‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 85 sur 364 · BELLES-LETTRES. DUGAS-MONTBEL, DEGÉRANDO. XIX® SIÈCLE · texte numérisé non relu

BELLES-LETTRES. DUGAS-MONTBEL, DEGÉRANDO. XIX® SIÈCLE

goût et penseur profond , il unit à une imagination élevée un talent de style fort remarquable. >

Profond érudit et travailleur infatigable , Dugas-Montbel avait appris tard la langue latine ; ce n'est qu'à trente ans qu'il commença l'étude du grec. Sa passion pour cette langue la lui rendit bientôt familière ; il devint habile helléniste , et consacra désormais sa vie à l'interprétation et à la traduction d'Homère : un grand succès couronna ses efforts. Dugas s'occupait des tragiques grecs , et surtout d'Eschyle , lorsqu'il mourut dans un âge peu avancé. Il légua sa riche bibliothèque à la ville de Saint- Ghamond, qui lui avait donné le jour. L'Académie de Lyon écoutait avec un vif intérêt Dugas-Montbel lorsqu'il assistait à ses séances ; elle possède quelques-uns des manuscrits du savant helléniste. -

C'est également à Paris que Joseph -Marie Degérando a parcouru sa longue et utile carrière. Né à Lyon en 1772 , élevé par les Oratoriens de cette ville , soldat pendant le siège , condamné à mort après la prise de la ville , et sauvé comme par miracle , Degérando visita la Suisse et l'Italie. Lié d'une étroite amitié avec Camille Jordan , il fut soldat sous le Directoire , et obtint avec éclat le prix que l'Institut avait mis au concours sur cette question : Quelle a été l'influence des signes sur la formation de la pensée. Dès ce moment Degérando prit rang parmi les philosophes. Peu d'années après , il entra dans l'administration , s'occupa beaucoup des établissements publics , devint conseiller d'Etat , et lut un grand nombre de mémoires estimés dans les

1. — BALL4SCHE ( Pieire-Simon ) , né à Lyon en 1776 ; mori à Paris le lî juin 1847. Du sentiment considéré dans ses rapports avec la littérature et les arts. Lyon, Ballanche et Barret,

181 i in-8**. Antigone. Paris, Didot aîné, 1814, in-8®. — Essai sur les institutions

sociales dans leurs rapports avec les idées nouvelles. Pai-i* , Didot aine, 1818, in-8*. — L'Homme sans nom. Paris , Didot aîné , 1820 , in-8®. — Œuvres de M. Ballanche , de l'Académie de Lyon. Paris , 1830, iu-8*.

2. — lioMkS'}Ao%TBEL (Jean- Baptiste), Eloge de J.-J. de Boissieu. Lynn , 1810, io-8«». — L'Iliade d'Homère. />a»-M , 1815 , 4 vol. in-8o. —L'Odyssée. PaHs , 1818, î vol. ill-8^ — CEuvres d'Homère , deuxième édition , avec le texte grec et des observations. Paris ,

1818-1823 , 9 vol. in-8®. De l'influence des lois sur les mœurs et des mœurs sur les lois.

Saint-Etienne, 1830, iu-8^

Eloge historique de^Dugas-Monlbel , par J.-B. Dumas. Lyon , 1835 , in-8®.

diverses sociétés ou institutions auxquelles il appartenait, soit comme administrateur , soit comme savant. L'Académie de Lyon couronna, en 1820, son Visiteur du pauvre : elle s'honorait de le compter parmi ses associés. Degérando a mis le sceau à sa réputation par la publication de son grand ouvrage sur la bienfaisance publique. ^

Un autre Lyonnais , membre correspondant de l'Académie , Pierre-Edouard Lémontey, avait été d'abord avocat: il défendit, en 1787 et en 1789, les droits politiques des protestants, et obtint bientôt un rang distingué parmi les publicistes. Député successivement aux Etats généraux et à l'Assemblée législative, il se montra toujours ami de Tordre et d'une sage liberté : administrateur du District à Lyon de 1795 à 1797 , il se rendit à Paris , s'y établit , et ne s'occupa plus que de littérature. Son ouvrage intitulé Raison , Folie , petit Cours de morale mis à la portée des vieux enfants, eut en 1801 beaucoup de succès, et le méritait. Lémontey avait un esprit fin , un style piquant , un caractère flexible ; un de ses ouvrages les meilleurs est l'Essai sur l'établissement monarchique de Louis XIV. L'Histoire de la Régence ne parut qu'après sa mort. *

Gomme lui membre correspondant de l'Académie, Pierre- Toussaint Dechazelle avait un goût éclairé pour les arts , et était devenu habile dans le dessin; il excellait à peindre les fleurs, et rendît par son talent en ce genre de grands services à la fabrique des étoffes de soie à Lyon. Il devint membre de la

^- — Voici Tindicalion des principaux ouvrages de Joseph-Marie Degérasdo : Des Signes el de Tari de penser , considérés dans leurs rapports muluels. Paris, Goujonfils, 1800 , îjvol. în-8o. —Vie du général Cafarelli Dufalga. Paris , 1802, in-8». —Eloge de Dumarsaîs. Paris , 1805 , in-8°. — Le Visiteur du Pauvre. Paris , 1820, in-S^ ; troisième édition. Parts, Renouard y 1826 , in-8<*. — Histoire camparée des systèmes de philosophie ; seconde édition. ParU , ^. Emei^, 1822, 4 vol. in-8« ( la première édition a paru en 1804). — Du Perfectionnement moral ou de l'éducation de soi-même; seconde édition. Paris, J.- A. Renonard , 1826 , 2 vol. in-8". — De l'Education des sourds-muets de naissance. Paris , Maquignon , 1827, 2 vol. in-8<». — Histoire de la bienfaisance publique. Paris , 1839 , 4 vol. in-S".

L'Académie de Lyon a rois au concours , en 1844 , l'éloge de Degérando.

2. — Lémontey {Pierre-Edouard), né à Lyon eu 1762. Œuvres complètes. Paru , 1829 , 5 vol. in-8°.

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