XIX^ SIÈCLE. — CHUTE DE L EMPIRE
larrivée des corps détachés de Tarmée de Suchel, qui accouraient au secours de Lyon ; Ghaptal était à Clemiont , et faisait tous ses efforts pour diriger sur Lyon les gardes nationales du Puy-de-Dôme. Un conseil de guerre eut lieu le 15 janvier; les autorités civiles et les officiers supérieurs de la garnison en faisaient partie : son unique résultat fiit l'aveu de Timpossibilité de la défense, si lennemi montrait quelque énergie. Il n'y avait pour couvrir une grande ville comme Lyon que di^-sept cents hommes commandés par le général Musnier. Bubna avançait toujours, lentement il est vrai; il était le 19 sur les hauteurs de la Groix-Rousse , et ses coureurs s'étaient montrés presque aux portes de la ville. Musnier reçut enfin de Valence un détachement de sept cents honmoies , et se porta en avant ; incertain de. la force de l'ennemi auquel il avait affaire, Bubna se replia sur les hauteurs de la Pape et rétrograda jusqu'à M ontluel , où il prit position jusqu'à la fin de janvier. Avec un peu plus d'audace , le général autrichien aurait pu facilement encore s'emparer de Lyon avant que le duc de Gastiglione eût eu le temps d'organiser une armée ; bien loin de s'y décider , il dissémina ses troupes dans les départements de l'Ain, du Rhône, de l'Isère et de Saône-et-Loire ; elles occupèrent Villefranche , M âcon , Tournus et Ghàlon.
De retour à Lyon, Augereau avait ramené avec lui un corps de cavalerie et quelques canons; l'adjudant -commandant de Damas leva un corps franc composé d'anciens soldats et de volontaires lyonnais. Un corps détaché de l'armée de Suchet entra le 19 janvier dans le faubourg de la Guillotière; d'autres arrivèrent , et il y eut enfin une armée de l'Est , formée- des troupes du général Musnier, d'un bataillon venu de Nîmes, du deuxième régiment parti de Toulon , de la division Pannetier , forte de quatre mille hommes , de la brigade Bardet , de deux mille chevaux de la division Digeon , et de quelques bataillons de gardes nationales mobilisées. Sans être considérable , l'artillerie ne faisait pas défaut : la division Dessaix , forte de six mille hommes, s'était dirigée sur le département du Mont-Blanc. G'étaient en tout environ vingt-deux mille hommes, qui n'avaient pas devant eux plus de douze mille Autrichiens disséminés dans un niyon très étendu.