‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 59 sur 364 · UNE ET INDIVISIBLE · texte numérisé non relu

UNE ET INDIVISIBLE

(c Art. 6. Les représentants du peuple nommeront sur-lechamp des commissaires pour faire le tableau de toutes les propriétés qui ont appartenu aux riches et aux contre-révolutionnaires de Lyon , pour être statué incessamment par la Convention sur les moyens d'exécution du décret du , qui a

affecté ces biens à l'indemnité des patriotes. »

Ce décret fut voté à Tunanimité, et sans aucune discussion. Chargés de le mettre à exécution , les représentants en mission à Ville-Affranchie étudièrent Tesprit public , et le peignirent sous les plus noires couleurs dans une lettre qu'ils adressèrent au club des jacobins de Paris : ils lui demandèrent le concours de quarante patriotes , pour les aider à régénérer Topinion publique.

Le jour de la vengeance était enfin arrivé; des visites domiciliaires , faites avec la plus grande rigueur , annoncèrent qu'il serait terrible. Un arrêté des représentants , rendu le 12 octobre , créa une commission de justice populaire divisée en deux sec^

natiootle : • Ciloyeiis collégacs, la ieclure du décret de la Cooyentiou naiiooate et de

■ toire lettre du il du premier mois nous a pénétrés d'admiration. Oui, il faut que la ville

■ de LjoD perde son nom , qui ne peut être qu'en exécration aui amis de la liberté. Il « Caut que celle yille soit détruite et qu'elle serve d'un grand exemple à toutes les cités qui , m comme elle , oseraient tenter du se révolter contre la patrie. De toutes les mesures grandes n et vigoureuses que la Convention nationale vient de prendre , une seule nous avait échappé, « c'est celle de la destruction totale. Mais déjà nous avions frappé les murs , les remparts , « les places de défense intérieure et extérieure , et tous les monuments qui pouvaient rappe- « 1er le despotisme et favoriser les rebelles. I>éjà nous avions établi uue commission militaire « ^i I tous les jours , depuis le surlendemain de notre entrée dans Lyon , a fait tomber des » létea coupables... Citoyens collèguee , rassurez la Convention nationale; ses principes sont • les U(6lrcf; sa vigueur est dans nos âmes; son décret sera exécuté à la lettre... ■ Coutlion tint lorole.

101& HVIll* SIÉCLB. CONVENTION NATIONALE.

lions siégeant, l'une à Lyon et Tautre à Feurs ^ ; un autre institua une commission militaire pour juger les Lyonnais pris les armes à la main , et celle-ci fut bientôt autorisée à juger « tous les traîtres; » enfin, le 16, la ville de Lyon fut déclarée en étal de guerre. Avant de suivre les deux tribunaux dans leurs terribles fonctions, je raconterai quelques épisodes qui caractérisent cette triste époque.

$ IL Lyon était condamné à une destruction immédiate , et , selon l'expression atroce de Barrèrc , la charrue devait passer sur ses ruines ; telle était aussi l'opinion de Couthon : « On démolira » immédiatement , dit le farouche proconsul , les maisons de la « place Bellecour; ce sont celles qui annoncent le plus de faste, « et qui offensent le plus la sévérité des mœurs républicaines. « La municipaUté donnera les ordres les plus précis pour que , « dans la journée de demain (26 octobre), toutes les maisons « qui forment un des côtés de cette place soient évacuées par «< leurs habitants Elle réunira dans ce lieu , à huit heures du « matin , au moins six cents ouvriers munis de pioches, mar- « teaux , haches et autres instruments de démolition : au besoin,

1. — Les rcpréstf niants du peuple envoies par la Convcuiioii près Tarniéc des Alpes , da ti octobre 1793, premier mois de la délÏTrance du peuple de Lyon. Signé : G. GoiiUioD, Naignel , Séb. Delaporle, CbAleauneuf-Randon. nilê-/i /franchie, À. Leroy^ in-(ol.

« Considérant que les rebelles du département de Rhône-et-Loire se diyiseol en plusieurs classus ; que les uus ont été pris les armes à la maiu , et doivent être jugés militairement ; que d'autres , après avoir porté les armes , ont eu la précaution de les quitter au momeot de leur défaite ; que d'autres enfin ont pris part à la révolte sans porter les armes, et ont tout fait pour favoriser la contre-révolution qui se préparait dans la ville de Lyon , en remplissant près l'armée des rebelles des fonctions civiles et administratives; que ces derniers doivent être jugés d'une manière différente , et par d'autres tribunaux ;

« Considérant que les outrages faits à la majesté nationale , les attentats commis coolre la souveraineté du peuple , les égards que l'on doit à l'opinion publique , demandent une prompte vengeance ;

«( Considérant que dans un moment où les citoyens qui composaient les tribunaux de cette ville f ayant pris part à la rébellion , sont ou en fuite ou détenus dans les maisons d'arrêt ; que , dés-lors , il devient indispensable de créer un nouveau tribunal ;

« Voulant assurer la prompte punition des coupables y et rendre sans délai la liberté à ceux qui seraient reconnus innoicents , arrêtent : Il sera formé une commission de justice |>opulaire divisée en deux sections , l'une à Lyon et l'autre h Feurs , chargée de juger tous les individus prévenus d'avoir pris part à la contre-révolution qui s'est manifestée dans la ville de Lyon , autres que ceux qui opt été pris les armes à la main; elle entrera en fooctions quatre jours après le présent arrêté , et dans huit jours à Feurs. *•

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