SCIENCES MÉDICALES. PETIT , SAINTE -MARIE. 3L13L^ SIÈCLE
Chambre de commerce, et se livra avec beaucoup d'ardeur à la publication d'un grand ouvrage sur l'histoire des arts. *
Quelques Lyonnais se firent, sous Napoléon, une grande renommée dans les sciences ; ils ont contribué à la gloire de la ville qui les a vus naître.
L'institution du concours pour la place de chirurgien en chef des Hôpitaux de Lyon a donné beaucoup d'essor à l'étude de la chirurgie ; Pouteau eut de dignes successeurs. Un des plus distingués fut Marc -Antoine Petit, homme du monde , poète, opérateur habile , mort correspondant de l'Institut : il a peu contribué aux progrès de son art ; mais , comme praticien , peu de chirurgiens ont eu des succès aussi brillants. Il parlait avec une grande élégance, et était toujours fort remarqué aux séances publiques de l'Académie^. Son digne émule, Charles -Louis Dumas , élève des Pères de l'Oratoire de Lyon , avait une instruction médicale profonde et un véritable talent comme écrivain. C'est à Montpellier qu'il devait parcourir sa brillante carrière; il fut néanmoins, durant quelques années, médecin de lHôtel-Dieu de Lyon, puis, après le siège de cette ville, médecin militaire. Dumas obtint, en 1795, la chaire d'anatomie de la Faculté de médecine de Montpellier, et devint successivement professeur d'histoire et de bibliographie médicale , professeur de clinique interne , recteur de l'Académie de Montpellier et conseiller de l'Université "*. Ami de Dumas et de Petit, Etienne
i. ^Decbazblle (Pierre-Toussaint), Tableau des progrès et de la décadence de la statmire el de la peinture antique au sein des révolutions qui ont agite la Grèce et l'Italie. Lyon et Paris , 1834 , 4 vol. in-8o. — Hommage rendu à la mémoire de J.-J. de Boissieu. Lyon , 1810, in-8o.
Dechazelle obtint la mention bonornbleau concours ouvert par l'Institut sur cette question : Quelle est l'influence de la peinture sur les arts d'industrie commerciale?
t. —Petit {MarC'j4ntoiru) , né à Lyon en 1766. Essai sur la médecine du cœur. Lyotif 1606, in-8^. — Onan, ou le Tombeau du Mont-Cindre. Lyon ^ 1809, in-S^. — Collection d'observations cliniques. Lyon, 1815. —-Eloge de Marc -Antoine Petit, par Cartier. Lyon, 18iS,iD-8^ Par Parât, in-4<>.
3. — Dumas (Charles-Louis) , né à Lyon en 1765. — Discours sur les progrés futurs de la tcience de l'homme. Montpellier , 1804 , in-4®. — Principes de physiologie. Momêpellier, 1800-1806, 4 vol. in. 8^ Doctrine des maladies chroniques. Paris, 1819 , in-8\
On a de Dumns plusieurs autres ouvrages moins importants.
