BUBNA AUX PORTES DE LYON. XIX* SIÈCLE
pour défendre les contrées de TEst Ghaplal, comte de Chanteloup , vint à Lyon à la fin de 1813 , avec le titre de commissaire extraordinaire et des pouvoirs fort étendus dans la dix-neuvième division militaire. Il invita tous les Lyonnais en état de porter les armes à s'organiser en corps de partisans, et s'occupa avec activité de la création d'un corps franc.
Cependant le général autrichien Bubna s'était emparé de Genève le 30 décembre; il fit occuper aussitôt les passages du Simplon, du Saint -Bernard et du Jura; poussa des reconnaissances sur les routes de Gex et de Nantua , s'empara de Saint- Claude et du fort de l'Ecluse , sans rencontrer de résistance ; envoya des détachements à Bellegarde , à Seyssel , à Lons-le- Saunier et à Pontarlier, et, continuant à s'avancer, porta une avant-garde de deux mille hommes jusqu'à Montluel. Un peu plus de confiance , et il entrait à Lyon.
Cette ville n'avait pour toute défense que huit à neuf cents hommes, trente gendarmes, soixante hussards et le dépôt du vingt-quatrième de ligne ; point de vivres , point de munitions , point d'armée française dans le voisinage, et peu de volonté de se défendre. Beaucoup de propriétaires et quelques négociants s'empressèrent de la quitter; étrangères, en quelque sorte, à la vie politique , les classes ouvrières , malgré leur attachement à la personne de l'empereur , prenaient peu de souci de ce qui pouvait arriver ; les classes supérieures étaient indifférentes ou hostiles. Il ne vint nullement à la pensée du peuple de Lyon de se lever en masse contre les Autrichiens , ainsi qu'il avait fait vingt ans auparavant contre l'armée de la Convention. Il n'y avait pas de chef, pas de direction , et il s'en fallait beaucoup que le sénateur comte de Chaptal eût l'immense force d'action dont les représentants du peuple avaient fait un si énergique usage.
Nommé le 7 janvier \ 8J U pour défendre le Sud-Est , général en chef d'une armée de soixante mille hommes qui n'existait que sur le papier, Âugereau arriva le 1^ ci Lyon. Le ministre de la guerre lui avait annonce un noyau de dix mille soldats; douze cents au plus se trouvèrent présents, et dans ce nombre il n'y avait pas trois cents vieux soldats. Tous les moments devenaient précieux : Âugereau se rendit précipitamment k Valence pour hâter