‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 95 sur 364 · NAPOLÉON A LYON KN 1815. — XIX® SIÈCLE · texte numérisé non relu

NAPOLÉON A LYON KN 1815. — XIX® SIÈCLE

Pressés de fraterniser avec le drapeau tricolore , les deux bataillons et les hussards démolirent la barricade , et jetèrent au Rhône les poutres qui barraient le chemin. Tout était perdu pour la cause royale : le duc de Tarente se retira , poursuivi par les hussards et défendu par les dragons qui ne voulaient pas le livrer; le comte de Chabrol et le gouverneur comte de Damas le suivirent. Un régiment était demeuré sur la place Bellecour depuis la revue; il attendait Tévénement avec une grande impassibilité , mais ses dispositions n'étaient pas équivoques. Vingt mille habitants rangés sur le quai du Rhône et sur le cours Napoléon saluèrent Tarrivée des troupes impériales des acclamations les plus vives.

Fort peu alarmé des préparatifs hostiles que le comte d'Artois et Macdonald avaient concertés contre lui , Napoléon avançait avec rapidité. Il avait cependant commandé au maréchal Bertrand de réunir des bateaux pour franchir le Rhône pendant la nuit et intercepter les routes de Moulins et de Màcon ; cet ordre fut contremandé : rien en effet ne s'opposait au passage. Précédé de détachements de Tarmée de Grenoble qui entrèrent à six heures et demie du soir dans le faubourg de la Guillotière , Napoléon partit au galop : il arriva sous les murs de Lyon le 11 mars, à oeuf heures du soir. Une grande partie de la population et beaucoup de Lyonnais s'étaient portés au-devant de l'empereur; Napoléon descendit au palais de l'Archevêché.

$ IL Le lendemain, de grand matin, la population des campagnes accourut à Lyon , appelée par un événement auquel elle avait peine à croire ; des groupes d'ouvriers et de citoyens de toutes les conditions stationnaient sous les fenêtres du palais, se demandant les uns aux autres si le retour de l'empereur n'était pas une fable. On ne pouvait en douter : à onze heures du matin une revue de toutes les troupes eut lieu sur la place Bellecour; elle se prolongea jusqu'à quatre heures. Quinze mille hommes étaient sous les armes ; on remarquait à leur tête le brave général Brayer : quand l'empereur parut à cheval , officiers et soldats manifestèrent une extrême ivresse , heureux de revoir le vainqueur de Marengo, d'Austerlitz et d'Iéna. Après la revue, j>fapoléon rentra au palais ; il reçut le clergé, le Conseil municipal, la Cour

lise XIX® SIÈCLE. — LYON PENDAHT LES CENT-JOURS.

impériale , les membres des corps administratif et les députa-

tions des villes voisines , causant beaucoup , pendant cette longue

audience, de ce qu'il avait fait et de ce qu'il se proposait de fedre

pour la prospérité de la cité. M. de Fargues , maire de la ville,

fit afficher cette proclamation : « Habitants de Lyon , Napoléon

M revient dans cette ville dont il effaça les ruines , dont il releva

« les édifices , et dont il protégea le commerce et les arts : il y

M rencontre à chaque pas les monuments de sa munificence;

M sur les champs de bataille, comme dans ses palais, toujours

w il veilla sur vos intérêts les plus chers , et toujours vos

M manufactures obtinrent des marques de sa généreuse solli-

« citude » C'est de Lyon que l'empereur data les décrets

divers qui précédèrent son entrée à Paris.

Son armée s'était organisée et reposée ; il quitta Lyon le i 3 mars , laissant à la cité ces paroles pour adieu : « Lyonnais , M au moment de quitter votre ville pour me rendre dans ma M capitale , j'éprouve le besoin de vous faire connaître les sentice ments que vous m'avez inspirés. Vous avez toujours été au « premier rang dans mes affections; sur le trône ou dans « l'exil, vous m'avez montré toujours les mêmes sentiments. Le M caractère élevé qui vous distingue spécialement vous a mérité N toute mon estime; dans des moments plus tranquilles, je « reviendrai m'occuper de vos besoins et de la prospérité de vos M manufactures et de votre ville.

a Lyonnais , je vous aime ! »

Napoléon arriva à trois heures après midi à Villefranche, qu'encombraient les troupes; il entra le soir à Màcon : l'aigle impérial volait de clocher en clocher.

Fourier fut nommé provisoirement préfet du Rhône; il eut, au mois de juin , Pons de l'Hérault pour successeur. M. Jars devint maire en remplacement du comte de Fargues; le lieutenantgénéral comte Grouchy prit le commandement de la septième et de la dix-neuvième division militaire ; le général Mouton-Duvernet reçut le commandement supérieur de la ville de Lyon , et fut remplacé bientôt après par le général Brayer. On eut un moment d'inquiétude pendant la première semaine du mois d'avril , causée par la présence du duc d'Angoulême dans le Midi : le comte de Grouchy mit la viUe en état de siège; mais

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