Sainte-Marie ne leur était point inférieur en mérite ; Lyon n'eut pas de médecin plus savant : il avait des connaissances très variées , possédait assez bien la langue latine , faisait des vers et écrivait bien. Ses divers ouvrages ont eu beaucoup de succès; il n*a manqué à Sainte-Marie qu'un plus grand théâtre '. C'est ce qu'on pourrait dire aussi de Grognier , un des hommes , depuis Bourgelat, qui ont répandu le plus d'éclat sur la science vétérinaire. Ainsi que Sainte-Marie , Grognier savait écrire ; il avait des connaissances profondes en histoire naturelle , sur l'industrie , sur la fabrication des étoffes de soie , sur l'économie agricole, et sur la matière médicale vétérinaire. Il rendit de très grands services à la Société d'agriculture , dont il fut longtemps l'habile secrétaire; peu de membres de l'Académie assistaient plus régulièrement aux séances , et prenaient part plus voloAtiers aux travaux des commissions. Grognier mourut au moment où il commençait à occuper dans la littérature scientifique le rang qui lui était dû. ^
Les sciences naturelles et médicales furent étudiées , à Lyon , avec beaucoup de succès pendant le règne de Napoléon; je n'ai point nommé tous les hommes qui s'y sont fait un nom distingué. Eugène Patrin cultiva avec passion la géologie et la minéralogie; il avait beaucoup voyagé en Allemagne, en Autriche, en Hongrie , en Pologne où il rencontra son savant compatriote , le botaniste Gîlibert , et dans les montagnes de l'Asie boréale audelà des monts Ourals. Sa collection des minéraux de la Sibérie
1. — Sainte-Makik ( Etienne)y né à Sainle-Foj-lès Lyon en 1777. Dissertation sur les médecios-poèles. Li/on , 1825 , in-8<>. —Eloge hislorique de J.-E. Giliberl. Lyon, 1814, in-8®. — Nouveau Formulaire médical et pharmaceutique. Lyon , 1820, in-S**. — De l'Huitre. Lyon, 1827,10-8*». — Lectures relatives à la police médicale. Paris, 1829, in-8°. — Méthode pour guérir les maladies vénériennes invétérées. Lyon , 1818, in-8®. — Précis élémentaire de police médicale. Paris , 1824 , in-8o ; etc.
Sainte-Marie a traduit du latin le Traité des pollutions diurnes de Wichmann, les Observations pratiques sur les maladies chroniques de Quariu , et le Trailé des effets de la musique sur le corps humain , par Roger.
2. — Gkognier (Louis-Furcy) , né à Aurillac en 1775. Notice sur G. Bourgelat. Lyon , 1805, i 11-80. — Compte-rendu des travaux de la Société d'agriculture de Lyon, 1811, 1812, 1813, 1817 , 1822 . 1823, 1825; in-8o. — Eloge de Varennes de Fenille. Pans, 1817, in-8o. — Précis d'un cours de zoologie vétérinaire. Lyon, 1833 , in-8<». On a de lui beaucoup d.r notices , de rapports et d'articles de journaux.
SCIENCES PHYSIQUES. BRISSON, PAONY. — Xl\^ SIÈCLE. lili
était fort considérable; Lyon le nomma un de ses députés à la Convention. La création de FEcole des mines donna à Patrin une position en harmonie avec ses études; il devint bibliothécaire de rétablissement, et le rédacteur principal du journal que publiaient les professeurs *. Deux ingénieurs d*un haut mérite , Brisson et Prony , se distinguèrent sous l'Empire par de beaux travaux. Auteur avec Dupuy de Torcy d'un nouveau système de tracé des canaux, et ingénieur en chef à l'âge de trente ans, Brisson rendit de grands services au département de l'Escaut. Professeur habile, il répandit, parle mérite de son enseignement, un grand éclat sur l'Ecole des ponts et chaussées. -
Prony eut encore plus de célébrité : élève de l'Ecole des ponts et chaussées , il devint bicntùt un des plus habiles ingénieurs de la France ; Perronnet, directeur de l'établissement , faisait le plus grand cas du jeune Lyonnais. Successivement ingénieur en chef du département des Pyrénées-Orientales, directeur du cadastre, rédacteur des tables logarithmiques de l'Observatoire, professeur de mécanique à TEcole polytechnique, et directeur de l'Ecole des ponts et chaussées , Prony remplit ces emplois avec succès. On sait quels grands travaux il entreprit pour l'assainissement du vaste pays qu'occupent les marais Pontins. Il était membre du Bureau des longitudes et commandeur de la Légion-d'Honneur; Napoléon professait pour lui la plus grande estime: peu de Lyonnais ont fait autant d'honneur que Prony à leur pays. ^
1. — Patrin { Louis-Eugène -Melchior) , né à Lyon en 174<. Relation d'un voyage aux mODts d'Allaïcc en S'ihène y h\\. en \1%\, Péter 9honr g ^ 1783, iu-8o. — Uistoire naturelle des minéraux. Paris, 1801, 5 vol. in-18.
