‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 64 sur 364 · VILLE-AFFRANCHIE. AK 111 (1794). XVIII*^ SIÈCLE · texte numérisé non relu

VILLE-AFFRANCHIE. AK 111 (1794). XVIII*^ SIÈCLE

mission à Gommune-Âffranchie réduisit , peu de temps après , à neuf les trente-deux comités révolutionnaires lyonnais. Aucun adoucissement n'avait été apporté aux poursuites contre les prêtres réfractaires; plusieurs de ces dignes ecclésiastiques, dont une loi tyrannique violentait la conscience , furent conduits à la mort pendant les mois de janvier et de février. Des fêtes civiques étaient un des principaux moyens qu'employaient les hommes politiques de cette époque pour régénérer Fesprit public; celle de TEgalité fut célébrée le décadi 20 ventôse (10 mars) aux Broteaux, sur le champ même où tant de Lyonnais avaient été fusillés et ensevelis. Un tertre s'élevait an milieu de la plaine y et supportait une statue colossale de la Liberté. Tous les corps constitués , tous les fonctionnaires militaires et civils , les deux bourreaux et les membres de la Commission temporaire et de la Commission révolutionnaire, accompagnés d'une affluence immense de peuple , partirent de la chaussée Perrache à neuf heures et demie du matin, précédés par un escadron de cavalerie, par de nombreux détachements de la garnison , et accompagnés par un corps de musiciens qui exécutaient des symphonies et chantaient des hymnes patriotiques. Des bandes de sans -culottes portaient triomphalement la table des droits de l'homme , les bustes de Chalier , de Marat , de Brutus , etc. , et les emblèmes de l'égalité ; venaient ensuite des groupes d'enfants , d'ouvriers , de vieillards et d'infirmes. Telle était l'aifluence de la population , que , depuis l'allée de Perrache jusqu'à la montagne , la marche dura quatre heures; une foule épaisse de spectateurs bordait les deux côtés du quai du Rhône. Dorfeuille prononça un discours patriotique : » Ils ont disparu , dit-il , ces monstres coalisés avec le trône et <« l'autel, ces monstres qui voulaient, sous le nom de fédéralisme « et de politique , républicaniser l'esclavage et la royauté ! Ils <c ont disparu comme la poussière que le vent balaie; ils ont « disparu , et le peuple a dit : » Plus de rois , plus de prêtres , « plus d'esclaves; » et les couronnes, les mitres et les chaînes « ont été brisées, et l'humanité respire, et la liberté triomphe , (« et l'égalité commence K » Dorfeuille proclama l'abolition de

I. — Journal républicain des deux dcparicmonlt du Rhône el dn la Loire , no* 29 , 31 et 37. ( Bnme du Lyonnais, 1 , 270. }

1042 XVlll** SIÉCLB. CONVENTION NATIONALE.

Tesclavage ; aussitôt des nègres enchaînés virent tomber leurs fers. Un autre discours fut prononcé par le chef de Farmée révolutionnaire , et un banquet civique termina cette solennité.

La Raison avait été érigée en divinité , et Féglise de Saint-Jean était devenue son temple; si moins de sang coulait sur récha&ud, il y avait une recrudescence d'impiété '. Le Directoire du dépar* tement du Rhône rendit un arrêté qui prescrivait l'anéantissement immédiat de tous les signes du fanatisme et de la superstition, tant extérieurs qu'intérieurs; les municipalités étaient invitées à leur substituer les emblèmes de la Raison et de la Liberté, seules divinités des peuples libres. Il recommandait aux citoyennes qui avaient des joyaux ou des bijoux en forme de croix de les échanger contre des médailles républicaines , et ordonnait aux conseils généraux des communes dont le nom était celui d'un saint , ou des villes dont les rues se trouvaient dans le même cas, de s'assembler sans délai pour changer ces noms en d'autres conformes à la Révolution, «c Enfin , disait l'article 5 , tous les métaux seront arrachés des églises , pour être transformés en armes destructives des ennemis de la France. L'or et l'argent desdites églises sera transporté au chef-lieu du district, pour de là passer au creuset du bon sens et faire de nouveaux

1. ---Les citoyennes de Yiile-ACIrauchie , aux représentants du peuple à Vilie-Afrranchie , le jour de l'inauguration du temple do la Raison (Saint-Jean) ; décadi , frimaire ao II ; în-4".

.« Cette pièce , dit M. Gonon, est la seule , k notre connaissance , qui porte la date du jour « oà l'église de Saint-Jean fut cousacrée à la plus noble faculté de l'homme , à lu raisou. « {Uibliogr. , 318). — Hymne patriotique sur la fêle de la Raison , adressé à la Société populaire de Commune-Affranchie par un sans-culotte républicain. Commnne-i^ffrQnckie , impr. de L. Cutlyi in-8o. — Discours fait et prononcé par le citoyen Monvel , dans ta sectiou de la Montagne , le jour de la fête de la Raison... Commune jiffranchie , imprim. de la Commission temporaire, rueChalier, in-8®. — Les représentants du peuple (Fouché, Delaporte, Meaulle), 1<r pluviôse an II, in-fol. Par cet arrêté , les représentants suspendaient l'exécution de tous les projets de fête proposés pour rendre un culte à la raison , •* jusqu'à ce que tous les «• rebelles et tous les impies qui l'ont outragée , qui l'ont ensanglantée , aient expié leurs m crimes, jusqu'à ce que les prisons en soient entièrement purgées...» — Proclamaliou des représenUnts du peuple, etc., du 17 germinal an II. Commune - affranchie , impr. républicaine, in-îoU (Les représentants annoncent que, cédant aux vœux des citoyens» ils vont s'occuper du soin de fixer l'époque de cette fête de la Raison , depuis si longtemps désirée.

Discours prononcé à la Société populaire des jacobins sans-culottcs de la commune de

Bonnefoi (Sainte-Foy) ; décadi, 20 pluviôse , l'an second de la République démocratique, une, indivisible et indestructible , à la fête de l'inauguration du temple de la Raison. Commune- Affranchie , imp'. de Deetèfanis , in-8®.

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