‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 87 sur 364 · SOCIÉTÉ D AGRICULTURE. XIX^ 81ÉCLE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ D AGRICULTURE. XIX^ 81ÉCLE

les procédés agricoles , d'étendre la culture des mûriers , d'améliorer les races des animaux domestiques , enfin de faire avancer dans la voie du progrès les arts industriels. Rédigés avec concision et clarté , ses comptes-rendus la firent connaître avec avantage; le gouvernement l'encouragea et Tadministration municipale lui accorda une subvention annuelle. La Société d'agriculture institua des primes, étendit ses relations, appela dans son sein toutes les notabilités qui appartenaient à ses attributions , et se vit bientôt fort recherchée ; elle a rendu de grands services. Rédigées avec talent, ses Annales sont devenues un moyen d'échange qui introduit chaque année h Lyon les plus estimées des collections de mémoires publiées par les sociétés savantes étrangères.

On peut faire le même éloge de la Société de médecine , dont la création remonte aussi au temps du Consulat; l'élite des chirurgiens et des médecins de Lyon en fit aussitôt partie. Cette savante compagnie s'occupa des moyens de rendre populaire la pratique de la vaccine ; elle observa avec une grande attention les maladies régnantes , et s'empressa d'éclairer l'autorité sur toutes les questions qui intéressaient la salubrité publique. Sa première tentative de publication d'un journal ne réussit point, mais plus tard elle fut plus heureuse; les prix qu'elle mit au concours donnèrent aux sciences médicales de très bons mémoires. Je ne dois pas oublier , dans cette rapide esquisse de la marche de la civilisation à Lyon pendant le premier quart du dix-neuvième siècle , la Société de pharmacie et la Société linnéenne : chacun de ces corps savants choisit son sillon dans le vaste champ des connaissances humaines , et travailla avec beaucoup d'ardeur à le creuser et à l'étendre.

S VI. Ce n'eût point été assez que de rappeler à Lyon le commerce , les beaux-arts, les lettres et les sciences ; Napoléon fit davantage , il y ramena la religion , mit fin aux longs débats entre les prêtres réfractaires et les prêtres assermentés, rendit les églises au culte catholique , rouvrit les séminaires , et environna le clergé d'une grande considération. Pendant la première année du Consulat les consciences n'étaient pas libres encore; il y avait un évêque constitutionnel, dont l'autorité de plus en plus

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discréditée était tonibée daas uii mépris profond : on allait entendre la messe dans des chambres , et chaque maison avait en quelque sorte son autel. Promulgué à Lyon le 24 avril 1802 , le concordat entre le pape Pie Vil et le premier consul y fut bien accueilli ; il mit fin aux dissensions religieuses , et rétablit Tordre. Nommé archevêque de Lyon , et installé dans ses hautes fonctions le 2 janvier 1803, Joseph Fesch se montra digne de sa fortune. Il organisa le chapitre de la métropole qu'il composa de douze vicaires généraux et chanoines , et gouverna le diocèse avec fermeté et dignité. Il serait difficile de donner une exacte idée de l'empressement des Lyonnais à fréquenter les églises , et à suivre les processions et autres pieuses cérémonies; toutes les classes de la société rivalisaient de respect pour la foi catholique ; dix années d'anarchie et de proscriptions avaient donné à cette même foi plus d'ardeiu* , et rendu la piété des citoyens plus démonstrative.

Le temple des protestants fut inauguré en 1 803 dans l'ancienne Loge du change ; un discours , prononcé par le préfet dans cette solennité , obtint les suifrages unanimes. Il n'y avait plus de guerre de religion possible.

Mais l'Empire , qui avait ramené le culte , rétabli le commerce , rappelé les lettres et relevé Lyon de ses ruines , avait accompli ses brillantes , mais courtes destinées, et une nouvelle invasion les hommes du Nord menaçait la France d'une ruine imminente.

S VIL Napoléon avait abusé de sa force , opprimé les libertés de cette nation française qui lui était si dévouée , blessé la morale publique par sa fatale guerre d'Espagne , humiUé l'Allemagne , et appelé à sa poursuite jusque sur les bords du Rhin les armées de tout le nord de l'Europe coalisé pour le renverser du trône. Cet admirable élan, qui avait précipité vers les frontières en 1793 toute la partie virile de la population , ne se reproduisit pas ; il y avait encore des soldats , mais la France accablée, et qui ne combattait plus pour ses droits, ne se leva pas. D'innombrables bataillons ennemis pénétrèrent sur son territoire par la Suisse et par les pays contigus à la Bourgogne.

Blessé mortellement au cœur, Taigle impérial se défendait cependant encore ; Napoléon ordonna la formation d'une armée

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