‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 72 sur 364 · NAPOLÉON A LYON (1802). — XIX* SIÈCLE · texte numérisé non relu

NAPOLÉON A LYON (1802). — XIX* SIÈCLE

autorités le signal de se mettre en marche. On avait fait des préparatifs considérables ; grand nombre de jeunes Lyonnais s'étaient organisés en garde d'honneur à cheval; leur uniforme était ainsi : frac bleu , panache blanc et bleu , et un sabre. Leur drapeau portait pour inscription : «Les Lyonnais à Bonaparte ; » il était surmonté d'un globe sur lequel était le chiftre du premier consul. On lisait au-dessous cette devise : Sic virtds evehit AiDENs. A ces jeunes gens se réunirent ceux de Saint - Etienne et de Montbrison , dont plusieurs avaient défendu la cause lyonnaise pendant le siège. Un ordre du jour du commandant de la dix -neuvième division militaire , le général de division Dahesme , arrêta les dispositions militaires ^ Réunie sur la place des Terreaux, Tinfanterie devait former la haie; partie de Bellecour , la cavalerie avait ordre d'aller au-devant du premier consul jusqu'à la distance de deux kilomètres , et de se ranger en bataille sur la route. Voici comment la marche du cortège fut réglée: en avant, cent hommes de la garde nationale à cheval; puis les gardes du général en chef Murât, le quinzième régiment de dragons , la gendarmerie , les gardes à cheval du premier consul à droite et à gauche des portières ; le vingtième régiment de cavalerie fermerait la marche. On avait placé au pont de Serin deux pièces de canon , et deux autres au pont Morand : huit coups amionceraient l'arrivée, et, à l'entrée du premier consul à la barrière , une salve de vingt-cinq coups se ferait entendre à Serin, et serait suivie immédiatement d'une salve semblable tirée de la batterie du pont Morand. Tous les fonctionnaires de l'ordre civil et judiciaire , en grande tenue , attendaient dans l'hôtel de la préfecture le signal du départ : c'étaient le préfet du Rhône et vingt de ses collègues , les membres du conseil de préfecture , les maires et adjoints de la ville et des faubourgs de Lyon , les membres des tribunaux d'appel criminel , civil et du commerce , les juges de paix , les directeurs des contributions , des domaines

1. — Le générai divisionnaire Dubesme, commandant la 19* ditision militaire, prévient les troupes statioonaires dans la division que le premier consul arrive incessamment ; du 7 nWose an X. Lyon , j¥, Leroy, iii-fol. — Le conseiller d*Elal, préfet .. , empressé de remplit les intentions bienfaisantes du premier consul en Taveur des malbeureux de cette commune , donne avis qu'il leur sera distribué une somme de six mille francs ; le S3 nivo^e an X. Lyon, T^urmachon-Molin , in- fol.

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et des postes , le receveur général, les commissaires du Gouvernenient près de l'hôlel de la Momiaie. Enfin, à deux heures après midi , le 21 nivôse (H janvier) 1802, le cortège, averti par le signal, se mit en marche et se rendit à la montée de Bahnont pour recevoir le chef de l'Etat. Une population immeujse lavait précédé; dans tout le Lyonnais, sur la route de Paris, les gens des campagnes se rangeaient en haie de Tun et de l'autre côté du chemin : ils avaient allumé de grands feux. Une inmiense renommée environnait le nom de Napoléon ; jamais prince ne fut accueilli avec un enthousiasme si ardent et si général : auberges , hôtels , maisons particulières étaient encombrés , et des masses de voyageurs arrivaient chaque jour par toutes les barrières

Il était huit heures du soir et il faisait nuit quand la voiture du premier consul, entourée des aides-de-camp en grand uniforme , parut au sommet de la montée de Balmont ; beaucoup de voitures particulières, précédées de flambeaux, s'étaient portées à sa rencontre. Un arc de triomphe occupait toute la longueur du pont de Saône; on lavait illuminé. La musique de l'escadron lyonnais faisait entendre l'air populaire : « Où peuton être mieux qu'au sein de sa famille? » On conduisit Bonaparte au palais qui lui était destiné ; la ville resplendissait d'illuminations brillantes.

Le premier consul reçut le lendemain les membres de la Consulta cisalpine» toutes les autorités constituées civiles et militaires , les écoles d'instruction et l'Académie. Il fut harangué par Sain- Rousset au nom des trois arrondissements de la ville ; par Vouty, au nom du conseil général du département; par Dugueyt, au nom du tribunal de première instance; par Caminet, au nom du bureau consultatif du commerce, et par plusieurs autres orateurs. Bonaparte répondit à chacun avec afiabiUté et convenance ; il s'informa avec beaucoup de sollicitude de la situation de la ville , et fit de nombreuses questions sur son commerce , sur sa dette, sur ses revenus. Cette audience dura, sans relâche, depuis midi jusqu'à sept heures. Le soir , Mérope fut représentée au Grand-Théâtre par Talma et par mesdames Georges et Petit- Vanhove ; Bonaparte parut au second acte , et fut salué par une explosion d'unanimes applaudissements. Toute la ville témoi-

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