S. — Né à Lyon en 1777 , Barnabe Brisson csl morl en 1828.
3. — Pront ( Gaspard- Clair- FrançoiS'Murie Riche, liaron de ), né en 1755 à Chamelel , dans le Lyonnais. Exposition d'une méthode pour construire les équations déterminées qui se rapportent anx sections coniques. Paris , 1790 , grand in-4o. .— Nouvelle méthode trigonométrique. Parié , 1823 , in-4o. — Notice sur les grandes tables logarithmiques et trigonomé- Iriques adaptées au nouveau système métrique et décimal. Paris t 1824, in-4o. — Leçons de mécanique analytique données à l'Ecole royale polytechnique. Paris ^ 1815, 2 parties |ii-4o. — Description hydrographique et statistique des marais Pontins. Paris , 1823, in-4o, el atlas. — Nouvelle architecture hydraulique, etc. Paris , 1790-1796. 2 vol. in-4o. fig. — Recherches physico-mathématiques sur la théorie des eaux courantes. Paris, 1804 , in-4o.
Je n'ai indiqué que les principaux oiivrag<>s de Prony.
C'est la même observation qu'il faut faire au sujet d'Ampère ; Fhistorien de Lyon s'estime heureux d'avoir de tels noms à citer. Ampère montra de bonne heure une ardeur extraordinaire pour l'étude, et une aptitude singuUère aux calculs mathématiques. Profond métaphysicien, il éprouvait pour l'idéologie une passion véritable et qui ne s'affaiblit jamais. Professeur de mathématiques à Ijyon pendant peu de temps, il fut nommé répétiteur d'analyse à l'Ecole polytechnique ; admis à l'Institut , il devint un des membres les plus distingués de l'Académie des sciences. La longue histoire de ses écrits me conduirait beaucoup trop loin; qu'il me suffise de dire que Lyon a donné , dans Ampère , une des grandes illustrations scientifiques de notre époque. ^
La réorganisation de l'Académie ne suffisait point au goût de plus en plus prononcé des Lyonnais pour la culture des lettres ; un nouveau point de réunion fut donné aux hommes d'intelligence : on créa en i 807 le Cercle littéraire, dont les attributions différèrent peu de celles de l'Athénée. Cette société nouvelle devint la pépinière de Tautre ; moins limitée dans ses choix , elle demanda surtout aux candidats , pour les places vacantes dans son sein , le goût de l'étude et l'amour du travail : ses séances furent très suivies. Ce cercle conçut l'utile projet d'une biographie des Lyonnais dignes de mémoire , et commença par dresser un catalogue exact des noms qu'elle admettrait dans son répertoire. *
Ce fiit aussi sous Napoléon qu'on institua la Société royale d'agriculture , dont les travaux eurent dès l'origine un caractère d'utilité. Ecartant toute prétention, et ne recherchant point une vaine célébrité, elle s'occupa des moyens de perfectionner dans le Lyonnais
i. — AaHtRB (j^ndré-Marie) , né à Lyon en 1775. Considérations sur la théorie mathémaliqaedu jeu. Zyon, 1802 , iD-4o. — . Exposé méthodique des phénomènes électro-dynamîqoes et (les lois de ces phénomènes. Paris, Bachelier, 1823, in-8o. — Recueil d'obsenratioos électro-dynamiques. Paris, Crochard , 1822, in -8®. —Théorie des phénomènes électrodynamiques , uniquement déduite de l'expérience. Pari$ , Méquignon-Marvit, 1826, iu-4o, fig.
On a d*Ampère un très grand nombre de mémoires insérés dans le Journal de l'Ecole polytechnique , dans les Annales de chimie , dans les Mémoires de l'Institut , etc.
2. — Brbgbot (C.) et PtnicAUD ('^.)« Catalogue des Lyonnais dignes de mémoire. Lyon , 1842, grand in-S».