‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 63 sur 364 · VILLE- AFFRANCHIE. AN 11 (1793). XVIU** SIECLE · texte numérisé non relu

VILLE- AFFRANCHIE. AN 11 (1793). XVIU** SIECLE

« non pour le crime , car ses auteurs et ses agents ne sont plus , « mais grâce pour le repentir sincère , pour la faiblesse égarée ; « grâce même pour l'innocence méconnue , pour le patriote « impatient de réparer ses erreurs '. » Ce langage produisit une grande impression sur la Convention , qui renvoya la demande des députés lyonnais à Texamen des Comités de sûreté générale et de salut public. Mais le moment de la commisération n'était pas venu encore : le lendemain , CoUot-d'Herbois , parti en même temps que les députés , raconta la situation de Lyon à sa manière, justifia tout ce qui s'était fait, dit qu'il fallait contenir les conspirateurs du Midi par l'exemple du châtiment qu'on infligeait aux contre-révolutionnaires lyonnais, et finit en déclarant qu'une justice rigoureuse ainsi que la terreur devaieut être en permanence , et que la sévérité la plus inflexible était aussi la plus salutaire. Son triomphe fut complet; la Convention approuva toutes les mesures qui avaient été prises à Commune-Affranchie. Collot-d'Herbois n'eut pas moins de succès au club des jacobins; Lyon dut se résigner à de nouvelles horreurs.

Trente-deux citoyens de Moulins, accusés d'avoir pris part à ce qu'on appelait la conspiration des Lyonnais , {urent transférés * de leur ville dans la prison de Roanne; ils y arrivèrent accompagnés d'une recommandation spéciale du Comité central de surveillance de l'Allier. Elle fut écoutée : ces malheureux furent conduits à la guillotine le jour même de leur arrivée à Lyon; il n'y eut ni jugement , ni interrogatoire. ^

f. — Le peaple de Ville - Affranchie à la Confention nationale. Signé : Changeux , Brillât, Cbochat, Prosl et Pelletier. — Pétition k la Conventiou nationale, le 17 ventôse an lU, par les citoyeus Cliangcux , Dutel et Matrat. Paris , 1793, in-8*». —Réponse de J.-M. Collot-d'Herbois , représentant du peuple » à la pétition des Lyonnais , imprimée par ordre de la Convention nationale, du 17 ventôse an IIL Epigraphe : « Les pièces m dont nous sommes porteurs achèveront de convaincre la France entière que Collot- « d*Herbois fut l'ennemi le plus cruel de la vertu et de Tbumanité. Son instruction , adressée « aux aalorités sanguinaires qu'il avait créées et que voici , suffirait pour l'envoyer à l'écha- •• faud. » Pcrit , impr. nationale , in-8®.

8. — Dénonciation i la Convention nationale de l'assassinat commis à Lyon sur trentedeux citoyens de Moulins , le 1 1 nivôse de l'an II , et Mémoire en faveur de leurs veuves et orphelins. Paris , Dupont , in-8". — Notice pour les veuves et orphelins de trente -deux citoyens de Moulins » assassinés, à Lyon, par la commission de Collol-d'Herliois et Fouché , le 1 1 oivose an U ; in-4®.

1040 ÎVUl*^ SIÈCLE. — CONVENTION NATIONALE.

Assurée du concours et des sympathies de la Convention , la Commission temporaire recommença les visites domiciliaires et leur donna même une activité nouvelle : chaque jour la guillotine dévorait un grand nombre de victimes , et les fusillades n'avaient pas cessé. La terreur était à Tordre du jour : partout des postes, des piquets d'infanterie; toujours des arrestations nombreuses; les prisons ne cessaient de se vider et de se remplir. Des canons chargés à mitraille étaient braqués sur les places Bellecour et des Terreaux ; on eût dit qu'une contre-révolution était imminente. Ceux qu'on recherchait avec le plus d'activité , c'étaient les fonctionnaires civils et militaires de tous les ordres pendant le siège ; c'étaient encore les ci-devant nobles et les prêtres, les négociants riches, les étrangers sans passeports. Chaque section avait son comité révolutionnaire en permanence; tous les quartiers de la ville , toutes les maisons , et dans chacune tous les appartements jusqu'à la plus humble demeure, étaient soumis à d'incessantes perquisitions : pas un Lyonnais n'aurait osé se flatter de conserver sa liberté et sa vie pendant vingtquatre heures. Ainsi finit cette horrible année.

§ VIII. L'année 1794 commença sous des auspices un peu moins sinistres ; il y eut encore beaucoup d'emprisonnements et d'exécutions au mois de janvier, mais on remarqua une proportion plus grande d'acquittements et quelques traces de commisération chez les juges. Une mesure dont il faut leur tenir compte , c'est le soin qu'ils prirent de protéger contre les passions politiques ceux dont ils avaient ordonné la mise en liberté. Si la dénonciation était toujours érigée en vertu , ses conséquences n'étaient plus aussi funestes. Le 7 janvier, l'évêque constitutionnel Adrien Lamourettc était conduit à l'échafaud; il mourut avec calme et résignation , après avoir rétracté ses erreurs et déploré ses fautes K Un arrêté des représentants du peuple en

1. — J.igemeiil du tribunal révoUuionnaire de Paris, qui condamne il la peine de mort Adrien Lamourette , évéque de Lyon et du déparlcmenl du Rhône, convaincu d'être compiice d'une conspiration qui a existé contre la souveraineté du peuple français , l'anité et l'indivisibilité de la République , et d'un complot qui a existé à Commune-AfTrancliie , tendant h dissoudre la représentation nationale , è rétablir la royauté en France , etc. Communeaffranchie, imprimerie républicaine , place du Temple de la Raison, in-fol.

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