‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 97 sur 364 · TROUBLES EN JUIN 1817. — \IX^ SIÈCLE. H · texte numérisé non relu

TROUBLES EN JUIN 1817. — \IX^ SIÈCLE. H

de réorganiser les débris de Farmée et niit beaucoup d'insistance à £adre proclamer Napoléon IL Chargé dn commandement supérieur de la ville de Lyon , le général fit tout ce qui dépendait de lui pour prolonger la résistance ; cependant il adressa son adhésion au gouvernement de Louis XVIII, démarche qui ne le sauva point. Entraînée sur une pente fatale par ses conseillers , la Restauration cherchait des coupables et voulait des exemples. Mouton- Davernet réussit à se dérober à toutes les poursuites jusqu'au mois de mars 4 81 6 ; persuadé alors que le temps avait calmé les passions politiques , le général se constitua prisonnier à Montbrison et demanda des juges. Traduit devant le conseil de guerre de la dix-neuvième division militaire , il fut condamné à mort le 19 juin, contre Fattente générale : on ne croyait pas à Fezécution; mais Fappcl (îit rejeté. Ce fut en vain que la femime et la fille du condamné se jetèrent éplorées aux pieds du roi ; Fâme égoïste et sèche de Louis XVIII fut inflexible. Le 27 juillet, de grand matin , un fort détachement de la garnison se rendit aux Etroits , sur la rive gauche de la Saône , amenant Mouton* Dnvemet que suivait son cercueil. A cinq heures du matin , un piquet d'infanterie fusilla à bout portant le général : ce meurtre inutile fit à la Restauration des ennemis qui ne pardonnèrent pas, à leur tour, quatorze années plus tard. Le général Mouton- Duvernet, une des gloires de Fancienne armée, avait beaucoup d*amis; sa mort a été une des fautes du gouvernement des Bourbons.

$ rV. Après avoir frappé cette noble victime , Fesprit de réaction ne pouvait hésiter devant des tètes moins élevées ; il chercha des complots, et en trouva. Un homme ardent, exagéré, sans consistance , sans la moindre portée politique , Rosset , fabricant de papiers peints, tint, dans sa maison de campagne, des conciliabules bientôt connus de la police et auxquels prirent part le médecin Montain aîné, Fex-receveur-général des Basses-Alpes, Lavalette, et Jacquand, ancien colonel. Il était question, dans ces réunions , de Finsensé projet de surprendre FHôtel-de- Ville et de désarmer les postes ; il y eut quelques tentatives d'embauchage auprès de vieux soldats : quand la conspiration parut avoir quelque organisation, Rosset et ses amis frirent arrêtés. Après un long emprisonnement , un jugement de la Cour d'assises, rendu le

H&U \IX^ SièCLE. — LYON SOUS LA RESTAURATION.

31 août 1816, condamna Rosset à dix années de déportation. M. Montain devait subir cinq années d'emprisonnement au château d'If; transféré à Sainte-Pélagie, à Paris, il s'évada sur la route, grâces au généreux dévouement de son frère.

L'ordonnance du 5 septembre modéra cette funeste tendance du parti royaliste aux réactions ; elle fut mal reçue à Lyon par quelques hommes, qui redoublèrent de violence et compromirent plus que jamais la Restauration par la funeste ardeur de leur zèle. Us avaient aux mains la Cour prévôtale , créée par une nécessité impérieuse, et eurent bientôt occasion de s'en servir. On parlait plus que jamais d'un vaste complot tramé dans l'ombre pour renverser le Gouvernement, de ramifications toujours vivantes des conspirations Rosset et Didier , d'un comité central qui organisait la révolte sous la direction d'un comité supérieur, de bandes armées qui devaient assaillir les maisons des royalistes et les mettre au pillage, du soulèvement général de la population des campagnes, enfin d'un plan de bouleversement fortement constitué qui embrassait la France dans son immense réseau. Des révélateurs donnèrent les renseignements les plus précis sur le nombre et sur les machinations des conjurés : ils dirent que les conspirateurs de Lyon étaient partagés en six brigades, dont chacune avait son poste désigné à l'avance ; qu'elles attaqueraient et occuperaient simultanément l'Arsenal , la ligne du quai de l'Archevêché , la Guillotière , la caserne de la Nouvelle-Douane, la Poudrière, l'Hôtel-de- Ville , et que ce grand mouvement devait faire explosion le 8 juin 4817. Ainsi l'administration était bien avertie; plusieurs maires la prévinrent de l'agitation qu'ils remarquaient dans leurs communes. Telles étaient les dénonciations; voici les faits :

Le 8 juin 1817 , à six heures du matin , le tocsin se fit entendre à Saint-Genis, à Irigny et à Briguais : à Saint-Genis , un groupe de paysans insurgés s'empara des armes et des chevaux des gendarmes. Oudin , leur chef, les conduisit à Briguais ; chemin faisant, il rencontra les révoltés de cette commune ; les deux troupes se rendirent à Brignais, s'emparèrent de la mairie , et se firent livrer par réquisition du pain et du vin. La bande d'Irigny ayant rencontré le curé et le garde-champètrc , les força de marcher avec elle , après les avoir injuriés et menacés : arrivés à Saint-

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