Que devez-vous res- <( pecter dans votre vengeance? la maison de Findigent perséc( cuté par le riche , ces manufactures dont le barbare Anglais « désire la destruction avec tant d'avidité. Que devez- vous <c respecter? Tasile de Thumanité, l'édifice consacré à Tinstruc- « tion publique ; la charrue doit passer sur tout le reste. Le nom <c de Lyon ne doit plus exister : vous rappellerez Ville-Affranchie , ce et sur les ruines de cette cité infâme il sera élevé un monu- « ment qui fera Thonneur de la Convention , et qui attestera le <c crime et la punition des ennemis de la liberté. Ce seul mot « dira tout : Lyon fit la guerre a la lirerté ; Lyon n*est plus. « Telle est la leçon que vous pouvez donner aujourd'hui , et qui « est nécessaire pour prévenir d'autres rébellions de ce genre. »»
La Convention rendit immédiatement le décret suivant :
« Art. 1®^. Il sera nommé par la Convention nationale , sur la présentation du Comité de salut public, une commission extraordinaire composée de cinq membres , pour faire punir militairement et sans délai les contre-révolutionnaires de Lyon.
« Art. 2. Tous les habitants de Lyon seront désarmés ; leurs armes seront distribuées sur-le-champ aux défenseurs de la République. Une partie sera remise aux patriotes de Lyon , qui ont été opprimés par les riches et les contre-révolutionnaires.
<c Art. 3. La ville de Lyon sera détruite ; tout ce qui fiit habité par le riche sera démoli; il ne restera que la maison du pauvre, les habitations des patriotes égarés ou proscrits, les édifices spé^ cialement employés à l'industrie , et les monuments consacrés à l'humanité et à l'instruction publique.
<c Art. b. Le nom de Lyon sera effacé du tableau des villes de la République. La réunion des maisons conservées portera désormais le nom de Ville-Affranchie. *
1. — Les représentaoU du peuple, GouthûD, Haignet, Cbâleauneuf-Raodon et Delaporte ccrimient dans les termes suirauts , le 16 octobre , au Comité de salut public de la Conveatioii
VILLE -AFFRANCUIK. AN II (1793). XVIll* SIÈCLE. 1013
« Art. 5. Il sera élevé sur les ruines de Lyon une colonne qui attestera à la postérité les crimes et la punition des royalistes de cette ville , avec cette inscription :