‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 73 sur 364 · NAPOLÉON A LYON (1802). XIH" SIÈCLE. 107S · texte numérisé non relu

NAPOLÉON A LYON (1802). XIH" SIÈCLE. 107S

gnait une vive alléfpresse ; chaque fenêtre était couverte de lampions , et Ton remarquait de toutes parfs des transparents et des devises en Thonneur de Bonaparte.

Une fête splendide avait été préparée par la ville dans la salle du Grand-Théâtre ; elle eut lieu dans la nuit du 22 : le coup d'œil était magnifique. Huit rangs de gradins garnissaient l'enceinte y et étaient occupés par mille dames élégamment parées. Tout étant prêt , à huit heures du soir , les maires vinrent annoncer au premier consul et à Joséphine que leur présence était impatienmaent désirée. Â Taspect de Bonaparte , tous les invités se levèrent et battirent des mains. La décoration du fond du théâtre disparut , et l'on aperçut la place Bonaparte l'estaurée et ornée de la statue équestre du héros. On chanta une cantate dont Bérenger avait composé les paroles , et Jadin la musique. Pendant le bal donné par la ville , on tirait un beau feu d'artifice sur la place Bonaparte ; il fut suivi de danses, qui se prolongèrent jusqu'au jour. On avait élevé sur la place , d'après les dessins de Ghinard, un édifice majestueux à trois portiques ; il représentait l'arc de triomphe de Constantin. Quatre colonnes consacrées aux républiques alliées de la France , les républiques helvétique y batave, cisalpine et ligurienne, étaient surmontées par le char du dieu de la guerre qu'emportaient quatre coursiers dont un sage génie modérait l'élan rapide. On lisait au-dessous du char ces mots : <c Les Lyonnais à Bonaparte , pacificateur ; » et de l'autre côté , des inscriptions en vers par M. Justinien Rieussec. ^

Le premier consul s'occupa beaucoup d'affaires les jours suivants , et reçut un grand nombre de députations des villes voisines et des départements ; examinant tout par lui-même , et écrivant chaque jour aux consuls Gambacérès et Lebrun : c< Je

1. — Ordonnance de police pour la fâte donnée au premier consul par la commune de Ljoo , du 24 nivôse an X. Lyon, j4, Leroy , in-fol. -» Fête donnée par la commune de Lyon , è l'occasion de i'arrifée du premier consul sur la place Bonaparte , le 24 nivôse an X. Lyon, J, Leroy, in-4® oblong. — Fête donnée pour le premier consul le 24 nivôse an X : le commissaire général de police donne ordre aux habitants de Lyon d'illuminer ce soir, à iii heures , dans tous les quartiers. Signé : Dubois. Lyon , A, Leroy , m-k^ obi. — Stances anr l'arrivée du premier consul à Lyon (21 nivôse), par le citoyen Martin. Lyon^ Ballanche et Barret , iu-12. — A M™* Bonaparte (pièce de vers). Lyon, A. Leroy, in-8^*

c( continue à être extrêmement satisfait de tout ce que je vois , « soit du peuple de Lyon, soit du midi de la France, leur écri- « vait-il le 26. Les Lyonnais nous ont donné une fête très dis- « tinguée : vous en trouverez ci -joint les détails. Voici les

« vers qui ont été chantés Lyon, pendant les années VIII

« et IX , a vu s'accroître sa population de 20,000 âmes. » Il leur mandait le 30 : « J'ai été satisfait de l'industrie et de la sévère « économie dont j'ai cru entrevoir que la fabrique de Lyon use « envers ses ouvriers. »

Le 29, accompagné de Joséphine, il visita des ateliers de soierie et s'occupa avec intérêt de tous les détails de la fabrication ; un écran de velours orné de son chifire fut tissé devant lui. Le premier consul adressa des paroles encourageantes aux ouvriers et aux chefs de commerce; il avait, disait-il, un vif désir de rendre la fabrique de Lyon à sa splendeur première. M. Terret lui présenta un tableau allégorique exécuté dans ses ateliers sur un fond de velours : on voyait en relief un lion qui posait une couronne sur la tête du héros , et qu'entouraient les attributs du commerce et de la gloire ; on y lisait ces mots : « Bonaparte à Lyon. » Un dessinateur, nommé Picard, offrit à Joséphine un talileau en étoffée qui représentait un vase arabesque marqué au chiffre du premier consul. Bonaparte créa le Conseil de commerce ' qu'il partagea en trois sections , le commerce , les manufactures et les arts , et l'agriculture. Il accorda une pension de six cents francs à Benoît Richard , inventeur de l'art de chiner les étoffes de soie. Une utile réorganisation , celle de l'administration des Hospices, date de la même époque; le premier consul confia cet important service à un conseil général qu'il composa du préfet du département , des trois maires de la ville et de quinze citoyens notables, nombre qui fut porté à vingt peu de temps après. A ces bienfaits , Bonaparte ajouta celui de la radiation de plusieurs noms lyonnais de la liste des émigrés.

La ville reconnaissante offrit à Joséphine une nouvelle fête dans la salle du Grand-Théâtre ; la décoration du fond représentait Androclès retirant une épine de la blessure du lion. Une

1. — Ce Conseil fut iosUllc le 11 plutiose à l'Hôtel-de-Vitle , daus la salle de Henri IV, en présence des trois maires. Le préfet prononça un discours.

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